vendredi 30 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2300893 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Aide sociale |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mars 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 février 2023 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) du Var a rejeté son recours préalable obligatoire contre la décision du 12 septembre 2022 refusant de lui attribuer la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées " ;
2°) de lui attribuer la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".
Elle soutient que son état de santé justifie que lui soit octroyée la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2024, le département du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que Mme A ne remplit pas les conditions d'attribution de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.Mme A a présenté le 12 septembre 2022 une demande d'attribution d'une carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées " auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui a été rejetée le 15 décembre 2022, selon les termes du courrier daté du 17 janvier 2023 dans lequel Mme A conteste ce refus. Ce recours a fait l'objet d'un rejet en date du 16 février 2023. Dans la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision de rejet du 16 février 2023 et l'attribution de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".
2.D'une part, aux termes du I de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " La carte " mobilité inclusion " destinées aux personnes physiques et délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacement ". Aux termes du IV de l'article R. 241-12-1 du même code : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limité du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ".
3.D'autre part, aux termes de l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : " 1° Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité () Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne à un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : -une aide humaine ; -une prothèse de membre inférieur ;-une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; -un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficultés le fauteuil ; -ou la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ; 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personnes dans leurs déplacements Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière () S'agissant des personnes présentant une déficience sensorielle, l'accompagnement doit être nécessaire pour effectuer le déplacement lui-même et s'imposer par le risque d'une mise en danger. Cette condition n'est habituellement pas remplie pour une personne qui présente une déficience auditive isolée () ".
4.Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées " sur la carte mobilité inclusion prévue à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles dans sa rédaction actuellement en vigueur, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si l'octroi d'une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit attribuée la mention " stationnement pour personnes handicapées " sur la carte " mobilité inclusion ".
5.Il résulte de l'instruction que Mme A, née en septembre 1953, est atteinte de spondylarthrite ankylosante, d'hypertension artérielle et de troubles du rythme cardiaque qui réduisent significativement son autonomie et rendent la station debout pénible. Si le certificat médical produit à l'attention de la MDPH le 12 septembre 2022, indique une perspective d'évolution de ses pathologies dans le sens d'une aggravation, sans mentionner de limitation de périmètre de marche, le certificat daté du 14 mars 2023, établi par le même médecin, indique en revanche que le périmètre de marche de Mme A est de 30 mètres. Au vu de cette pièce médicale, qui n'a fait l'objet d'aucune observation en défense, Mme A est fondée à soutenir qu'elle remplit les conditions fixées par les dispositions précitées au point 3, pour l'attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ". Par suite, la décision du 16 février 2023 est annulée et le département du Var délivrera à Mme A une carte CMI " stationnement " pour une durée de deux ans, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 16 février 2023 est annulée.
Article 2 : Le président du conseil départemental du Var délivrera à Mme A une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", pour une durée de deux ans, dans un délai de deux mois, à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et au département du Var.
Copie en sera délivrée à la maison départementale des personnes handicapées du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
M. C La greffière,
Signé
G. GUTH
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition
P/le greffier en chef,
La greffière
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