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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2301073

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2301073

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2301073
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantLADOUCE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 avril 2023, Mme D A et M. C B, représentés par la SELARL Fourmeaux Lambert Associés, par Me Fourmeaux, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2022 par lequel le maire de Saint-Raphaël a délivré à la SARL CB Consulting un permis de construire et de démolir en vue de la démolition d'une maison et ses annexes et de la construction d'un immeuble collectif de 10 logements avec stationnements en sous-sol, sur un terrain cadastré AM n°1143 situé avenue Théodore Rivière, sur le territoire de cette commune, ensemble la décision implicite portant rejet du recours gracieux qu'ils ont formé le 26 décembre 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Raphaël une somme de 2 000 euros à leur verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- voisins immédiats du projet qui va créer des vues directes sur leur propriété, ils ont un intérêt certain pour contester le permis de construire en litige ;

- le projet, par le parti architectural choisi, méconnaît l'article DG 14.5 du PLU et les dispositions de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît l'article UC7 du PLU : l'accès nécessite une servitude de passage et de tréfonds dont l'existence n'est pas justifiée, ce que le pétitionnaire reconnaît lui-même ;

- le projet méconnaît l'article UC 3.3 du PLU en ce que le local à containers d'ordures ménagères est implanté à 9 m de l'alignement de la voie.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2023, la commune de Saint-Raphaël, agissant par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2023, la SARL CB Consulting, agissant par son gérant et représentée par Me Ladouce, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 2 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée à cette même date, par application des articles R.611-11 et R.613-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bonmati ;

- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Marino substituant Me Ladouce représentant la SARL CB Consulting.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme A et M. B demandent l'annulation de l'arrêté du

25 octobre 2022 par lequel le maire de Saint-Raphaël a délivré à la SARL CB Consulting un permis de construire et de démolir en vue de la démolition d'une maison et ses annexes et de la construction d'un immeuble collectif de 10 logements avec stationnements en sous-sol, sur un terrain cadastré AM n°1143, situé avenue Théodore Rivière, sur le territoire de cette commune, ensemble de la décision implicite portant rejet du recours gracieux qu'ils ont formé le 26 décembre 2022.

2. Aux termes de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. " et aux termes de l'article 14.5 des dispositions générales du PLU de Saint-Raphaël : " 5. Modalités d'application des règles des articles 4-1 relatives à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère // Les constructions nouvelles, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".

3. Les requérants soutiennent, par une appréciation qui leur est propre, que le parti architectural choisi par la pétitionnaire serait " de qualité médiocre ", d'une esthétique peu harmonieuse et ne respectant pas l'exigence de qualité des matériaux mis en œuvre. Il ressort toutefois de l'examen des pièces du dossier que, ni l'apparence générale ni le parti architectural ni le choix des matériaux du projet tel qu'il a été autorisé ne révèlent une erreur manifeste d'appréciation au regard des lieux avoisinants, lesquels correspondent à une zone urbaine pavillonnaire ou de petits collectifs, ne possédant ni unité architecturale significative, ni caractère particulier, ni aucun intérêt précisément défini.

4. Aux termes de l'article UC7 du règlement du PLU de Saint-Raphaël : " Desserte par les voies publiques ou privées // 7.1 - Accès - pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisin ou éventuellement obtenu en application de l'article 682 du Code Civil. ". Les requérants soutiennent que, pour que la parcelle d'assiette soit constructible, son accès nécessite une servitude de passage et de tréfonds dont le pétitionnaire reconnaît lui-même qu'il ne la possède pas.

5. Le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, l'autorité compétente et, en cas de recours, le juge administratif, doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte des constructions, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, dont il ne leur appartient, en revanche, pas d'apprécier la régularité ou la validité.

6. En l'espèce, il ressort du dossier que l'accès à la parcelle d'assiette du projet doit se faire au moyen d'une servitude sur la parcelle cadastrée AM 1153 appartenant à la copropriété " Closerie de Valescure ", laquelle a recueilli l'accord de ladite copropriété aux termes d'un procès-verbal d'assemblée générale extraordinaire du 23 février 2022, produit au dossier. Il s'ensuit que, contrairement à ce qui est soutenu, la société pétitionnaire est en mesure de justifier, même s'il n'a pas encore été entériné par acte notarié, de l'existence d'un titre lui conférant un droit de passage propre à garantir la conformité de la desserte du terrain d'assiette aux dispositions précitées de l'article UC7 du règlement du PLU et, partant, sa constructibilité.

7. Aux termes de l'article UC 3.3 du règlement du PLU " c) Les locaux à conteneurs peuvent être implantés à l'alignement de la voie. Lorsque la configuration du terrain le permettra, le local peut également être implanté jusqu'à 2 mètres en retrait de l'alignement de manière à permettre le stationnement provisoire du camion de ramassage. ". Les requérants soutiennent qu'en autorisant une implantation des containers d'ordures ménagères à 9 m de l'alignement de l'avenue Théodore Rivière, le permis de construire méconnaîtrait ces dispositions. Toutefois, il résulte des termes des dispositions précitées que l'implantation des conteneurs d'ordures ménagères à l'alignement de la voie ne constitue qu'une faculté offerte aux pétitionnaires et que l'implantation à deux mètres en retrait de l'alignement est destinée à permettre le stationnement provisoire du camion de ramassage. En l'espèce, il ressort du dossier que l'implantation du local à conteneurs, à bon droit calculée, en application de l'article UC3.4 e) du règlement du PLU, à partir des limites séparatives lesquelles se trouvent à l'alignement, non pas de l'avenue Théodore Rivière mais de la voie privée constituant l'accès direct au terrain, se situe à deux mètres en retrait de cet alignement. Il s'ensuit que, à le supposer opérant, le moyen invoqué, tiré de la méconnaissance de l'article UC 3.3 du règlement du PLU doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur sa recevabilité, la requête de Mme A et M. B doit être rejetée.

Sur les frais relatifs au litige :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de Mme A et M. B, une somme de 2 000 euros à verser à la SARL CB Consulting sur le fondement de ces dispositions et de rejeter les conclusions présentées sur le même fondement par les requérants qui sont parties perdantes à la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A et M. B est rejetée.

Article 2 : Mme A et M. B verseront à la SARL CB Consulting une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme D A et M. C B, à la commune de Saint-Raphaël et à la SARL CB Consulting.

Délibéré après l'audience du 12 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Doumergue, présidente,

M. Quaglierini, premier conseiller,

Mme Bonmati, magistrate honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.

La rapporteure,

signé

D. Bonmati

La présidente,

signé

M. Doumergue

Le greffier,

signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

Le greffier.

N°2301073

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