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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2300339

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2300339

vendredi 30 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2300339
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationAide sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme B C, qui contestait le refus de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de lui attribuer la carte mobilité inclusion (CMI) mention "stationnement pour personnes handicapées". La requérante soutenait que son état de santé justifiait l’octroi de cette carte. Le tribunal a appliqué les dispositions du code de l’action sociale et des familles (article L. 241-3) et l’arrêté du 3 janvier 2017, qui fixent les critères d’attribution, notamment un périmètre de marche limité à moins de 200 mètres ou le recours systématique à une aide humaine ou technique. La solution retenue est le rejet de la demande, confirmant ainsi la décision de la CDAPH.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 février 2023, Mme B C demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de rejet de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) en date du 1er décembre 2022, prise sur recours administratif obligatoire contre la décision du 22 septembre 2022 lui refusant l'attribution de la carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " ;

2°) de lui attribuer la carte mobilité inclusion (CMI) mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Elle soutient que son état de santé justifie que lui soit octroyée la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, le département du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que Mme C ne remplit pas les conditions d'attribution de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1.Mme C a sollicité, le 16 mars 2022, la délivrance d'une carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ". Le 22 septembre 2022, le département du Var a rejeté sa demande. Le 14 octobre 2022, Mme C a formé un recours administratif préalable contre cette décision de rejet. Par une décision du 1er décembre 2022, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) a confirmé le rejet de la demande. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de la décision de rejet du 1er décembre 2022 et l'attribution de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".

2.D'une part, aux termes du I de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " La carte " mobilité inclusion " destinées aux personnes physiques et délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacement ". Aux termes du IV de l'article R. 241-12-1 du même code : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limité du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ".

3.D'autre part, aux termes de l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : " 1° Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité () Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne à un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : -une aide humaine ; -une prothèse de membre inférieur ;-une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; -un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficultés le fauteuil ; -ou la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ; 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personnes dans leurs déplacements Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière () S'agissant des personnes présentant une déficience sensorielle, l'accompagnement doit être nécessaire pour effectuer le déplacement lui-même et s'imposer par le risque d'une mise en danger. Cette condition n'est habituellement pas remplie pour une personne qui présente une déficience auditive isolée () ".

4.Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées " sur la carte mobilité inclusion prévue à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles dans sa rédaction actuellement en vigueur, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si l'octroi d'une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit attribuée la mention " stationnement pour personnes handicapées " sur la carte " mobilité inclusion ".

5.Mme C fait valoir que son état de santé justifie l'attribution de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ". Toutefois, le certificat médical, établi le 18 février 2022, par le docteur A, dans le cadre de la demande présentée à la maison départementale des personnes handicapées, fait état de douleurs handicapantes notamment du rachis et des hanches, de ce qu'elle marche et se déplace à l'extérieur avec difficulté, mais sans aide humaine et indique que son périmètre de marche est de 200 mètres. En outre, aucune des pièces médicales plus récentes que Mme C produit à l'appui de sa requête ne fait état d'une aggravation de sa situation avec un périmètre de marche inférieur à 200 mètres ou le besoin systématique, pour se déplacer à l'extérieur, d'une aide telle notamment qu'une une aide humaine ou une canne. Dans ces conditions, Mme C ne remplit pas les conditions fixées par les textes précités aux points 2 et 3 de la présente décision. En refusant de lui délivrer cette carte, le département du Var n'a dès lors pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et de l'arrêté du 3 janvier 2017 rappelées ci-dessus.

6.Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 1er décembre 2022 ni la délivrance, à la date du présent jugement, de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ". Par suite, les conclusions de sa requête doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er: La requête présentée par Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au département du Var.

Copie en sera délivrée à la maison départementale des personnes handicapées du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

M. D La greffière,

Signé

G. GUTH

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition

P/le greffier en chef,

La greffière

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