LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2300632

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2300632

mardi 7 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2300632
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mars 2023, M. A D, représenté par Me Drikes, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 mars 2023 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter sans délai le territoire français ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur ;

- il ne fixe pas le pays de destination en violation des dispositions de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation sur l'absence de délai ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2023, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Cros, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 mars 2023 à 9 heures 30 :

- le rapport de M. Cros, magistrat désigné ;

- les observations de Me Fennech pour M. D, qui persiste dans les conclusions de sa requête par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, en application des dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par deux arrêtés du 2 mars 2023, le préfet du Var a, d'une part, obligé M. D, ressortissant tunisien né le 19 avril 1984, à quitter sans délai le territoire français à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen où il est légalement admissible et, d'autre part, l'a assigné à résidence dans le département du Var sur le territoire de la commune de Toulon pour une durée de quarante-cinq jours. M. D demande principalement l'annulation du premier de ces deux arrêtés, portant obligation de quitter sans délai le territoire français.

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le délai de départ volontaire () est le préfet de département ". Au cas présent, l'arrêté attaqué a été signé par Mme B C, directrice de cabinet du préfet du Var. Il résulte des dispositions des articles 2 et 3 de l'arrêté n° 2022/65/MCI du 26 décembre 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Var n° 239 du 27 décembre suivant, librement consultable sur le site internet de la préfecture et d'ailleurs visé par l'arrêté attaqué, que le préfet du Var a donné délégation de signature à M. Lucien Giudicelli, secrétaire général de la préfecture, sous-préfet de l'arrondissement de Toulon, afin de signer toutes décisions en matière de police des étrangers, et qu'en cas d'absence ou d'empêchement de M. E, cette délégation est exercée par Mme C. Il n'est pas utilement contesté que M. E était absent ou empêché à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, cet acte n'est pas entaché d'incompétence de son auteur.

3. En deuxième lieu, l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". En l'espèce, contrairement à ce qui est soutenu, l'article 1er de l'arrêté attaqué précise le pays de destination puisqu'il mentionne le pays dont l'intéressé a la nationalité, c'est-à-dire la Tunisie.

4. En troisième lieu, M. D soutient que le préfet du Var aurait commis une erreur d'appréciation en l'obligeant à quitter sans délai le territoire français en raison de l'absence de demande de délivrance d'un titre de séjour, alors qu'il avait formé une " pré-demande " par courriel à la préfecture du 1er mars 2023. Ce moyen est dépourvu de précisions suffisantes en droit pour permettre d'en apprécier le bien-fondé dès lors qu'il n'indique pas quelles dispositions législatives ou réglementaires auraient été méconnues. En tout état de cause, il n'est pas établi que le formulaire de dépôt d'un dossier de demande de titre de séjour figurant en pièce n° 4 de la requête aurait été déposé à la préfecture du Var antérieurement à la date de l'arrêté attaqué, dès lors que cette pièce ne mentionne pas d'adresse de destination. Ainsi, le moyen manque en fait.

5. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. D'abord, si M. D affirme être entré régulièrement en France le 11 novembre 2016, la seule production d'un visa de court séjour valable du 11 novembre 2016 au 22 novembre suivant ne suffit pas à justifier de la date à laquelle il est effectivement entré sur le territoire français. Dès lors, ni la date ni la régularité de cette entrée ne sont établies.

7. Ensuite, si M. D fait valoir sans être contredit qu'il s'est marié le 18 février 2023 avec une ressortissante française, cette union est très récente à la date de l'arrêté attaqué, qu'elle précède de seulement douze jours. Le requérant soutient que le mariage aurait dû être célébré deux ans plus tôt mais qu'il n'a pas pu l'être en raison des décisions de sursis puis d'opposition prises les 14 juin 2021, 14 juillet 2021 et 11 août 2021 par le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon. Toutefois, par un jugement du 19 mai 2022, ce dernier a jugé que ladite décision d'opposition n'était pas entachée de nullité et s'est borné à donner mainlevée de l'opposition pour l'avenir. De plus, M. D ne fournit aucune précision sur la communauté de vie avec son épouse antérieurement à la célébration du mariage.

8. En outre, le requérant ne produit aucune preuve d'intégration dans la société française. Au contraire, il s'est délibérément maintenu en France de façon irrégulière puisqu'il est constant qu'il n'a pas exécuté le précédent arrêté du 18 janvier 2018 par lequel le préfet du Var l'avait obligé à quitter sans délai le territoire français en assortissant cette obligation d'une interdiction de retour d'une durée d'un an. L'intéressé ne justifie pas non plus avoir déposé de demande de régularisation de sa situation, ainsi qu'il a été dit au point n° 4 ci-dessus.

9. Enfin, si M. D a déclaré avoir trois frères en France, il ne justifie ni de leur situation régulière ni de la réalité et de l'intensité des liens qu'il pourrait entretenir avec eux. Le requérant n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches en Tunisie où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de trente-deux ans et où résident, selon ses déclarations, sa mère et ses quatre autres frères et sœurs.

10. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le préfet du Var n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté litigieux a été pris.

11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, y compris ses conclusions accessoires tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.

Le magistrat désigné,

signé

F. CROS

La greffière,

signé

L. APARICIO

La République mande et ordonne au préfet du Var, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions