vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2300350 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Aide sociale |
Vu la procédure suivante :
I-Par une requête enregistrée le 27 mars 2023 sous le numéro 2300913, M. D A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet, née le 17 octobre 2022, du recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision par laquelle la CAF du Var a mis à sa charge, le 17 juin 2022, un indu de revenu de solidarité active (RSA) (INK 005) d'un montant initial de 7 490,39 euros pour la période du 1er juin 2019 au 31 octobre 2021 ;
2°) d'annuler la décision du 14 octobre 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la CAF du Var a rejeté son recours en contestation d'un indu de revenu de solidarité active (RSA) (INK 005) d'un montant initial de 7 490,39 euros pour la période du 1er juin 2019 au 31 octobre 2021 et de lui accorder la décharge de cette somme ;
3°) à titre subsidiaire, d'une part, d'annuler la décision implicite, née du recours gracieux formé le 16 août 2022, par laquelle la CAF du Var a refusé de lui accorder la remise de sa dette de revenu de solidarité active, d'autre part, de lui accorder la remise de cette dette ;
4°) d'annuler la décision implicite née du rejet du recours gracieux formé contre la décision en date du 28 juillet 2022 lui infligeant une pénalité administrative d'un montant de 7 930 euros ;
5°) de le rétablir dans ses droits à RSA à compter de la cessation du service de l'allocation par les caisses d'allocations familiales ;
6°) de condamner le département du Var, en application des articles 75 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à lui verser la somme de 1200 euros TTC.
Il soutient que :
- l'absence de l'avis de la commission des pénalités et l'absence du quantum de la pénalité rend la procédure de fixation de la pénalité irrégulière ;
- les décisions implicites confirmant l'indu de RSA et la pénalité administrative sont entachées d'illégalité externe car elles ne sont pas motivées ;
- la procédure administrative préalable n'a pas respecté le principe du contradictoire car l'ensemble des pièces et, notamment, le rapport d'enquête, ne lui a pas été transmis ;
- la décision de la commission du recours amiable est entachée d'illégalité externe en ce qu'elle ne comporte pas la signature de son président et qu'elle n'est pas accompagnée des mentions prévues par les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'indu n'est pas fondé car le versement de la somme dont la répétition est exigée n'est pas établi, le département ne rapporte ni la preuve de l'existence de revenus non déclarés, ni leur montant ;
- la décision de refus de remise gracieuse est entachée, d'une part, d'une erreur de droit car l'élément matériel et l'élément intentionnel de la fraude ou de la fausse déclaration ne sont pas établis et, d'autre part, d'une erreur manifeste d'appréciation car M. et Mme A se trouvent dans une situation de précarité telle qu'elle l'empêche de rembourser leur dette.
Par mémoire en défense, enregistré le 24 août 2023, la CAF du Var a conclu à son incompétence pour défendre en matière de RSA.
Par mémoire en défense, enregistré le 24 août 2023, la CAF du Var, agissant pour le compte du département, a conclu au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête n°2203208 demandant l'annulation de la décision du 17 juin 2022 est irrecevable dès lors que la décision du 18 octobre 2022 prise sur recours préalable obligatoire (RAPO) s'est substituée à la décision initiale ;
- la juridiction administrative est incompétente pour statuer sur un recours portant sur la pénalité administrative en cause ;
- les conclusions portant sur la remise gracieuse sont irrecevables, faute, pour M. A, d'avoir formé une demande préalable de remise au service.
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
II-Par une requête enregistrée le 4 février 2023 sous le numéro 2300350, M. D A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 juin 2022 par laquelle la CAF du Var a mis à sa charge un indu de prime d'activité (IM3 005) d'un montant de 11 482,96 euros pour la période du 1er juin 2019 au 31 mai 2022 ;
2°) d'annuler la décision du 14 octobre 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) du Var a rejeté son recours en contestation d'un indu de prime d'activité (IM3 005) d'un montant de 11 482,96 euros pour la période du 1er juin 2019 au 31 mai 2022 et de le décharger du paiement de cette somme ;
3°) à titre subsidiaire, d'une part, d'annuler la décision implicite, née du recours gracieux
formé le 16 août 2022, par laquelle la CAF du Var a refusé de lui accorder la remise de
sa dette de prime d'activité, d'autre part, de lui accorder la remise de cette dette ;
4°) de condamner le département du Var, en application des articles 75 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à lui verser la somme de 1200 euros TTC.
