Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2023, Mme C... B... conteste les décisions du 28 février 2023 et 19 avril 2023 par lesquelles la rectrice de l’académie de Nice a, sur recours administratif, a confirmé le refus de bourse nationale d’études du second degré de lycée pour ses filles D... et A..., au titre de l’année scolaire 2022-2023.
Elle soutient que sa déclaration de revenus 2022 au titre de l’année 2021 a été récemment corrigée et que son revenu fiscal de référence est de 21 960 euros, lequel aurait dû être pris en compte lors de l’examen de sa demande d’attribution de bourse d’études.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2025, la rectrice de l’académie de Nice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen invoqué n’est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’éducation ;
- l’arrêté du 22 mars 2016 fixant les modalités de détermination des plafonds de ressources ouvrant droit à l'attribution d'une bourse nationale d'études du second degré de lycée et leur mode de revalorisation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Karbal, rapporteur,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B... présenté une demande nationale d’études du second degré de lycée au titre de l’année scolaire 2022-2023 pour ses deux filles D... et A.... Ces demandes ont fait l’objet d’une décision de refus. Mme B... a demandé que ses demandes soient réexaminées. Par deux décisions du 28 février 2023 et 19 avril 2023, le directeur académique des services de l’éducation nationale du Var, agissant par délégation de la rectrice de l’académie de Nice, a confirmé ces refus après que l’intéressée a formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par le dernier alinéa de l'article R. 531-25 du code de l'éducation. Par la présente requête, Mme B... doit être regardée comme demandant l’annulation de ces deux décisions.
2. Aux termes de l’article R. 531-19 du code de l’éducation : « La bourse nationale d'études du second degré de lycée peut être demandée par la ou les personnes physiques qui, au sens de la législation sur les prestations familiales, assument la charge effective et permanente de l'élève, ou par l'élève majeur s'il a personnellement la qualité de contribuable ». Les dispositions de l’article D. 531-20 du même code prévoient que « Les personnes mentionnées à l'article R. 531-19 peuvent bénéficier de la bourse nationale d'études du second degré de lycée si le montant des ressources dont elles ont disposé au cours de la dernière année civile par rapport à celle du dépôt de la demande n'excède pas les plafonds annuels fixés par un barème national comprenant six échelons. Ce barème est déterminé par un arrêté du ministre chargé du budget et du ministre de l'éducation nationale qui précise, pour chaque échelon, le plafond de ressources selon le nombre d'enfants à charge et les conditions dans lesquelles ces plafonds sont revalorisés. » L’article D. 531-21 du même code indique que « Le barème national mentionné à l'article D. 531-20 prend en considération les ressources en fonction des charges du foyer fiscal de la ou des personnes présentant la demande de bourse. / Les enfants à charge considérés pour l'étude du droit à bourse sont les enfants mineurs, les enfants majeurs célibataires et les enfants handicapés tels qu'ils figurent sur l'avis d'imposition à l'impôt sur le revenu. / Le revenu fiscal de référence, tel qu'il figure sur l'avis d'imposition à l'impôt sur le revenu, est retenu pour apprécier les ressources de la ou des personnes mentionnées à l'article R. 531-19. » L’article D. 531-22 du même code dispose que « La vérification des ressources et des charges des personnes mentionnées à l'article R. 531-19 est effectuée lors de la première demande de bourse et en cas de redoublement ou de changement d'orientation de l'élève. / Elle intervient également lors d'une rentrée scolaire suivante en cas de modification substantielle de la situation des personnes mentionnées à l'article R. 531-19 depuis l'année de référence entraînant une diminution ou une augmentation des ressources. Celles-ci informent le recteur d'académie de toute modification de leur situation. / La diminution ou, éventuellement, la suppression de la bourse peut être prononcée par décision motivée du recteur. » L’article R. 531-25 du même code dispose enfin que : « La décision accordant ou refusant la bourse nationale d'études du second degré de lycée est prise par le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie. / Ces décisions sont notifiées aux personnes ayant présenté la demande et mentionnent les voies et délais de recours. / En cas de rejet, le demandeur de la bourse peut, dans le délai de quinze jours qui suit la notification de la décision, former un recours auprès du recteur d'académie. » En application de l’article 1er de l’arrêté du 22 mars 2016 susvisé, le plafond de ressources ouvrant droit à l’attribution d’une bourse nationale de lycée pour l’année 2022-2023 s’élève à 23 400 euros pour une famille comprenant trois enfants à charge.
3. En l’espèce, pour apprécier le droit, pour l’année scolaire 2022-2023, à une bourse nationale d’études du second degré de lycée au profit des enfants de la requérante, l’administration s’est fondée sur les ressources du foyer fiscal de Mme B... pour l’année 2021, s’élevant à
25 308 euros, supérieures au plafond fixé par le barème national, alors en vigueur pour l’année scolaire 2022-2023, soit 23 400 euros pour trois enfants à charge. Mme B... fait valoir que sa déclaration de revenus 2022 au titre de l’année 2021 a été récemment corrigée et que son revenu fiscal de référence de 21 960 euros est désormais inférieur au plafond de ressources applicable à sa situation. Il résulte de l’instruction, que l’avis d’impôt sur les revenus de l’année 2021, établi postérieurement à la date des décisions est de nature à révéler des faits qui lui sont antérieurs. Ainsi, le montant des ressources dont la requérante a disposé au cours de la dernière année civile par rapport à celle du dépôt de la demande en 2021 n'excède pas les plafonds annuels fixés par le barème national au sens et pour l’application de l’article D. 531-20 du code de l’éducation. Dans ces conditions, Mme B... est fondée à soutenir que c’est à tort que la rectrice de la région académique de Nice a refusé d’accorder à ses filles A... et D... une bourse de lycée au titre de l’année scolaire 2022/2023.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme B... est fondée à demander l’annulation des décisions du 28 février 2023 et du 19 avril 2023 de la rectrice de l’académie de Nice.
5. Compte tenu du motif d’annulation, il y a lieu d’enjoindre à la rectrice de l’académie de Nice de verser à Mme B... le montant de la bourse due pour l’année 2022-2023 pour ses deux filles D... et A... B... dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 28 février 2023 et du 19 avril 2023 de la rectrice de l’académie de Nice sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l’académie de Nice de verser à Mme B... le montant de la bourse due pour l’année 2022-2023 pour ses deux filles D... et A... B... dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B... et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l’académie de Nice.
Délibéré après l’audience du 4 décembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
M. David Hélayel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2025.
Le rapporteur,
Signé
Z. KARBAL
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
V. VIVES
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,