mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2302269 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PIETRA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2023, la société civile immobilière (SCI) Asie et la société à responsabilité limitée (SARL) Côté Jardin, représentées par Me Thioune Ieri, demandent au tribunal :
1°) d'annuler les prescriptions figurant aux articles 2, 10 et 11 de l'arrêté du 12 janvier 2023 par lequel le maire de la commune de Nans-les-Pins a délivré à la SCI Asie le permis de construire n° PC 083 087 22 N0030 en vue de la réalisation d'une orangerie au château de Nans situé 4117 route départementale n° 560 à Nans-les-Pins (83860) ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nans-les-Pins une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'elle n'est pas tardive et qu'elles ont intérêt et capacité pour agir ;
- l'arrêté a été signé par une personne incompétente en l'absence de délégation de signature régulière ;
- l'article 2 est entaché d'erreur de droit dès lors que le délai imparti pour sa réalisation est de deux mois alors que le délai d'instruction d'une demande de permission de voirie est de deux mois et qu'il est nécessaire de recourir à un architecte pour constituer le dossier de demande de permission de voirie ;
- les articles 10 et 11 sont entachés d'erreur de droit dès lors, d'une part, qu'ils enserrent la réalisation des travaux autorisés dans un délai de quatre mois en méconnaissance des dispositions de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme prévoyant un délai de trois ans et, d'autre part, que le délai court à compter de la notification de l'arrêté attaqué en méconnaissance de l'article R. 424-20 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2024, la commune de Nans-les-Pins, représentée par Me Nouis, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de chacune des requérantes une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juin 2024 :
- le rapport de Mme Le Gars ;
- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;
- et les observations de Me Dioum, substituant Me Nouis, pour la commune de Nans-les-Pins.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 août 2022, la SCI Asie a déposé une demande de permis de construire une orangerie au château de Nans à Nans-les-Pins. Par un arrêté du 12 janvier 2023, le maire de Nans-les-Pins a délivré le permis de construire sollicité sous réserve du respect de prescriptions spéciales. La SCI Asie et la SARL Côté Jardin demandent l'annulation des prescriptions contenues aux articles 2, 10 et 11 de l'arrêté du 12 janvier 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Il ressort des termes de l'arrêté n° 20-59 en date du 25 mai 2020, extrait du registre des arrêtés du maire et régulièrement transmis en préfecture au titre du contrôle de légalité, que Mme B A, adjointe au maire, a reçu délégation de signature à l'effet de signer l'ensemble des documents relatifs à l'urbanisme et l'habitat. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
3. Le titulaire d'une autorisation d'urbanisme est recevable à demander l'annulation d'une ou de plusieurs prescriptions dont celle-ci est assortie. Il peut utilement soulever à l'appui de telles conclusions tout moyen relatif au bien-fondé des prescriptions qu'il critique ou au respect des exigences procédurales propres à leur édiction. Toutefois, le juge ne peut annuler ces prescriptions, lorsqu'elles sont illégales, que s'il résulte de l'instruction qu'une telle annulation n'est pas susceptible de remettre en cause la légalité de l'autorisation d'urbanisme et qu'ainsi ces prescriptions ne forment pas avec elle un ensemble indivisible.
4. En premier lieu, les requérantes se bornent à soutenir, sans fonder juridiquement leurs prétentions, que la prescription contenue à l'article 2 est entachée d'erreur de droit dès lors que le délai imparti pour sa réalisation est de deux mois alors que le délai d'instruction d'une demande de permission de voirie est de même durée et qu'il est nécessaire de recourir à un architecte pour constituer le dossier de demande de permission de voirie. Cependant, elles n'assortissent pas leurs allégations des précisions juridiques nécessaires permettant d'en apprécier la portée ni le bien-fondé. Au demeurant, ainsi que le fait valoir la commune, le délai d'instruction des demandes de permission de voirie est de deux semaines à un mois, et ne peut, en toutes hypothèses, être supérieur à deux mois. Ainsi, et en tout état de cause, il n'est pas établi que le délai imparti pour l'obtention de la permission de voirie serait impossible à respecter en pratique.
5. En second lieu, aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. () ". L'article R. 424-20 du même code dispose que : " Lorsque le commencement des travaux est subordonné à une autorisation ou à une procédure prévue par une autre législation, le délai de trois ans mentionné à l'article R. 424-17 court à compter de la date à laquelle les travaux peuvent commencer en application de cette législation si cette date est postérieure à la notification visée à l'article R. 424-10 ou à la date à laquelle la décision tacite est intervenue. ".
6. Il ressort des termes des articles 10 et 11 de l'arrêté attaqué que le maire de Nans-les-Pins a prescrit de réaliser les travaux faisant l'objet de prescriptions détachables et tenant à l'obtention d'une permission de voirie, au dimensionnement des places de stationnement, à l'emplacement du portail d'entrée et aux caractéristiques des clôtures, dans un délai de quatre mois à compter de la notification de l'arrêté attaqué, sous peine d'interdiction de toute manifestation dans l'orangerie.
7. Les requérantes soutiennent sur le fondement des articles R. 424-17 et 424-20 précités que ces prescriptions sont illégales. Cependant, il résulte de ces dispositions que le délai de trois ans, dont le point de départ est synchronisé avec les délais de réalisation des travaux au titre d'autres législations, est sanctionné par la péremption de l'autorisation d'urbanisme. En l'espèce, le maire de Nans-les-Pins n'a pas entendu sanctionner la réalisation des travaux résultant des prescriptions spéciales par la caducité de l'autorisation d'urbanisme mais a entendu subordonner toute manifestation événementielle dans l'Orangerie à la réalisation des travaux faisant l'objet de prescriptions. Par suite, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le maire de Nans-les-Pins a entaché son arrêté d'une erreur de droit à l'aune des dispositions précitées.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les requérantes ne sont pas fondées à solliciter l'annulation des articles 2, 10 et 11 de l'arrêté de permis de construire du maire de Nans-les-Pins en date du 12 janvier 2023.
Sur les frais d'instance :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'une ou l'autre des parties les sommes qu'elles demandent sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE
Article 1er : La requête de la SCI Asie et la SARL Côté Jardin est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Nans-les-Pins sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Asie, à la société à responsabilité limitée Côté Jardin et à la commune de Nans-les-Pins.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
La présidente,
Signé :
M. BERNABEU La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026