vendredi 7 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2203284 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DEMES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 novembre 2022, la SCI Le Mas Saint-Pierre agissant par son représentant légal et représentée par Me Szepetowski-Polirsztok, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le maire de Fayence lui a refusé la délivrance d'un permis de construire en vue la modification des façades, la création de terrasses et pergolas et la construction d'un garage sur des immeubles situés 626 La Queinière - parcelles cadastrées 55 B 1448, 1452, 594, 595, 596, 597, 600 et 632, en zone N du PLU, sur le territoire de la commune, ensemble la décision implicite, acquise le 18 octobre 2022, rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Fayence de lui délivrer le permis de construire sollicité dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Fayence une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les pergolas et terrasses ne constituant pas des annexes au sens du lexique du PLU, le motif tiré de la méconnaissance de l'article N2 du PLU n'est pas fondé ;
- le terrain n'étant pas situé en zone Nh du PLU, l'interdiction des toitures terrasse ne lui est pas applicable.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juillet 2023, la commune de Fayence, agissant par son maire en exercice et représentée par DEMES avocats, par Me Jacquemin, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la SCI requérante une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 25 juin 2024
à 12 heures, par application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonmati ;
- et les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa présente requête, la SCI Le Mas Saint-Pierre demande l'annulation de l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le maire de Fayence lui a refusé la délivrance d'un permis de construire en vue la modification des façades, la création de terrasses et pergolas et la construction d'un garage sur deux immeubles situés 626 La Queinière - parcelles cadastrées 55 B 1448, 1452, 594, 595, 596, 597, 600 et 632, en zone N du PLU, sur le territoire de la commune, ensemble celle de la décision implicite, acquise le 18 octobre 2022, rejetant son recours gracieux.
2. Pour refuser l'autorisation sollicitée, le maire de Fayence a retenu, en premier lieu, que les pergolas, qui sont considérées comme des annexes, doivent, en vertu des prescriptions de l'article N2 du PLU, être implantées à 8 m minimum et dans un rayon de 30 m de la construction principale d'habitation, alors que le projet prévoit qu'elles soient accolées aux façades.
3. Aux termes de l'article N2 du règlement du PLU de Fayence approuvé le 2 mai 2017 et mis à jour le 20 juin 2018 et le 19 juillet 2019 : " () pour chaque construction à usage d'habitation, existante à la date d'approbation du PLU, et sous réserve de démontrer qu'ils ne portent pas atteinte au caractère du site et de la zone, sont autorisés les constructions : D'un abri de jardin d'une superficie inférieure à 15 m² de A - D'une piscine non couverte, ainsi que sa plage. - D'un garage d'une superficie inférieure à 40 m² d'emprise au sol, par construction d'habitation ayant une existence légale à la date d'approbation du PLU sous réserve qu'il soit accolé à l'habitation. - Une autre annexe d'une superficie maximale de 20 m² (abri à bois, barbecue, local technique, poolhouse, poulailler, etc.). // Les annexes doivent être entièrement implantées à 8 m minimum de la construction principale et dans un rayon de 30 mètres autour de la construction à usage d'habitation, mesuré à partir des murs extérieurs du bâtiment d'habitation principal (schéma ci-dessous). "
4. La requérante soutient que les pergolas ne constitueraient pas des annexes au sens du lexique du PLU, lequel considère comme " Annexe : [un] bâtiment ou partie de bâtiment de faible dimension, dont l'usage ne peut être qu'accessoire à celui de la construction principale régulièrement autorisée dans la zone (liste d'exemple non exhaustive : abris bois, abris de jardin, locaux piscines dont pool-house, locaux techniques, abris ou garage pour véhicules et vélos). Les constructions à usage agricole ne sont pas des annexes. " et qu'ainsi les dispositions précitées de l'article N2 du règlement du PLU ne leur seraient pas applicables.
5. Si les pergolas, usuellement définies comme des tonnelles ouvertes formées de poteaux ou de colonnes et de poutrelles pouvant servir de support à des plantes grimpantes, sont des constructions légères, comme telles soumises aux autorisations d'urbanisme, elles ne peuvent cependant être considérées comme " des bâtiments ou parties de bâtiment " au sens où le lexique du PLU de Fayence définit les " annexes " que si elles se présentent comme une structure autonome, couverte ou non, fermée ou non, mais édifiée isolément de l'immeuble principal et non, dès lors que le PLU ne le précise pas, lorsqu'elles sont accolées à cet immeuble.
