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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2300956

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2300956

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2300956
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantBIDAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mars 2023 et des mémoires enregistrés le 4 juillet 2023, le 12 et le 18 septembre 2023 et le 15 octobre 2023, la SCI Sucabrun agissant par son représentant légal, M. A B, et M. C D, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2022 par lequel le maire de Toulon ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 24 octobre 2022 par la société de téléphonie mobile SFR en vue de l'implantation d'antennes de téléphonie sur un terrain cadastré 137 BL 91, situé chemin du Cap Brun sur le territoire de la commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Toulon une somme de 1 380 euros à leur verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur intérêt pour agir ne fait aucun doute ;

- le projet dépasse la hauteur maximale des constructions prévue par l'article UE 10

du règlement du PLU ; il ressort du dossier de demande que la hauteur prévue est, en réalité,

de 13,20 mètres ;

- la construction relève du permis de construire dès lors que par ses caractéristiques elle ne figure pas parmi les constructions dispensées de toute formalités ni de celles relevant de la déclaration préalable ;

- il n'est pas établi que la construction relèverait du régime des CINASPIC et, en conséquence, elle devrait respecter les règles d'implantation par rapport aux limites séparatives telles qu'elles résultent de l'article UE7, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ;

- la sécurité incendie n'est pas assurée alors qu'il existe une grande concentration d'antennes alimentées par l'électricité et qu'en février 2021, un incendie s'était déclaré dans le bâtiment de Manderley, inoccupé ;

- le PLU interdit dans cette zone les constructions industrielles ; or, c'est bien la vocation qui a été donnée subrepticement au terrain d'assiette du projet, en contradiction avec l'article UE 2 du PLU ;

- le dossier de demande est erroné et masque l'effet de saturation visuelle que provoquera le projet, de sorte que le service ne pouvait apprécier réellement son insertion dans le site.

Par des mémoires en défense enregistrés le 29 juin 2023, le 5 septembre 2023 et

le 16 octobre 2023, la société SFR représentée par l'AARPI Novlaw Avocats par Me Bidault, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants une somme

de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les conclusions ne sont pas recevables et que les moyens soulevés par

la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense enregistrés le 30 août 2023 et le 27 septembre 2023,

la commune de Toulon agissant par son maire en exercice représentée par la SELARL Imavocats par Me Parisi, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 30 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 novembre 2023 à 12 heures, par application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bonmati ;

- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;

- et les observations de MM. B et D, requérants, de Me Parisi pour la commune de Toulon et de Me de Saint-Basile pour la société SFR.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, la SCI Sucabrun et M. D demandent l'annulation de l'arrêté du 13 décembre 2022 par lequel le maire de Toulon ne s'est pas opposé à la déclaration préalable, déposée le 24 octobre 2022 par la société de téléphonie mobile SFR en vue de l'implantation d'antennes de téléphonie, sur un terrain cadastré 137 BL 91 situé chemin du Cap Brun, en zone UE du PLU, sur le territoire de la commune.

2. En premier lieu, il ressort du dossier de déclaration préalable que le projet consiste en l'implantation d'un pylône arbre d'une hauteur de 12 mètres comportant deux antennes et deux modules radio, reposant sur un massif végétalisé de 6,5 m² supportant, outre le pylône, un autre module radio, une armoire technique et deux coffrets " AMOD " et fermé par une clôture de 2 m de hauteur avec portillon. Ainsi, en vertu de l'article R. 421-9 j) du code de l'urbanisme,

