LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2300051

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2300051

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2300051
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCARLINI & ASSOCIES AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 janvier 2023 et par un mémoire de reprise d'instance enregistré le 14 juin 2023, Mme D A décédée le 27 mars 2023 et Mme F A, en sa qualité d'ayant droit, représentées par Me Carlini, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, en application des dispositions de l'article R.532-1 du code de justice administrative, une mesure d'expertise relative à la prise en charge de Mme D A par le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles à compter du 19 mars 2022 ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de l'instance.

Il est soutenu que :

- le 19 mars 2022, Mme D A, âgée de 84 ans a été admise aux urgences du centre hospitalier de Brignoles à la suite d'une chute survenue à son domicile, l'établissement étant prévenu que l'intéressée présentait des signes de démence ;

- le diagnostic initial permettait de retenir un traumatisme du membre supérieur et de la ceinture scapulaire avec impotence ;

- vers 10 heures, alors qu'elle patientait depuis plusieurs heures, Mme A chutait du lit entrainant une fracture du col du fémur droit avec indication chirurgicale ;

- Mme A a, par ailleurs, été testée positive au COVID 19 et il a été constaté une infection urinaire à Escherichia coli Ticar ;

- en l'espèce, il est légitime de s'interroger sur les conditions de la prise en charge de sa mère qui était relativement autonome, ce qui n'a plus été le cas après son hospitalisation.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 janvier 2023, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par la SELARL De La Grange et Fitoussi Avocats agissant par Me Fitoussi, informe la juridiction qu'il n'entend pas s'opposer à la mission d'expertise sollicitée tout en formulant des protestations et réserves sur cette mesure, demande au tribunal de désigner des experts spécialisés en chirurgie orthopédique et en infectiologie, de compléter la mission selon ses dires, de dire que les experts devront déposer un pré-rapport et de rejeter toute autre demande.

Par un mémoire enregistré le 3 février 2023, le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles, représenté par la SELARL Abeille et Associés agissant par Me Zandotti, informe la juridiction que s'il n'entend pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée, il conteste toute responsabilité et demande au juge des référés de compléter la mission selon ses dires, notamment qu'un pré rapport soit dressé par l'expert dans un délai de quarante jours et enfin de rejeter les conclusions de Mme A présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La procédure a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie du Var et à la mutuelle sociale agricole Provence Azur lesquelles n'ont pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Hamon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la mesure d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Le juge des référés peut, sur le fondement de ces dispositions, ordonner une mission d'expertise dès lors que la demande qui lui est présentée n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative et qu'elle n'est pas dépourvue d'utilité.

2. La mesure d'expertise demandée par Mme F A a pour objet de déterminer les causes, les responsabilités et les préjudices subis lors de la prise en charge de sa mère, Mme D A, par le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles le 19 mars 2022, à la suite d'une chute survenue à son domicile. Cette demande, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues et qui est susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur le dépôt d'un pré-rapport :

3. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Dès lors, les conclusions de la requérante, du centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles et de l'ONIAM tendant à ce que la mission d'expertise prévoit le dépôt d'un pré-rapport par l'expert, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les dépens

4. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il appartiendra au président du tribunal ou au magistrat délégué, lorsqu'il liquidera et taxera les frais de l'expertise, de désigner dans l'ordonnance la partie qui les supportera. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées à ce titre par la requérante.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il n'y a pas lieu, dans la présente instance de référé, de faire droit aux conclusions de Mme A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Le docteur G C, expert en chirurgie orthopédique, demeurant Polyclinique Malartic, 203 Chemin de Faveyrolles à OLLIOULES (83190), et le docteur E B, expert en infectiologie, demeurant 85 avenue Maréchal Foch à Toulon (83000), sont désignés pour procéder, en présence de Mme F A, du centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles, de l'ONIAM, de la mutuelle sociale agricole Provence Azur et de la caisse primaire d'assurance maladie du Var, à une expertise médicale à l'effet de :

1°) prendre connaissance de l'intégralité du dossier médical de Mme D A, décédée le 27 mars 2023, en se faisant communiquer tous les documents et pièces nécessaires à la bonne exécution de sa mission et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués lors de sa prise en charge par le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles ;

