mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2301174 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BRL - BAUDUCCO ROTA LHOTELLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 avril et 7 août 2023 ainsi qu'un mémoire récapitulatif produit en application des dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative et enregistré le 26 janvier 2024, l'association syndicale libre (ASL) du lotissement Le Petit Nice, représenté par Me Wathle, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Brignoles a délivré le permis d'aménager n° PA 083 023 22 O0007 en vue de la création du lotissement Le Petit Nice par la division en seize lots des parcelles cadastrées section BE n° 475 et 478, sises Les Bréguières à Brignoles (83170), ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Brignoles une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle n'est pas tardive et qu'elle a intérêt à agir ;
- l'arrêté contesté méconnaît les dispositions des articles R. 432-1 et R. 441-1 du code de l'urbanisme en l'absence d'autorisation pour l'usage de la voirie et de la pompe de refoulement qui sont la propriété de l'ASL du lotissement Le Petit Nice ;
- il méconnaît les dispositions des articles R. 441-3 et R. 441-4 du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de permis d'aménager ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet dans l'environnement ;
- il méconnaît les dispositions des articles R. 111-2 et R. 111-55 du code de l'urbanisme dès lors qu'il porte atteinte à la sécurité publique en l'absence de système de traitement des eaux usées et que les caractéristiques de la voie privée sont insuffisantes pour assurer l'accès au projet ;
- il méconnaît les dispositions des articles R. 441-6, R. 431-10 et R. 442-5 du code de l'urbanisme dès lors que les pièces du dossier ne permettent pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement proche ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 442-7 du code de l'urbanisme en l'absence d'attestation de l'aménageur à constituer une association syndicale libre des acquéreurs des lots ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Brignoles relatives à l'accès et la desserte du projet ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 4 du PLU relatives aux réseaux d'évacuation des eaux et d'électricité ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 6 du PLU relatives à l'alignement par rapport aux voies et emprises publiques ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 12 du PLU relatives aux stationnements ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme relatives à la préservation du cadre environnemental.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 13 juin et 5 octobre 2023, la commune de Brignoles, représentée par Me Reghin, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle oppose, à titre principal deux fins de non-recevoir tirées du défaut de qualité pour agir et du défaut de notifications conformes aux dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et fait valoir, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Immo du Regaye, représentée par Me Lhotellier, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et demande, à titre subsidiaire, qu'il soit sursis à statuer sur le fondement de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme, à titre infiniment subsidiaire, que soit prononcée une annulation partielle en application de l'article L. 600-5 du même code et, en tout état de cause, que soit mise à la charge de la requérante la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle oppose des fins de non-recevoir tirées du défaut de capacité pour agir en justice et d'intérêt à agir et fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La requête et les mémoires ont été communiqués à M. B A qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Brignoles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juin 2024 :
- le rapport de Mme Le Gars ;
- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;
- les observations de Me Wathle représentant l'ASL du lotissement Le Petit Nice ;
- et les observations de Me Gonzales-Lopez, substituant Me Reghin, pour la commune de Brignoles.
Une note en délibéré enregistrée le 12 juin 2024, a été présentée par Me Wathle pour l'ASL Le petit Nice.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 juin 2022, la SAS Immo du Regaye a déposé en mairie de Brignoles une demande de permis d'aménager en vue de la division en seize lots des parcelles cadastrées section BE
n° 475 et 478 d'une surface de 7 738 mètres carrés et l'aménagement du lotissement Le Petit Nice à Les Bréguières. Par un arrêté du 25 novembre 2022, le maire de Brignoles a délivré le permis d'aménager sollicité. Par un courrier 23 janvier 2023, l'ASL du lotissement précité a formé un recours gracieux. L'ASL du lotissement Le Petit Nice demande l'annulation de cet arrêté ainsi que celle de la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme : " Une association n'est recevable à agir contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation des sols que si le dépôt des statuts de l'association en préfecture est intervenu au moins un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ". D'autre part, l'article 2 de l'ordonnance du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires dispose que : " Les associations syndicales de propriétaires sont libres, autorisées ou constituées d'office. / Les associations syndicales libres sont des personnes morales de droit privé régies par les dispositions du titre II de la présente ordonnance. () ". Aux termes de l'article 5 de cette ordonnance : " Les associations syndicales de propriétaires peuvent agir en justice, acquérir, vendre, échanger, transiger, emprunter et hypothéquer sous réserve de l'accomplissement des formalités de publicité prévues selon le cas aux articles 8, 15 ou 43 ". Aux termes de l'article 8 de cette même ordonnance : " () La déclaration de l'association syndicale libre est faite à la préfecture du département ou à la sous-préfecture de l'arrondissement où l'association a prévu d'avoir son siège. Deux exemplaires des statuts sont joints à la déclaration. Il est donné récépissé de celle-ci dans un délai de cinq jours. Un extrait des statuts doit, dans un délai d'un mois à compter de la date de délivrance du récépissé, être publié au Journal officiel (). ". Le deuxième alinéa du I de l'article 60 de cette ordonnance a imposé la mise en conformité des statuts des associations syndicales de propriétaires dans un délai de deux ans à compter de la publication du décret en Conseil d'Etat prévu à l'article 62, intervenue le 5 mai 2006.
3. En l'espèce, la commune de Brignoles fait valoir que l'ASL Le Petit Nice n'apporte pas la preuve de la publication de ses statuts modifiés au Journal officiel de la République française. Si la requérante verse à l'instance une copie des statuts mis en conformité en application de l'ordonnance du 1er juillet 2004 ainsi qu'un récépissé du dépôt de sa demande de publication au Journal officiel de ses statuts modifiés, il ressort en revanche des termes de ce récépissé que la modification porte sur l'adresse du siège social de l'association requérante et non sur la mise en conformité en application de l'ordonnance du 1er juillet 2004. En outre, il ne ressort d'aucune autre pièce du dossier qu'un extrait des statuts mis en conformité de l'ASL requérante aurait été publié au Journal officiel en dépit de la fin de non-recevoir opposée sur ce point, production qui aurait pu intervenir jusqu'à la clôture d'instruction le 8 mars 2023. Dans ces conditions et alors que le juge n'est tenu ni de pallier, par ses propres recherches, aux carences de la requérante, ni de rouvrir l'instruction au vu de pièces que celle-ci pouvait produire avant clôture, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de l'absence de capacité de l'ASL lotissement Le Petit Nice à agir en justice doit être accueillie.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres fins de non-recevoir opposées en défense, que l'ASL lotissement Le Petit Nice n'est pas recevable à demander l'annulation de l'arrêté du 25 novembre 2022 ni, par voie de conséquence, de la décision rejetant implicitement son recours gracieux.
Sur les frais d'instance :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'une ou l'autre des parties, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les frais qu'elles ont engagés dans le cadre de la présente instance.
DECIDE
Article 1er : La requête de l'ASL Le Petit Nice est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Brignoles et la société Immo du Regaye sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association syndicale libre du lotissement Le Petit Nice, à la commune de Brignoles, à la société par actions simplifiée Immo du Regaye et à M. B A.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
La présidente,
Signé :
M. BERNABEU La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026