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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2300634

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2300634

vendredi 30 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2300634
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationAide sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme A, qui demandait l'annulation du refus de la CDAPH du Var de délivrer une carte mobilité inclusion (CMI) mention "stationnement" pour son enfant D B. Le tribunal a estimé, au vu des pièces du dossier, que l'état de santé de l'enfant ne remplissait pas les critères fixés par l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et l'arrêté du 3 janvier 2017, notamment en termes de réduction importante et durable de la capacité de déplacement à pied ou de nécessité d'accompagnement par une tierce personne. La solution retenue est donc le rejet de la demande d'annulation et de délivrance de la carte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 mars 2023, Mme C A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 5 janvier 2023 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) du Var a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre une décision de rejet de sa demande de carte mobilité inclusion (CMI) mention stationnement, pour son enfant D B, et de lui délivrer ladite carte.

Elle soutient que l'état de santé de son fils D nécessite que lui soit accordée la carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Par un mémoire en défense enregistré le 14 mai 2024, le département du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que D B ne remplit pas les critères pour l'obtention de la carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Doumergue a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1.Mme A, a sollicité pour le compte de son fils D B né le 2 février 2008, une carte mobilité inclusion (CMI) mention " stationnement pour personnes handicapées " auprès du président du conseil départemental du Var. Par décision du 7 mars 2022 cette demande a été rejetée. Le recours administratif préalable obligatoire présenté, le 5 décembre 2022, contre ce refus a été rejeté le 5 janvier 2023. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision du 5 janvier 2023 et l'octroi de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".

2.Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I. -La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () / La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / () / La mention " stationnement pour personnes handicapées " permet à son titulaire ou à la tierce personne l'accompagnant d'utiliser, à titre gratuit et sans limitation de la durée de stationnement, toutes les places de stationnement ouvertes au public. / () / V bis. - () Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge administratif lorsque la demande concerne la mention " stationnement " de la carte. (). ".

3.Aux termes de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles : " () IV. - Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté () définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur. ". Aux termes de l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou- la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; (). 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière. Concernant les enfants il convient de faire référence à un enfant du même âge sans déficience. S'agissant des personnes présentant une déficience sensorielle, l'accompagnement doit être nécessaire pour effectuer le déplacement lui-même et s'imposer par le risque d'une mise en danger () ".

4.Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.

5.Il résulte des dispositions précitées que l'obtention de la carte " mobilité inclusion ", portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", est subordonnée à la démonstration d'une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied, correspondant à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et pouvant se retrouver chez des personnes présentant, notamment, un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Tel est le cas lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou a systématiquement recours à une des aides mentionnées pour ses déplacements extérieurs. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d'annulation d'une décision lui refusant la délivrance d'une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " d'établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu'elle est atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.

6.Pour demander l'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement ", Mme A soutient que l'état de santé de son fils, D, qui a subi une greffe hépatique pour atrésie biliaire et s'est vu reconnaître un taux d'invalidité de 80%, justifie l'attribution de cette carte. Toutefois il résulte de l'instruction, et en particulier du certificat médical, établi le 12 mai 2020, que l'enfant est capable de se déplacer à l'extérieur sans difficulté et sans aucune aide. En outre, le département fait valoir sans être contesté que le certificat médical du 22 février 2022 constate la même situation. Si Mme A relève que le périmètre de marche de son fils n'a pas été évalué, elle n'apporte cependant aucune pièce médicale récente et circonstanciée certifiant que le périmètre de marche de son fils D serait inférieur à 200 mètres ou qu'il aurait recours systématiquement à une aide humaine ou technique pour tous ses déplacements à l'extérieur. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que les conditions fixées par les textes précités aux points 2 et 3 seraient remplies par l'enfant de Mme A pour permettre l'attribution de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ". Dès lors, en refusant de délivrer la carte sollicitée, le président du département du Var n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et de l'arrêté du 3 janvier 2017 rappelées ci-dessus. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation la décision du 5 janvier 2023, ni la délivrance, à la date du présent jugement, de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ". Par suite, la requête de Mme A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er: la requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au département du Var.

Copie en sera délivrée à la maison départementale des personnes handicapées du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

M. DOUMERGUELa greffière,

Signé

G. GUTH

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition

P/le greffier en chef,

La greffière

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