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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2301258

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2301258

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2301258
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationAide sociale

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 avril 2023 M. A D, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 31 mars 2023 par laquelle le directeur de l'agence Pôle emploi Golfe de Saint-Tropez a rejeté sa demande d'inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 18 janvier 2023 ;

2°) d'enjoindre au directeur régional de Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur de l'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 18 janvier 2023.

Il soutient que c'est à tort que sa demande a été rejetée car son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi au 28 mars 2023 s'explique par le fait de n'avoir été informé de son licenciement que tardivement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, France Travail Provence-Alpes-Côte d'Azur, représentée par son directeur général, M. C B, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le requérant n'est pas fondé à solliciter son inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi ;

- les conclusions tendant au versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative ;

La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Doumergue.

La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1.Le 28 mars 2023, M. D a présenté une demande d'inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 18 janvier 2023. Par une décision du 31 mars 2023, le directeur de l'agence Pôle emploi Golfe de Saint-Tropez a rejeté cette demande. M. D demande l'annulation de cette décision.

Sur l'exception d'incompétence opposée par France Travail :

2.Contrairement à ce qu'oppose France Travail, M. D n'a pas demandé au tribunal le versement de l'allocation de retour à l'emploi, qui relève effectivement de la compétence du juge judiciaire, mais seulement l'inscription rétroactive en qualité de demandeur d'emploi, relevant de la compétence de la juridiction administrative. Par suite, l'exception d'incompétence doit être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 5411-1 du code du travail alors en vigueur : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de Pôle emploi ". L'article R. 5411-2 de ce code prévoit en outre que : " L'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi est faite par voie électronique auprès de Pôle emploi. Le travailleur recherchant un emploi qui demande son inscription déclare sa domiciliation et transmet les informations permettant de procéder à son identification. A défaut de parvenir à s'inscrire lui-même par voie électronique, le travailleur recherchant un emploi peut procéder à cette inscription dans les services de Pôle emploi, également par voie électronique, et bénéficier le cas échéant de l'assistance du personnel de Pôle emploi. Les modalités d'application du présent article sont déterminées par un arrêté du ministre chargé de l'emploi ".

4. Les dispositions du code du travail qui soumettent le travailleur inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par Pôle emploi, devenu France Travail, à des obligations telles que, notamment, le renouvellement de la demande d'inscription, l'acceptation d'emploi ou d'action de formation proposés, ou la réponse à des convocations, font, en principe, obstacle à ce que cette inscription ait un caractère rétroactif, la qualité de demandeur d'emploi n'étant acquise qu'à la date de la présentation d'une demande d'inscription.

5.Pour contester la décision du 31 octobre 2023 par laquelle le directeur de l'agence Pôle emploi du Golfe de Saint-Tropez a rejeté sa demande tendant à son inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 18 janvier 2023, M. D soutient que si son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi n'a été faite que le 28 mars 2023, la raison en est qu'il n'a appris que tardivement son licenciement, intervenu le 17 janvier 2023, du fait des congés de son précédent employeur et de ses propres congés. Toutefois, il résulte de l'instruction, que M. D a reçu, le 20 janvier 2023, un courrier recommandé de son employeur, qui l'informait de son licenciement. Il aurait donc pu demander son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi dès le 20 janvier 2023. En toute hypothèse, c'est par une exacte application des dispositions précitées du code du travail que Pôle emploi a refusé le 31 mars 2023 de l'inscrire rétroactivement sur la liste des demandeurs d'emploi.

6. Il résulte de ce qui précède que, les conclusions à fin d'annulation de M. D doivent être rejetées. Par voie de conséquence doivent également être rejetées ses conclusions à fin d'injonction.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie de la présente décision sera adressée à France Travail Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.

La présidente-rapporteure

Signé

M. Doumergue

La greffière,

Signé

G. Bodiger

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

P/ le Greffier en chef,

La greffière,

N°2301258

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