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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2301256

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2301256

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2301256
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationAide sociale

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 avril 2023, Mme D B et M. E A doivent être regardés comme demandant au tribunal, pour le compte de leur fils C A B :

1°) d'annuler la décision du 2 mars 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Var a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire formé à l'encontre de la décision du 1er décembre 2022 refusant de leur attribuer la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées " ;

2°) l'attribution de la carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Ils soutiennent que l'état de santé de leur fils, C, justifie que leur soit octroyée la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 avril 2024, le département du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que M. C A B ne remplit pas les conditions d'attribution de la carte mobilité inclusion mention " stationnement " prévues par les textes.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme F.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A et Mme B ont sollicité, le 13 juin 2022, pour le compte de leur fils C A B, né le 13 octobre 2015, la délivrance d'une carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ". Par une décision du 2 mars 2023, le président du conseil départemental du Var a rejeté leur recours préalable obligatoire formé à l'encontre de la décision du 13 juin 2022 leur refusant l'octroi de cette carte. Par la présente requête, M. A et Mme B doivent être regardés comme demandant l'annulation de la décision du 2 mars 2023 et l'attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

2. D'une part, aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La carte " mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / () ". Le IV de l'article R. 241-12-1 du même code dispose que : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ".

3. D'autre part, selon l'annexe de l'arrêté ministériel du 3 janvier 2017 visé ci-dessus, pris pour l'application de ces dispositions : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / [a] - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou ; / [b] - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : / - une aide humaine ; / - une prothèse de membre inférieur ; / - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; / - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou / [c] - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : / Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. / La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière. / Concernant les enfants, il convient de faire référence à un enfant du même âge sans déficience. / (). 3. Dispositions communes : / La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la carte de stationnement pour personnes handicapées. () ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées " sur la carte mobilité inclusion prévue à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles dans sa rédaction actuellement en vigueur, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si l'octroi d'une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit attribuée la mention " stationnement pour personnes handicapées " sur la carte " mobilité inclusion ".

5. Pour établir que leur fils mineur, C, âgé de 8 ans à la date du jugement, remplit les conditions précitées, M. A et Mme B soutiennent qu'il ne peut rester longtemps dans un lieu sans se mettre en danger à cause de son hyperactivité. Le certificat médical établi le 3 juin 2022 et joint à la demande auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) fait état pour l'enfant concerné d'un trouble neurodéveloppemental non spécifié ainsi que d'une forte suspicion de trouble du spectre de l'autisme sans déficience intellectuelle. Toutefois, il n'est pas mentionné dans ce certificat, ni dans aucune pièce du dossier, que cet enfant aurait un périmètre de marche inférieur à 200 mètres, ni qu'il aurait systématiquement besoin d'une aide humaine pour ses déplacements extérieurs, sachant qu'en raison de son jeune âge, l'enfant doit être nécessairement accompagné dans ses déplacements par une tierce personne. Les soins médicaux que requiert l'état de santé de C et les déplacements qu'ils occasionnent pour sa mère, pour contraignants qu'ils soient, ne font pas partie des critères d'éligibilité prévus par les dispositions précitées aux points 2 et 3 du présent jugement. Par suite, en refusant de délivrer à M. A et à Mme B, au bénéfice de leur fils, une carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ", le président du conseil départemental du Var n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées.

6. Il résulte de ce qui précède que M. A et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 2 mars 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Var a rejeté leur recours préalable obligatoire formé à l'encontre de la décision du 1er décembre 2022 leur refusant l'octroi de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ", ni la délivrance de cette carte, au jour du présent jugement. Par suite, l'ensemble des conclusions de leur requête doit être rejeté.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. A et de Mme B est rejetée.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à M. E A et au département du Var.

Copie en sera délivrée à la maison départementale des personnes handicapées du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

La présidente-rapporteure, La greffière,

SignéSigné

M. FG

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/ la Greffière en chef,

La greffière,

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