Il soutient que :
- la procédure administrative préalable n'a pas respecté le principe du contradictoire car l'ensemble des pièces et, notamment, le rapport d'enquête ne lui a pas été transmis ;
- l'indu n'est pas fondé car le versement de la somme dont la répétition est exigée n'est pas établi, le département ne rapporte ni la preuve de l'existence de revenus non déclarés, ni leur montant ;
- la décision de refus de remise gracieuse est entachée, d'une part, d'une erreur de droit car les éléments matériel et intentionnel de la fraude ou de la fausse déclaration ne sont pas établis, d'autre part, d'une erreur manifeste d'appréciation car M. et Mme A se trouvent dans une situation de précarité telle qu'elle l'empêche de rembourser leur dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2023, la CAF du Var conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- Le principe du contradictoire a été respecté ;
- l'indu est fondé car M. A ne remplissait plus les conditions nécessaires pour bénéficier de la prime d'activité.
III-Par une requête enregistrée le 4 février 2023 sous le n°2300351, M. D A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 juin 2022 par laquelle la CAF du Var a mis à sa charge un indu d'aide exceptionnelle de solidarité (INQ 001) d'un montant de 300 euros pour les mois de mai et novembre 2020 ;
2°) d'annuler la décision du 14 octobre 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la CAF du Var a rejeté son recours en contestation d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité (INQ 001) d'un montant de 300 euros " " pour la période du 1er mai 2020 au 30 novembre 2020 " et de lui accorder la décharge de cette somme ;
3°) à titre subsidiaire, d'une part, d'annuler la décision implicite, née du recours gracieux
formé le 16 août 2022, par laquelle la CAF du Var a refusé de lui accorder la remise de
sa dette d'aide exceptionnelle de solidarité, d'autre part, de lui accorder la remise de cette dette ;
4°) de condamner le département du Var, en application des articles 75 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à lui verser la somme de 1200 euros TTC.
Il soutient que :
- la procédure administrative préalable n'a pas respecté le principe du contradictoire car l'ensemble des pièces et, notamment, le rapport d'enquête ne lui a pas été transmis ;
- l'indu n'est pas fondé car le versement de la somme dont la répétition est exigée n'est pas établi, le département ne rapporte ni la preuve de l'existence de revenus non déclarés, ni leur montant ;
- la décision de refus de remise gracieuse est entachée, d'une part, d'une erreur de droit car les éléments matériel et intentionnel de la fraude ou de la fausse déclaration ne sont pas établis et, d'autre part, d'une erreur manifeste d'appréciation car M. et Mme A se trouvent dans une situation de précarité telle qu'elle l'empêche de rembourser leur dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2023, la CAF du Var conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- Le principe du contradictoire a été respecté ;
- l'indu est fondé car M. A ne remplissait plus les conditions nécessaires pour bénéficier de l'aide exceptionnelle de solidarité.
IV-Par une requête enregistrée le 4 février 2023 sous le n°2300352, M. D A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite ayant rejeté son recours contre la décision du 17 juin 2022 par laquelle la CAF du Var a mis à sa charge un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année (ING 001) d'un montant initial de 274,41 euros pour la période du 1er décembre 2019 au 31 décembre 2019 ;
2°) d'annuler la décision du 14 octobre 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la CAF du Var a rejeté son recours en contestation d'un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année (ING 001) d'un montant initial de 274,41 euros pour la période du 1er décembre 2019 au 31 décembre 2019 et de lui accorder la décharge de cette somme ;
3°) à titre subsidiaire, d'une part, d'annuler la décision implicite, née du recours gracieux
formé le 16 août 2022, par laquelle la CAF du Var a refusé de lui accorder la remise de
sa dette d'aide exceptionnelle de fin d'année et, d'autre part, de lui accorder la remise de cette dette ;
4°) de condamner le département du Var, en application des articles 75 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à lui verser la somme de 1200 euros TTC.
Il soutient que :
- la procédure administrative préalable n'a pas respecté le principe du contradictoire car l'ensemble des pièces et, notamment, le rapport d'enquête ne lui a pas été transmis ;
- la décision implicite n'est pas motivée ;
- l'indu n'est pas fondé car le versement de la somme dont la répétition est exigée n'est pas établi, le département ne rapporte ni la preuve de l'existence de revenus non déclarés, ni leur montant ;
- la décision de refus de remise gracieuse est entachée, d'une part, d'une erreur de droit car les éléments matériel et intentionnel de la fraude ou de la fausse déclaration ne sont pas établis et, d'autre part, d'une erreur manifeste d'appréciation car M. et Mme A se trouvent dans une situation de précarité telle qu'elle l'empêche de rembourser leur dette.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 août 2023 et le 12 mars 2024, la CAF du Var demande à ce que M. A soit condamné au paiement de la somme de 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- La requête est tardive ;
- Le principe du contradictoire a été respecté ;
- L'indu est fondé car M. A ne remplissait plus les conditions nécessaires pour bénéficier de d'aide exceptionnelle de fin d'année ;
- La demande de remise gracieuse est irrecevable faute d'avoir formé une demande préalable auprès de la CAF du Var.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du caractère irrecevable des conclusions tenant à l'annulation d'un acte ne faisant pas grief (courrier du 28 juillet 2022 envisageant une pénalité).
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- les décrets n°2020-519 du 5 mai 2020 et le décret n°2020-1453 du 27 novembre 2020 ;
- le décret n°2020-1746 du 29 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Doumergue et les observations de Mme B, représentant la caisse d'allocations familiales du Var et le département du Var, en ce qui concerne le RSA.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après les observations de Mme B à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.M. A, marié depuis 2013, a bénéficié du revenu de solidarité active (RSA) à compter du 1er février 2019. Il a également bénéficié de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2019, de la prime d'activité et de l'aide exceptionnelle de solidarité versée en mai et novembre 2020. A la suite d'un contrôle de sa situation, il s'est vu notifier, par décision du 17 juin 2022, des indus de RSA, de prime d'activité, d'aides exceptionnelles de solidarité et de fin d'année, d'un montant total de 26 438,76 euros. Par les requêtes visées ci-dessus, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation des décisions du 14 octobre 2022 par laquelle la commission de recours amiable (CRA) de la caisse d'allocations familiales (CAF) du Var a confirmé ces indus, le rétablissement ses droits à RSA, l'annulation de la décision par laquelle le directeur de la CAF du Var l'a informé qu'il envisageait de prononcer à son encontre une pénalité d'un montant de 7 930 euros sur le fondement de l'article L114-17 du code de la sécurité sociale et l'annulation des décisions implicites lui refusant la remise gracieuse de ses dettes.
Sur la jonction :
2.Les requêtes visées ci-dessus n°2300350, 2300351, 2300352 et 2300913 présentent à juger des questions semblables concernant un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 17 juin 2022 et à l'annulation des décisions implicites de rejet du recours contre les indus de RSA et de prime d'activité :
3.Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. / (). ". Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. (). ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue en principe à la décision initiale, et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
4.Si M. A devait être regardé comme dirigeant ses conclusions, d'une part, contre la décision du 17 juin 2022 par laquelle la CAF du Var a mis à sa charge un indu de prime d'activité et un indu de revenu de solidarité active, d'autre part, contre une décision implicite de rejet qui serait née du silence gardé par la caisse d'allocations familiales à la suite de son recours administratif préalable obligatoire (RAPO) formé le 16 août 2022, il résulte de l'instruction que ce recours a été rejeté, explicitement, par des décisions de la CRA de la CAF du Var du 14 octobre 2022, lesquelles se sont substituées aux décisions précédentes, et ont au demeurant été contestées par M. A dans les requêtes visées ci-dessus. En conséquence, les conclusions dirigées contre les décisions antérieures aux rejets prononcés par la CRA de la CAF, suite au recours administratif préalable obligatoire formé par M. A sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur le surplus des conclusions :
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
6. M. A a contesté les décisions du 14 octobre 2022 rejetant ses recours contre les indus notifiés et ses demandes de remises de dettes, par une requête enregistrée le 17 novembre 2022 sous le numéro 2203208, soit dans les délais de recours contentieux fixés par l'article R421-1 précité du code de justice administrative. Répondant à une demande de régularisation du tribunal, il a ensuite présenté par quatre requêtes séparées, des recours contre les rejets précités, enregistrées les 4 février et 27 mars 2023 sous les numéros 2300350, 2300351, 2300352 et 2300913 et s'est désisté de la requête initiale par un acte enregistré le 8 mars 2024 suivi d'une ordonnance de désistement. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de la tardiveté de ses quatre requêtes doit être écartée.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles :" Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. (). ".
8.La CAF du Var, agissant pour le compte du département, fait valoir que les conclusions tendant à l'annulation du refus de remise gracieuse pour l'indu de RSA et à l'obtention de cette remise sont irrecevables faute pour M. A d'avoir au préalable sollicité cette remise. Toutefois, M. A fournit aux débats une copie du recours administratif préalable obligatoire, qu'il a formé auprès du conseil départemental et de la CAF du Var, le 16 août 2022 dans lequel il contestait les indus qui lui avaient été notifiés mais demandait également " à titre subsidiaire, de prononcer la remise des indus, (se) trouvant dans une situation financière précaire ". Ainsi, et contrairement à la fin de non- recevoir opposée par la CAF, en son nom et pour le compte du département, les conclusions des requêtes tendant à ce que lui soit accordée la remise gracieuse des indus en cause ne sont pas entachées d'irrecevabilité.
9. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées en défense doivent donc être écartées.
Sur la régularité des indus :
S'agissant des moyens communs invoqués contre les indus de RSA, prime d'activité, aide exceptionnelle de solidarité et aide exceptionnelle de fin d'année relatifs au respect du principe du contradictoire :
10.Le requérant fait valoir que le principe du contradictoire a été méconnu en raison de l'absence de communication du rapport d'enquête. Toutefois aucun texte n'impose à la CAF de transmettre à l'allocataire le rapport dressé par l'agent assermenté à l'issue d'un contrôle de situation. Le moyen tiré de la violation du contradictoire en l'absence de communication de ce rapport est donc inopérant et doit être écarté. Au demeurant, par un courrier en date du 26 novembre 2021, la CAF du Var a communiqué à M. A un résumé du rapport d'enquête.
S'agissant de la motivation des décisions implicites confirmant la pénalité administrative, l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année et l'indu de RSA :
11.Aux termes du 2° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () imposent des sujétions ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués () ".
12.En premier lieu, la décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de la disposition précitée. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision, la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération.
13.Aucun texte n'impose que la contestation d'un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année soit précédée d'un recours préalable obligatoire comme en matière de RSA et de prime d'activité. En revanche, il est loisible à l'intéressé de présenter un recours gracieux contre l'indu en cause et un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
14.M. A a notamment contesté, par un courrier du 16 août 2022, un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année mis à sa charge au titre du mois de décembre 2019. Il soutient que la décision implicite de rejet de son recours contestant l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2019 doit être annulée faute d'être motivée. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que ces conclusions doivent être regardées comme dirigées contre la décision initiale du 17 juin 2022 qui indique à M. A que suite au contrôle de son dossier, il est apparu que son épouse avait perçu des revenus dont l'origine n'est pas justifiée depuis 2019 et que ces sommes avaient été réintégrées pour le calcul du RSA et de ses prestations conformément aux articles R844-1 à R844-3 du code de la sécurité sociale, précisant que l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année pour le mois de décembre 2019 référencé ING 001 s'élevait à 274,41 euros. Cette décision qui contient les considérations de fait et de droit qui la fondent est motivée conformément aux dispositions précitées au point 11. Par suite, le moyen invoqué est infondé et doit être écarté.
15. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que le RAPO contre l'indu de RSA a fait l'objet d'un rejet explicite par décision de la commission de recours amiable (CRA) de la CAF du 14 octobre 2022. Par suite, le moyen invoqué par M. A tiré du défaut de motivation de la décision implicite de rejet de son RAPO est inopérant. Par suite le moyen invoqué doit être écarté.
16. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que la CAF du Var a informé M. A par courrier du 28 juillet 2022 de ce qu'une pénalité était envisagée. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que la pénalité en cause ait été prise. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision implicite de rejet du recours contre ladite pénalité doit être écarté.
S'agissant de la signature de la décision de la commission de recours amiable relative à l'indu de RSA :
17. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration: " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ". Il résulte de ces dispositions que la décision de la commission de recours amiable doit contenir outre la signature de son auteur, la mention en caractères lisibles de ses nom, prénom et qualité. S'agissant d'un organisme collégial, il est satisfait à ces exigences dès lors que la décision prise comporte la signature de son président, ou de l'ensemble de ses membres présents, accompagnée des mentions en caractères lisibles prévues par cet article. Enfin, l'article L. 212-2 du même code dresse la liste des décisions dispensées de la formalité prescrite par l'article L. 212-1.
18. Il résulte de l'instruction que si la décision de la commission de recours amiable de la CAF du Var du 14 octobre 2022 ne comporte, elle-même aucune des mentions prévues à l'article L.212-1 précité, ni signature, le courrier du 18 octobre 2022 notifiant cette décision est signé par " M. Lunia Michel, le président ", dont il n'est pas allégué qu'il n'avait pas la qualité de président de la commission de recours amiable de la CAF à cette date. Par suite, dans ces circonstances, le moyen tiré de l'absence de signature de la commission de recours amiable doit être écarté.
Sur le bien-fondé des indus :
S'agissant des indus de RSA, d'aide exceptionnelle de solidarité et d'aide exceptionnelle de fin d'année :
19.Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ". En vertu de l'article de l'article de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". En outre, selon l'article R. 262-11 dudit code : " Pour l'application de l'article R. 262-6, il n'est pas tenu compte : () 14° Des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation ".
20.L'aide exceptionnelle de fin d'année instituée pour 2020 par le décret n°2020-1746 du 29 décembre 2020 et l'aide exceptionnelle de solidarité instituée par le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 et le décret n°2020-1453 du 27 novembre 2020 sont attribuées, servies et contrôlées, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole notamment pour les allocataires du revenu de solidarité active ou d'aides personnalisées au logement. Tout paiement indu de cette aide est récupéré pour le compte de l'Etat par les caisses d'allocations familiales ou les caisses de mutualité sociale agricole.
21. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de revenu de solidarité active, d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
22. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'enquête du 23 novembre 2021 établi par un agent assermenté de la CAF que l'examen des relevés bancaires, bulletins de salaire et avis d'imposition des époux A, ont révélé des omissions dans les déclarations de ressources depuis janvier 2019 et l'absence de déclaration de leur association, à hauteur de 35% chacun, dans une SCI familiale depuis le 10 janvier 2021. Ainsi, il ressort dudit rapport d'enquête que de nombreux versements, virements et remises de chèques ont régulièrement été effectués sur les comptes du couple et que les revenus constatés ne correspondent pas aux revenus déclarés dans les déclarations trimestrielles de ressources, conduisant à la réintégration des sommes de 10 781 euros en 2019, 21 223 euros en 2020 et 9 513 euros en 2021 dans les revenus du couple. La prise en compte de ces sommes et de la valeur du bien détenu par la SCI a entrainé un indu de RSA et d'aides exceptionnelles de solidarité et de fin d'année. Pour contester le bien-fondé des indus en cause, le requérant soutient qu'il n'est pas justifié le versement des sommes dont la répétition est exigée et affirme que le département " n'établit ni les revenus non déclarés ni leur montant ". Toutefois, en se bornant à de telles allégations, sans apporter aucune pièce de nature à démontrer que les sommes portées au crédit de leurs comptes, selon les relevés bancaires examinés par le contrôleur assermenté de la CAF, mais non déclarées dans les déclarations trimestrielles de ressources, ont été intégrées à tort dans les ressources à prendre en compte dans le calcul du RSA, et des autres allocations, M. A n'est pas fondé à soutenir le caractère infondé de l'indu de RSA mis à sa charge ni par voie de conséquence des indus d'aides exceptionnelles de fin d'année et de solidarité, dès lors que ces aides ne peuvent être versées qu'aux allocataires remplissant les conditions pour percevoir le RSA. Par suite le moyen invoqué doit être écarté.
S'agissant de l'indu de prime d'activité :
23.Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité ". Aux termes de l'article L. 842-3 du code précédemment cité : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° ". Selon l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu () ". Aux termes de l'article R. 846-5 dudit code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ". L'article R. 844-5 de ce code dispose que : " Sont exclues des ressources prises en compte pour le calcul de la prime d'activité les prestations, indemnités et aides sociales suivantes : () 14° Les aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation () ".
24.Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
25.Comme il a été dit précédemment, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'enquête du 23 novembre 2021 que les indus de prime d'activité mis à la charge de M. A, trouvent leur cause dans le fait qu'il n'a pas déclaré l'intégralité des ressources du couple depuis janvier 2019 et a omis d'indiquer à la CAF du Var que les époux sont associés depuis le 10 janvier 2021, dans d'une SCI familiale propriétaire d'un immeuble. En se bornant à soutenir que la CAF du Var ne rapporte ni la preuve de l'existence de revenus non déclarés, ni leur montant, le requérant ne remet pas sérieusement en cause le contenu du rapport d'enquête constatant des ressources non déclarées d'origine indéterminée. Dès lors, c'est à bon droit que la CAF du Var a réintégré les sommes non déclarées dans le calcul de la prime d'activité, générant l'indu en cause. Par suite le moyen tiré du caractère infondé de l'indu de prime d'activité doit être écarté.
Sur la pénalité :
26.Aux termes de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale : " I.- Peuvent faire l'objet d'un avertissement ou d'une pénalité prononcée par le directeur de l'organisme chargé de la gestion des prestations familiales ou des prestations d'assurance vieillesse, au titre de toute prestation servie par l'organisme concerné : 1° L'inexactitude ou le caractère incomplet des déclarations faites pour le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; / 2° L'absence de déclaration d'un changement dans la situation justifiant le service des prestations, sauf en cas de bonne foi de la personne concernée ; / 4° Les agissements visant à obtenir ou à tenter de faire obtenir le versement indu de prestations servies par un organisme mentionné au premier alinéa, même sans en être le bénéficiaire ". Il résulte ensuite de l'article L. 114-17-2 du même code : " I.- Le directeur de l'organisme mentionné aux articles L. 114-17 ou L. 114-17-1 notifie la description des faits reprochés à la personne physique ou morale qui en est l'auteur afin qu'elle puisse présenter ses observations dans un délai fixé par voie réglementaire. A l'expiration de ce délai, le directeur : 1° Décide de ne pas poursuivre la procédure ; 2° Notifie à l'intéressé un avertissement ; 3° Ou saisit la commission mentionnée au II du présent article. A réception de l'avis de la commission, le directeur : () c) Soit notifié à l'intéressé la pénalité qu'il décide de lui infliger, en indiquant le délai dans lequel il doit s'en acquitter ou les modalités selon lesquelles elle sera récupérée sur les prestations à venir. La pénalité est motivée et peut être contestée devant le tribunal judiciaire spécialement désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire () ".
27.M. A fait valoir que par un courrier du 28 juillet 2022, le directeur de la CAF du Var lui a notifié l'existence d'une fraude et l'a informé qu'il envisageait de prononcer à son encontre une pénalité d'un montant de 7 930 euros, en application notamment de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. Il résulte des dispositions précitées que la contestation d'une décision infligeant une telle pénalité, si elle avait été décidée par le directeur de la CAF du Var, relevait de la compétence du tribunal judiciaire. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'une telle pénalité ait été prise à l'encontre de M. A. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre une telle pénalité sont irrecevables et doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions à fin de décharge des indus :
28. Il résulte des motifs qui précèdent que les conclusions à fin d'annulation des indus contestés sont rejetées. Par suite, il n'y a pas lieu de décharger M. A desdits indus.
Sur la remise de dette :
29.Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration". Aux termes de l'article 6 du décret du 15 décembre 2021 : " I. - Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'État par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue () ". Aux termes de l'article 4 du décret n°2020-519 du 5 mai 2020 et du décret n°2020-1453 du 27 novembre 2020 : " I. - Tout paiement indu de l'aide exceptionnelle de solidarité attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle le versement de l'aide exceptionnelle a été perçu ".
30.Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenantes, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.
31.M. A a formulé une demande de remise gracieuse de ses indus de prime d'activité, de RSA, d'aide exceptionnelle de solidarité et d'aide exceptionnelle de fin d'année, dans son recours administratif préalable obligatoire contre les indus daté du 16 octobre 2022. Il résulte de l'instruction et des motifs qui précèdent que les indus mis à sa charge ont pour origine des omissions réitérées de déclarations de ressources, lesquelles sont exclusives de bonne foi. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner si, la condition relative à la précarité de sa situation est remplie à la date du présent jugement, il ne peut pas prétendre à la remise de dette demandée.
Sur les frais liés au litige :
32.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales du Var et du département du Var, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, les sommes demandées par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par suite les conclusions de M. A tendant à l'application des dispositions dudit article doivent en toute hypothèse être rejetées.
33. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la CAF du Var tendant à obtenir le versement par M. A de la somme de 200 euros en application de l'article L761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au département du Var et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La présidente-rapporteure, La greffière,
SignéSigné
M. C
La République mande ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au préfet du Var en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
2,2300351,2300352,2300913
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026