vendredi 24 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2203511 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BAUDINO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 décembre 2022 et le 6 septembre 2023, le préfet du Var doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision de non-opposition en date du 15 juin 2022, par laquelle le maire de la commune de Saint-Raphaël a autorisé l'association syndicale libre Cap Estérel (ASL Cap Estérel) à installer un bâtiment préfabriqué de 19 m2 sur un terrain situé au lieu-dit Cap-Estérel à Saint-Raphaël, ensemble la décision du 25 octobre 2022 rejetant implicitement son recours gracieux en date du 23 août 2022.
Il soutient que l'opération projetée méconnaît les dispositions de la zone N en ce que le bâtiment ne correspond pas aux constructions exceptionnellement autorisées dans ladite zone tel que le prévoit l'article N.2.2 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2023, la commune de Saint-Raphaël, représentée par Me Baudino, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du préfet du Var au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 7 avril 2023, l'ASL Cap Estérel, représentée par Me Lasbats-Mazille, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge du préfet du Var au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le signataire du déféré ne justifie pas de sa qualité pour représenter le préfet du Var ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par ordonnance du 28 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 octobre 2023.
Un mémoire a été enregistré le 11 octobre 2023 par l'ASL Cap Estérel et non communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 10 novembre 2023 :
- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;
- les observations de Me Baudino, représentant la commune de Saint-Raphaël et celles de Me Lasbats-Mazille, représentant l'ASL Cap Estérel.
Une note en délibéré présentée par Me Lasbats-Mazille pour l'ASL Cap Estérel a été enregistrée le 15 novembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par déclaration préalable déposée le 10 juin 2022, l'ASL Cap Estérel a sollicité auprès de la commune de Saint-Raphaël l'autorisation d'installer un local préfabriqué de 19m2 ayant pour objet de " gérer les entrée et sortie du Village ", situé au lieu-dit Cap-Estérel à Saint-Raphaël, sur la parcelle cadastrée BD 0639. Ayant reçu une décision de non-opposition du maire de Saint-Raphaël en date du 15 juin 2022, dans le cadre de son contrôle de légalité, le préfet du Var a exercé un recours gracieux le 23 août 2022 demandant son retrait. En l'absence de réponse du maire, une décision implicite de rejet est née le 25 octobre 2022. Par la requête susvisée, le préfet du Var doit être regardé comme demandant l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière,
les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité
des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point
de vue esthétique, historique ou écologique ; 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ". L'article R. 151-27 du même code prévoit que : " Les destinations de constructions sont : 1° Exploitation agricole et forestière ; 2° Habitation ; 3° Commerce et activités
de service ; 4° Equipements d'intérêt collectif et services publics ; 5° Autres activités
des secteurs primaire, secondaire ou tertiaire ". Par ailleurs, selon l'article 1.1. de la zone N du règlement du plan local d'urbanisme : " Sont notamment interdits : - les occupations et utilisations du sol autres que celles destinées à l'exploitation agricole et forestière ou soumises à conditions particulières à l'article 1.2 de la zone N () ". L'article 1.2. du même règlement précise toutefois que : " Sont autorisés dans l'ensemble de la zone N, à l'exception de tous les secteurs (Ne, Ng, Nj, Nm, Np, Nr, Ns et Nv), à condition qu'ils ne compromettent pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site : () les constructions et installations nécessaires
à des équipements collectifs () ".
3. Le préfet du Var soutient que l'installation du local projeté méconnaît
les dispositions du règlement de la zone N précités en ce qu'elle n'est pas nécessaire à une exploitation agricole et ne correspond pas aux exceptions limitativement prévues à l'article 1.2 dudit règlement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le parc de stationnement a vocation à accueillir l'ensemble des visiteurs de la zone d'aménagement concerté Cap d'Estérel, laquelle comprend à la fois des hébergements de tourisme, des commerces et des activités culturelles et sportives, aucune autre possibilité de stationnement n'étant par ailleurs prévue pour accéder au site et le parc de stationnement permettant également d'accéder à certains sentiers de l'Estérel. Ainsi, le parc de stationnement ainsi que l'installation litigieuse, qui a pour objet de contrôler les entrée et sortie des visiteurs, doivent être regardés comme des constructions nécessaires à des équipements collectifs au sens des dispositions précitées du PLU de la commune de Saint-Raphaël. Les circonstances que le parc soit équipé d'une barrière et que le stationnement soit payant sont sans incidence sur la destination de ces constructions dès lors qu'elles contribuent à assurer un service d'intérêt général destiné à répondre à un besoin collectif de la population. Par ailleurs, si le préfet soutient qu'un poste de sécurité et un " pré-accueil " existent déjà, il ressort des pièces du dossier qu'ils ne se situent pas sur le parc de stationnement alors qu'il ressort des pièces du dossier que le local projeté sera situé au niveau de l'accès des véhicules sur le terrain concerné.
4. Par suite, il convient d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de la zone N du règlement du plan local d'urbanisme comme n'étant pas fondé.
5. Il résulte de ce qui précède que le préfet du Var n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de non-opposition du maire de la commune de Saint-Raphaël
du 15 juin 2022, ainsi que de sa décision implicite de rejet du 25 octobre 2022, sans qu'il soit besoin de se prononcer, d'une part, sur la légalité du zonage du terrain d'assiette de projet, d'autre part, sur la fin de non-recevoir opposée par l'ASL Cap Estérel concernant la qualité à agir du requérant.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser la charge de ces frais à chacune des parties.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du préfet du Var est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Raphaël et de l'ASL Cap Estérel au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet du Var, à la commune de Saint-Raphaël et à l'ASL Cap Estérel.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2023.
Le rapporteur,
signé
B. Quaglierini
Le président,
signé
JF. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/ la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026