6. En l'espèce, il ressort de l'examen des pièces du dossier de demande de permis de construire que les deux pergolas envisagées sont des tonnelles ouvertes et sans couverture, prolongeant les bâtiments principaux en surplomb des terrasses qui les entourent. Elles ne peuvent ainsi être regardées comme des bâtiments ou parties de bâtiment au sens ci-dessus mentionné du lexique du PLU. Il s'ensuit que la requérante est fondée à soutenir que le maire de Fayence ne pouvait légalement leur faire application de l'article N2 du règlement du PLU ni, partant, exiger qu'elles fussent implantées à 8 m minimum des constructions d'habitation principales et qu'ainsi, ce premier motif de refus est entaché d'illégalité.
7. Le maire de Fayence a retenu, en second lieu, que le projet, qui prévoit la construction d'une terrasse constituant la toiture du garage, contrevient aux dispositions de l'article N11 du règlement du PLU qui proscrit les toitures terrasse.
8. Il ressort des termes de l'article N11 du règlement du PLU qu'il comporte, outre les orientations générales énoncées aux trois premiers alinéas, des dispositions applicables " Pour toutes les constructions " et des dispositions spécifiquement applicables " En zone Nh et pour les bâtiments concernés par les articles L.151-11-2° et L.151-19 du code de l'urbanisme " selon lesquelles : " Les éventuelles adaptations de toiture, les côtes d'égout et les pentes doivent être limitées et s'accorder avec l'architecture de chaque édifice ou partie d'édifice, par référence à sa destination d'origine. // À ce titre, les toitures terrasse sont interdites et les accidents de toitures (excroissances, lucarnes, châssis, décaissements) sont à limiter en nombre comme en dimension. ".
9. Il ne ressort pas des pièces du dossier et la commune de Fayence n'allègue pas davantage que le projet en litige se situerait en zone Nh du PLU ou serait concerné par l'application des articles L. 151-11 2° et L. 151-19 du code de l'urbanisme, dès lors qu'il n'est fait état ni d'un changement de destination des immeubles, ni de ce que leur caractère aurait été de nature à justifier une identification et une protection particulières. Il s'ensuit que le maire de Fayence ne pouvait légalement fonder son refus sur les dispositions de l'article N11 du PLU interdisant les toitures terrasse, lesquelles n'étaient pas applicables en l'espèce. La requérante est, par suite, fondée à soutenir que le deuxième motif de refus est également entaché d'illégalité.
10. Il résulte de l'ensemble des considérations qui précèdent qu'aucun des motifs de refus n'étant fondé, la décision attaquée est entachée d'illégalité et doit être annulée.
Sur les conclusions d'injonction :
11. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction ou d'office en application de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui, eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle. L'autorisation d'occuper ou utiliser le sol, délivrée dans ces conditions peut être contestée par les tiers sans qu'ils puissent se voir opposer les termes du jugement ou de l'arrêt.
12. Le refus de permis de construire devant, en principe, énoncer l'ensemble des motifs qui le fondent et la commune de Fayence n'ayant excipé d'aucun autre motif susceptible de s'opposer à la demande de permis de construire déposée par la SCI Le Mas Saint-Pierre, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'ensemble des considérations qui précèdent, d'enjoindre à la commune de Fayence de délivrer à la requérante le permis de construire qu'elle sollicite, dans le délai de deux mois à compter de la notification qui lui sera faite du présent jugement.
Sur les frais relatifs au litige :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de la commune de Fayence une somme de 2 000 euros à verser à la SCI Le Mas Saint-Pierre, au titre de ces dispositions et de rejeter les conclusions présentées sur le même fondement par la commune de Fayence, partie perdante à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le maire de Fayence a refusé à la SCI Le Mas Saint-Pierre la délivrance d'un permis de construire en vue la modification des façades, la création de terrasses et pergolas et la construction d'un garage sur deux immeubles situés 626 La Queinière - parcelles cadastrées 55 B 1448, 1452, 594, 595, 596, 597, 600 et 632, sur le territoire de la commune, ensemble la décision implicite, acquise le 18 octobre 2022, rejetant son recours gracieux sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Fayence de délivrer à la SCI Le Mas Saint-Pierre le permis de construire qu'elle a sollicité le 22 juin 2022, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Fayence versera à la SCI Le Mas Saint-Pierre une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Fayence tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à la SCI Le Mas Saint-Pierre et à la commune de Fayence.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Bonmati, magistrate honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2025.
La rapporteure,
signé
D. Bonmati
Le président,
signé
J.F. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
Le greffier.
N°2203284
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026