2°) de décrire son état de santé et les soins et prescriptions antérieurs à son hospitalisation le 19 mars 2022 au centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles ;

3°) décrire les conditions dans lesquelles Mme D A a été prise en charge, les diagnostics posés et les soins qui lui ont été administrés ;

4°) donner leur avis sur le point de savoir si les diagnostics établis, les traitements et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science et aux règles de l'art, et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme D A ; donner leur avis sur la pertinence des diagnostics des différentes équipes médicales et l'utilité des gestes médicaux pratiqués ; les experts préciseront les références des données médicales sur lesquelles ils se fondent, en retranscrivant au besoin les passages de la littérature scientifique qui leur paraîtraient pertinents ;

5°) de manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors de la prise en charge de Mme D A ;

6°) donner leur avis sur le point de savoir si le dommage corporel constaté a un rapport avec l'état initial de Mme D A ou l'évolution prévisible de cet état ; le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement reproché à l'établissement, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec la pathologie initiale, son évolution ou toute autre cause extérieure ;

7°) donner leur avis sur le point de savoir si le ou les éventuels manquements constatés ont fait perdre à Mme D A une chance d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation ;

8°) donner leur avis sur l'ampleur de la chance perdue (chiffrage) et son imputabilité aux éventuels manquements constatés ;

9°) évaluer, le cas échéant, les postes de préjudices subis non imputables à l'état antérieur de la victime ni aux conséquences prévisibles de sa prise en charge médicales par le centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles si celle-ci s'était déroulée normalement ;

10°) indiquer les périodes pendant lesquelles la patiente a été, du fait de son déficit fonctionnel temporaire, dans l'incapacité totale ou partielle de poursuivre ses activités personnelles habituelles ; en cas de déficit fonctionnel temporaire partiel, préciser le taux et la durée jusqu'à la consolidation ;

11°) dire si l'état de Mme D A s'est consolidée avant son décès ; proposer, si possible, une date de consolidation de l'état de l'intéressée ; préciser s'il a subsisté un déficit fonctionnel permanent physique ou psychique et dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée, et, dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer si, dès à présent, un déficit fonctionnel permanent physique ou psychique est prévisible et en évaluer l'importance ;

12°) indiquer si et dans quelle mesure l'assistance, constante ou occasionnelle, d'une tierce personne a été nécessaire à Mme D A pour accomplir les actes de la vie quotidienne jusqu'à son décès ; préciser les autres frais liés au handicap dont la nécessité résulterait du dommage ;

13°) déterminer les autres dépenses liées au dommage corporel ;

14°) donner leur avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice psychologique, préjudice sexuel) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment, aux antécédents médicaux de l'intéressée ;

15°) donner leur avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constatée sur la vie personnelle et éventuellement professionnelle de Mme D A ;

16°) donner leur avis sur les dépenses de santé de l'intéressée, la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d'appareillage ou de prothèse ainsi que d'aides techniques compensatoires au handicap de la victime, après consolidation, pour éviter une aggravation de l'état séquellaire, justifier l'imputabilité des soins à l'acte dommageable, indépendamment de ceux liés à la pathologie initiale, en précisant s'il s'agit de frais occasionnels c'est-à-dire limités dans le temps ou de frais viagers, c'est-à-dire engagés la vie durant, en précisant la fréquence de leur renouvellement ;

17°) de manière générale, fournir au tribunal tous éléments de nature à lui permettre de se prononcer sur les éventuelles responsabilités encourues ;

Les experts pourront, si faire se peut, concilier les parties à l'issue des opérations d'expertise. Ils disposeront des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Ils pourront entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de leur mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : Les experts accompliront leur mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 3 : Les experts déposeront leur rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par les experts aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. Les experts justifieront auprès du tribunal de la date de réception de leur rapport par les parties.

Article 4 : Les frais et honoraires dus aux experts seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-13 du code susvisé.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F A, au centre hospitalier Jean Marcel de Brignoles, à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la mutuelle sociale agricole Provence Azur et à la caisse primaire d'assurance maladie du Var.

Copie en sera adressée aux experts désignés.

Fait à Toulon, le 8 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé

L. HAMON

La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions