vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2300471 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GONAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 février 2023, la SCI Firec représentée par M. C G, Mme E A et M. B A, représentés par Me Gonand, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Zacharie a délivré le permis de construire n° PC 083 120 21 B 0055 en vue du changement de destination d'une grange en immeuble créant quatre logements sociaux et quatre places de stationnement sur la parcelle cadastrée section 120 C 393, sises traverse des Jardins à Saint-Zacharie (83640), ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Zacharie une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il ont intérêt à agir ;
- le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation à l'aune de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en accordant le permis en litige ;
- l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France est conforme en application de l'article L. 621-31 du code du patrimoine dès lors que les constructions sont en co-visibilité avec l'église Saint Jean-Baptiste.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2023, la commune de Saint-Zacharie conclut au rejet de la requête et demande qu'un euro symbolique soit mis à la charge des requérants.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, M. F D conclut au rejet de la requête.
Par ordonnance du 21 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Zacharie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 avril 2024 :
- le rapport de Mme Le Gars ;
- et les conclusions de M. Riffard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 décembre 2021, M. F D a déposé une demande de permis de construire en mairie de Saint-Zacharie en vue du rehaussement et de la réhabilitation d'une ancienne grange en immeuble de quatre logements avec quatre places de stationnement sur un terrain situé traverse des Jardins à Saint-Zacharie. Par un arrêté du 18 mai 2022, le maire a délivré le permis de construire sollicité. Les requérants demandent l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux reçu le 12 octobre 2022.
2. En premier lieu, les requérants soutiennent sur le fondement de l'article L. 621-30 du code du patrimoine que l'avis défavorable de l'Architecte des Bâtiments de France du 2 janvier 2022 est conforme dès lors que les constructions en litige sont en co-visibilité avec l'église Saint Jean-Baptiste. Cependant, les requérants ne soutiennent pas que le projet méconnaît une règle d'urbanisme alors que les autorisations d'urbanisme sont destinées à assurer la conformité des projets avec les règles d'urbanisme applicables. Ainsi, le moyen est écarté comme n'étant pas assorti des précisions juridiques permettant d'en apprécier le bien-fondé. En toutes hypothèses, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les bâtiments en litige sont en co-visibilité avec un monument historique.
3. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
4. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'autorité administrative compétente d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction pourrait, compte tenu de sa nature et de ses effets, avoir sur le site. Il est exclu de procéder, dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité du permis de construire délivré, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés par l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune.
5. D'une part, en l'espèce, certes le projet est situé dans le centre historique du village de Saint-Zacharie cependant, cette circonstance ne peut à elle seule caractériser un intérêt patrimonial particulier du secteur. D'autre part, le projet qui porte sur la réhabilitation d'une ancienne grange délaissée depuis les années soixante-dix, conserve la structure et les volumes du bâtiment, excepté un rehaussement de la toiture de 96 centimètres dont il n'est pas allégué qu'il surélève le projet par rapport aux constructions mitoyennes. En outre, il ressort de la notice descriptive que la construction est réalisée par des matériaux traditionnels avec un enduit frotassé de couleur ocre beige, les murs de pierres sont conservés, à l'exception des murs périphériques rénovés et enduits à la chaux dans le même ton ocre beige pour les parties les plus abîmées, les angles en pierre de taille côté est sont mis en valeur, la toiture et les génoises sont composées de tuiles de type canal vieilli. En outre, les menuiseries prévues sont discrètes, en aluminium gris et non en polychlorure de vinyle comme le soutiennent les requérants. Ils soutiennent également que la façade est dénaturée par le percement de grandes ouvertures, l'ajout d'une terrasse et d'une pergola. Cependant, il ne ressort pas des plans et photographies joints au dossier de demande de permis de construire que ces éléments dénaturent la façade dont la structure est conservée. De plus, il ressort de ces mêmes pièces qu'une partie des façades sont en pierre apparente. Ainsi, la construction projetée n'est pas dépourvue des caractéristiques provençales traditionnelles et il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet implique l'effacement des éléments architecturaux du bâti existant comme le soutiennent les requérants. Dans ces conditions, les requérants qui ne produisent aucun reportage photographique permettant d'apprécier l'intégration du projet dans les constructions alentours, ne sont pas fondés à soutenir que le maire de Saint-Zacharie a commis une erreur manifeste d'appréciation à l'aune de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en délivrant le permis sollicité.
6. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Saint-Zacharie du 18 mai 2022 ni, par voie de conséquence de la décision rejetant leur recours gracieux.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Zacharie la somme que réclament les requérants au titre des frais liés au litige. Par ailleurs, la commune de Saint-Zacharie, qui ne justifie d'aucune dépense effectuée dans le cadre de cette instance, n'est pas fondée à demander qu'un euro symbolique soit mis à la charge des requérants.
DECIDE
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Zacharie sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Firec, à Mme E A, à M. B A, à M. F D et à la commune de Saint-Zacharie.
Délibéré après l'audience du 23 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
Le président,
Signé :
J.-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026