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Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2300771

vendredi 19 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2300771
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 mars 2023, et un mémoire complémentaire enregistré le 11 avril 2023, M. A B demande au tribunal :

1°) de prononcer " la restitution du chèque impayé, mentionnant payer afin de faire annuler [s]on interdiction bancaire (sic) " ;

2°) de prononcer " le versement de dommages et intérêts pour réparer [s]on préjudice (physique, moral) évalué à 150 000 euros " ainsi que le remboursement des frais de procédure conformément à l'article 700 du code de procédure civile.

Il soutient que :

- il a contesté en vain une dette fiscale auprès du conciliateur fiscal ;

- son véhicule a été volé et il n'a pu en obtenir le remboursement de la part de son assureur ;

- il a connu des problèmes financiers et personnels ;

- le Trésor public a voulu encaisser un chèque dont il savait pertinemment qu'il n'était pas approvisionné, ce qui a entrainé son interdiction bancaire ;

- ce dernier refuse de lever un gage sur un véhicule alors qu'il pourrait le vendre pour réduire ou solder la dette fiscale concernée ;

- l'administration a agi dans le seul but de lui nuire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ()".

Sur les conclusions aux fins de " restitution du chèque impayé " :

2. Il n'appartient pas au juge administratif, en dehors de l'hypothèse où il est saisi de conclusions en vue d'assurer l'exécution d'une décision de justice en application des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, ou lorsqu'il est saisi de demandes de mesures provisoires dans le cadre de procédures de référé, ou de la possibilité d'enjoindre à la personne publique de prendre les mesures de nature à mettre fin à un dommage qui perdure ou à en pallier les effets, de prononcer des injonctions à l'encontre de l'administration. Ces hypothèses ne sont pas en cause dans la présente espèce, M. B présentant des conclusions à fin d'injonction à titre principal, sans demander l'annulation d'une décision, implicite ou explicite, de l'administration. Par suite, ces conclusions sont manifestement irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées par application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions indemnitaires :

3. Les conclusions de M. B tendant au " versement de dommages et intérêts pour réparer [s]on préjudice (physique, moral) évalué à 150 000 euros " reposent sur une argumentation particulièrement absconse. Ainsi, et d'une part, en se bornant à invoquer un préjudice " physique et moral ", sans toutefois préciser la nature de ces derniers ni leurs modalités de chiffrage, et sans les appuyer d'aucune pièce justificative, M. B soumet au tribunal des moyens qui ne sont manifestement pas assortis de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, et d'autre part, il n'identifie pas précisément les fautes qui auraient été commises, en se bornant à invoquer l'intention de nuire de l'administration et sans se prévaloir de la violation d'aucun texte ni principe juridique. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. Il en résulte que la requête de M. B doit être rejetée par application des dispositions, précitées au point 1, des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées au titre des frais d'instance.

ORDONNE

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Toulon, le 19 avril 2024.

La présidente de la 4ème chambre,

Signé

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

N°2300771