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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2300511

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2300511

mercredi 31 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2300511
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationAide sociale

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 février 2023, Mme A D doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) l'annulation de la décision du 20 décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Var lui a accordé la remise partielle de sa dette, à hauteur de 469,51 euros sur un montant total de 1 878,03 euros, correspondant à un indu de revenu de prime d'activité référencé IM3 001 ;

2°) la remise totale de l'indu restant à sa charge.

Elle soutient être en situation de précarité et ne pas pouvoir rembourser cette dette.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2023, la caisse d'allocations familiales (Caf) du Var conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la requérante ne peut pas être regardée comme étant de bonne foi faute d'avoir déclaré l'intégralité de ses revenus, ni dans une situation de précarité avec des revenus de référence trop importants.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Doumergue,

-les observations de Mme B pour la caisse d'allocations familiales du Var.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après les observations de Mme B pour la caisse d'allocations familiales du Var à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision en date du 28 juillet 2022, la caisse d'allocations familiales (CAF) du Var a notifié à Mme D un indu de prime d'activité IM3 001, d'un montant de 1 878,03 euros. Par un courrier en date du 2 novembre 2022, Mme D a demandé la remise gracieuse de cette dette à la commission de recours amiable de la CAF du Var. Par une décision en date du 20 décembre 2022, la CAF du Var a octroyé à la requérante une remise partielle de sa dette, à hauteur de 469,51 euros, laissant à sa charge un montant restant de 1 408,52 euros. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal de lui accorder la remise totale de la dette restant à sa charge.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. Il résulte de l'instruction que Mme D était connue de la CAF du Var comme salariée depuis sa demande de prime d'activité en date du 26 février 2019. La CAF a constaté une incohérence entre les revenus déclarés à la CAF dans ses déclarations trimestrielles de ressources et ceux déclarés à l'administration fiscale pour l'année 2020. Cette incohérence a entraîné un contrôle de ressources et de situation et un nouveau calcul de ses droits pour la période du 1er novembre 2020 au 31 juillet 2021. La rectification de sa situation a généré un indu de prime d'activité, référencé IM3 001 d'un montant de 1 878,03 euros pour la même période.

5. Mme D soutient qu'elle se trouve en situation de précarité afin d'obtenir la remise totale de l'indu de prime d'activité restant encore à sa charge. Il résulte de l'instruction et notamment de l'avis d'imposition des revenus perçus en 2022 que les revenus nets du foyer de l'intéressée et de son enfant célibataire majeur (salaires et pensions) se sont élevés à 15 020 euros soit un montant mensuel moyen de 1 251 euros. D'ailleurs, la CAF fait valoir sans être contredite que les revenus de Mme D pour l'année 2020 se sont élevés à 10 900 euros, revenus pris en compte pour lui accorder une remise partielle de dette, en 2022, alors que ses revenus étaient, alors, plus importants. S'agissant de l'année 2023, il résulte des attestations de paiement de la CPAM du Var que du 1er janvier 2023 au 3 octobre 2023, soit pour un plus de 9 mois, Mme D a perçu 15 590 euros au titre d'indemnités journalières. Par ailleurs si Mme D fait valoir qu'elle doit s'acquitter des charges courantes d'habitation et des frais relatifs à la scolarité de sa fille C, auxquels s'ajoutent des frais d'emprunt pour un montant total de 1788, 82 euros par mois et qu'il lui reste un peu moins de 110 euros pour vivre, elle ne joint aucune pièce, à l'exception du justificatif d'un crédit à la consommation souscrit en 2023, de nature à justifier toutes les dépenses qui lui incombent selon ses allégations. Ainsi, Mme D ne peut pas être regardée comme se trouvant en situation de précarité, contrairement à ce qu'elle soutient.

6. En outre, la CAF soutient, sans être contestée, que Mme D a déclaré dans ses déclarations trimestrielles de ressources correspondant à la période de droit du du 1er novembre 2020 au 31 juillet 2021, uniquement les salaires perçus, sans mentionner les indemnités journalières versées par la CPAM, ni les pensions alimentaires perçues durant cette période. La répétition de ces omissions déclaratives est constitutive d'une fausse déclaration. La condition de bonne foi de l'intéressée n'est donc pas remplie.

7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D ne remplit pas les conditions cumulatives de bonne foi et de précarité. Par suite, sa demande de remise de l'indu de prime d'activité restant à sa charge doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au département du Var.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Var et à la caisse d'allocations familiales du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

M. DoumergueLa greffière,

Signé

G. Guth

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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