cette construction était soumise à déclaration préalable et non, comme le soutiennent les requérants, à permis de construire. Par ailleurs, au vu des documents produits à l'appui de la déclaration, qui ne sont entachés d'aucune erreur ou omission, volontaire ou non, notamment au regard des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, les services instructeurs, à qui il était en outre loisible de visualiser les lieux au moyen des données librement accessibles sur les sites internet tels que géoportail, étaient en mesure de se prononcer sur cette demande en toute connaissance de cause.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2.3 des dispositions générales du PLU de Toulon : " 2.3.1. Antennes de radiotéléphonie et équipements afférents // De manière générale, leur implantation sera à privilégier sur les toitures terrasses. /• Les antennes de radiotéléphonie/ Leur nombre et leurs dimensions seront limités en fonction du contexte. a) Sur toitures terrasses / La distance du nu des façades à l'antenne sera au moins égale à la moitié de la hauteur de l'antenne (mât compris) par rapport au-dessus de l'acrotère. Toutefois une distance inférieure pourra être acceptée sous réserve que l'antenne soit intégrée à des éléments techniques ou architecturaux existants permettant de limiter l'impact visuel dans le paysage et l'environnement. b) Sur toitures à pentes / Par exception il pourra être étudié l'implantation d'antennes de radiotéléphonie. Leur impact visuel dans le paysage et l'environnement sera apprécié en tenant compte des émergences existantes (tourelles, souches).c) Autres cas / Leur implantation sera étudiée afin d'assurer leur intégration dans l'environnement bâti et non bâti. Aux termes de l'article UE 2 : " Sont autorisées les lignes et ouvrages de télécommunication ainsi que les installations de distribution d'énergie électrique, sous réserve qu'elles soient enterrées ou intégrées à une construction. ".

4. Il résulte de ces dispositions que les antennes relais de téléphonie mobile ont

le caractère, non pas de constructions destinées à l'industrie, mais d'ouvrages

de télécommunications, auxquels l'article UE2 précité du règlement du PLU n'impose aucunement,

à la différence des installations de distribution d'énergie, qu'ils soient enterrés ou intégrés

à une construction. Il résulte également de ces dispositions que, dès lors qu'elle est autorisée à l'intérieur d'une zone, la construction de ces ouvrages, soumis à des contraintes particulières d'ordre technique, notamment de hauteur, doit répondre aux règles posées par les dispositions générales du PLU, communes à l'ensemble des zones et n'est tenue par les règles posées par

les dispositions spécifiques à la zone que pour autant qu'elles les mentionnent explicitement.

Il s'ensuit que, en les admettant recevables comme présentés antérieurement à la cristallisation résultant de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, les moyens invoqués par les requérants tirés de la méconnaissance des articles UE4, UE7, UE10 et UE11 du PLU doivent, en tout état de cause, être écartés comme inopérants.

5. En troisième lieu, il ressort également des pièces du dossier de déclaration préalable, notamment des documents photographiques et photo-montages qui y figurent, que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le projet, implanté sur une parcelle comportant déjà des antennes relais, a été conçu sous la forme d'un pylône arbre intégrant les coffrets et armoires techniques de sorte à en minimiser l'impact, limitant ainsi le plus possible l'effet de " saturation visuelle " dont ils se plaignent. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que ce projet méconnaîtrait les dispositions précitées de l'article 2.3 des dispositions générales du PLU, en ce qu'elles prescrivent une intégration du projet dans l'environnement bâti et non bâti, n'est pas fondé.

6. Si les requérants soutiennent enfin qu'aucune mesure n'aurait été prise pour pallier

le risque d'incendie en faisant valoir que le terrain d'assiette se situe à proximité immédiate

d'un espace boisé et d'un établissement pour personnes âgées désaffecté " Le Manderley "

lui-même victime d'un tel incendie, ces circonstances, qui ne s'appuient sur aucun élément propre au projet en litige, compte tenu notamment de sa nature particulière, n'établissent pas par eux-mêmes l'existence d'un risque avéré susceptible de justifier l'édiction de prescriptions spécifiques en matière de sécurité incendie.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la présente requête doit être rejetée.

Sur les frais relatifs au litige :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI Sucabrun et de M. D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Toulon et de la société SFR tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à la SCI Sucabrun et M. C D, à la société SFR et à la commune de Toulon.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

Mme Martin, conseillère

Mme Bonmati, magistrate honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

La rapporteure,

signé

D. BonmatiLe président,

signé

J.F. Sauton

Le greffier,

signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

N°2300956

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