vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2301772 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Aide sociale |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 juin 2023 et le 25 juillet 2024, Mme C D et M. B D, représentés par Me Fabian, agissant pour le compte de leur fils A, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Var en date du 2 mars 2023 portant rejet de la demande de renouvellement de la carte mobilité inclusion (CMI) mention " stationnement pour personnes handicapées " ;
2°) d'annuler la décision du 27 avril 2023 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) du Var a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire formé contre une décision de rejet de leur demande de renouvellement de la carte mobilité inclusion (CMI) mention " stationnement pour personnes handicapées " ;
3°) d'enjoindre à la MDPH du Var d'accorder ladite carte à leur enfant, A D ;
4°) de mettre à la charge de la MDPH du Var la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que l'état de santé A justifie que lui soit à nouveau attribuée la carte mobilité inclusion (CMI) mention " stationnement pour personnes handicapées ".
Par un courrier du 21 juin 2024 le département du Var a été mis en demeure de produire un mémoire.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 19 juillet 2024 et le 3 septembre 2024, le département du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que, au regard de l'évolution favorable de l'état de santé A D, les conditions prévues par les textes pour l'attribution d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " ne sont plus remplies.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
-le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Doumergue et les observations de Me Fabian pour M. et Mme D.
La clôture de l'instruction a été prononcée après les observations de Me Fabian à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.M. et Mme D sont les parents A D, né en 2012. Ils ont sollicité pour leur fils, le renouvellement de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées " auprès du président du conseil départemental du Var. Par décision du 2 mars 2023, cette demande a été rejetée. Le recours administratif préalable obligatoire présenté contre ce refus a également été rejeté le 27 avril 2023. Par la présente requête, M. et Mme D demandent l'annulation des décisions du 2 mars et du 27 avril 2023 et le renouvellement de l'attribution de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées".
2. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I. -La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () / La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / () / La mention " stationnement pour personnes handicapées " permet à son titulaire ou à la tierce personne l'accompagnant d'utiliser, à titre gratuit et sans limitation de la durée de stationnement, toutes les places de stationnement ouvertes au public. / () / V bis. - () Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge administratif lorsque la demande concerne la mention " stationnement " de la carte. (). ".
3.Aux termes de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles : " () IV. - Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté () définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur. ". Aux termes de l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou- la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs: - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur); - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; (). 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière. Concernant les enfants il convient de faire référence à un enfant du même âge sans déficience. S'agissant des personnes présentant une déficience sensorielle, l'accompagnement doit être nécessaire pour effectuer le déplacement lui-même et s'imposer par le risque d'une mise en danger () ". Aux termes de l'article R. 241-15 du code de l'action sociale et des familles : " La carte mobilité inclusion peut être attribuée à titre définitif ou à durée déterminée, dans ce cas cette dernière ne peut être inférieure à un an, ni excéder vingt ".
4.Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociales, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
5. Pour contester le refus du renouvellement de la carte sollicité, M. et Mme D font valoir que leur fils A souffre d'un diabète de type 1 occasionnant une fatigue régulière qui réduit grandement sa capacité de déplacement à pied, et qui fonde leur demande, et par ailleurs, de troubles de la coordination, de troubles neurovisuels et de troubles de l'attention rendant l'orientation dans l'espace très difficile. Toutefois, si le certificat médical du docteur E daté du 25 août 2022, produit aux débats, mentionne qu'Axel doit prendre des pauses et être accompagné pour ses déplacements extérieurs, en cas d'hypoglycémie, il ne fait état d'aucune limitation du périmètre de marche de l'enfant et indique qu'il peut se déplacer à l'extérieur sans difficulté et sans aucune aide. Ainsi, sans être contestés, les problèmes de santé A et leur retentissement sur sa vie quotidienne, comme en attestent les pièces versées au débat, ne démontrent pas une réduction importante de sa capacité et de son autonomie de déplacement à pied au regard de la capacité et de l'autonomie d'un enfant du même âge. En outre, si A doit avoir recours à une aide en cas d'hypoglycémie, cette aide n'est donc pas systématique. Dans ces conditions, M. et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que leur fils A remplit les conditions pour obtenir le renouvellement de l'attribution de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".
6.Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation et de délivrance de la carte demandée doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er: La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à M. B D et au département du Var.
Copie en sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
M. DOUMERGUELa greffière,
Signé
G. GUTH
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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