vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2300907 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARZOUGUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 mars 2023 et le 14 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Marzougui, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 10 janvier 2023 par laquelle le maire de la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume n'a pas renouvelé son contrat de travail arrivant à son terme le 28 février 2023 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume de réexaminer sa demande de renouvellement de contrat, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de condamner la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume à lui payer la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, assortie des intérêts au taux légal capitalisés chaque année à la date anniversaire du présent jugement ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume une somme de 2 000 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle n'a pas été précédée d'un entretien préalable ;
- elle ne précise aucun motif justifiant le non-renouvellement ;
- son contrat doit être requalifié à durée déterminée en ce qu'il a occupé un emploi permanent depuis plus de 3 années.
Par des mémoires en défense enregistrés le 18 septembre 2023 et le 22 février 2024, la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, représentée par Me Besson, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 10 janvier 2023 sont irrecevables en ce qu'elles sont tardives puisque le requérant a été informé des voies et délai de recours de cette décision par la communication du premier mémoire en défense le 18 septembre 2023 et n'a demandé l'annulation de ladite décision que lors de son mémoire enregistré le
14 décembre 2023 ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en ce qu'elles n'ont pas été précédées d'une demande lui ayant été adressée en ce sens ;
- le moyen de légalité externe tiré de l'absence d'entretien préalable est irrecevable en ce qu'il a été invoqué pour la première fois le 14 décembre 2023, soit au-delà du délai de recours ;
- les autres moyens soulevés sont infondés.
Par courrier du 18 septembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction était susceptible d'être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1.
Par une ordonnance du 21 février 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée à effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 mars 2024, en l'absence des parties :
- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a exercé au sein de la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume en tant qu'agent d'entretien par 2 contrats de travail " unique d'insertion " et 4 contrats de travail " parcours emploi compétence " du 5 avril 2017 au 4 octobre 2021, puis par 4 contrats à durée déterminée du 5 octobre 2021 au 28 février 2023. Par courrier du 10 janvier 2023, le maire de la commune l'a informé qu'au terme de son dernier contrat de travail à durée déterminée, le 28 février 2023, ce dernier ne fera pas l'objet d'un renouvellement. Par sa requête, M. A demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de non-renouvellement du contrat à durée déterminée :
En ce qui concerne l'irrecevabilité du moyen tiré du vice de procédure :
2. Après l'expiration du délai de recours contre un acte administratif, sont irrecevables, sauf s'ils sont d'ordre public, les moyens présentés par le requérant qui ne se rattachent pas à l'une ou l'autre des deux causes juridiques, tirées de la régularité de la décision attaquée et de son bien-fondé, invoquée dans la requête avant l'expiration de ce délai. Ce délai de recours doit être regardé comme commençant à courir soit à compter de la publication ou de la notification complète et régulière de l'acte attaqué soit, au plus tard, à compter, pour ce qui concerne un requérant donné, de l'introduction de son recours contentieux contre cet acte.
3. Il ressort des pièces du dossier que dans sa requête enregistrée le 23 mars 2023, M. A n'invoque aucun moyen de légalité externe, de sorte qu'en soutenant pour la première fois, dans son mémoire enregistré le 14 décembre 2023, un moyen tiré du vice de procédure de la décision en ce qu'elle aurait dû être précédée d'un entretien, ce dernier doit être écarté comme étant irrecevable.
En ce qui concerne le motif du non-renouvellement :
4. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses, si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent, que pour un motif tiré de l'intérêt du service.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été recruté par la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume par un premier contrat d'une durée déterminée de 6 mois le
24 septembre 2021, lequel a été renouvelé 3 fois jusqu'au 28 février 2023, soit pour une durée totale d'environ une année, 10 mois et 3 semaines.
6. D'une part, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait occupé un emploi permanent, ses premiers contrats, de droit privé, ayant été conclus afin qu'il acquiert des compétences et une expérience suffisante pour permettre son insertion professionnelle. Il s'ensuit que le moyen tiré de la requalification de ses contrats successifs en contrat à durée indéterminée doit être écarté.
7. D'autre part, si le requérant soutient que la décision de non-renouvellement n'est pas justifiée, la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume fait valoir que ladite décision se justifie par une réorganisation du service inhérente à la perte de la compétence de gestion de l'eau potable et de l'assainissement collectif des eaux usées par la commune au profit de la communauté d'agglomération Provence verte. Par suite, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume a décidé de ne pas renouveler le contrat à durée déterminée de M. A.
8. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 10 janvier 2023 en litige. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
9. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume a pu légalement décider du non-renouvellement du contrat à durée déterminée de M. A. Il s'ensuit que ce dernier n'est pas fondé à demander la réparation de son préjudice moral qu'il estime avoir subi du fait de la décision en litige.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser les frais d'instance non compris dans les dépens à la charge de chacune des parties.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
B. Quaglierini
Le président,
Signé
J.-F. Sauton
La greffière,
Signé
B. Ballestracci
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026