mercredi 19 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2302282 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2023, et une pièce complémentaire, enregistrée le 19 juillet 2023, M. A B doit être regardé comme demandant au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel le préfet du Var a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois à compter du 13 juin 2023.
Il soutient qu'il a subi un accident vasculaire cérébral le 16 mars 2023 ; il a suivi un programme de rééducation fonctionnelle du 22 mai au 30 juin 2023 ; il a obtenu un rendez-vous avec un médecin agréé le 13 juin 2023 afin de valider son aptitude à conduire des véhicules légers ; ce dernier l'a toutefois déclaré inapte sans doute par manque de preuves écrites ; malgré ses observations auprès des services préfectoraux accompagnées de la production de preuves de son aptitude et bien qu'il ait signalé à ces derniers qu'il avait obtenu un nouveau rendez-vous auprès du même médecin agréé, il a reçu ce matin une décision d'inaptitude jusqu'au 13 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bernabeu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel le préfet du Var a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois à compter du 13 juin 2023.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
3. D'autre part, en application de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".
4. Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 dudit code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, notamment lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'elle est irrecevable.
5. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées qu'une requête aux fins de suspension est atteinte d'une irrecevabilité d'ordre public lorsque le requérant n'a pas introduit une requête à fin d'annulation de la décision dont il demande la suspension.
6. Il ressort des pièces du dossier que si M. B demande la suspension de l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel le préfet du Var a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois à compter du 13 juin 2023, il n'a introduit aucune requête au fond tendant à l'annulation de cette décision. Par suite, en l'absence de requête au fond, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté en litige sont manifestement irrecevables.
7. En second lieu, la condition d'urgence à laquelle est subordonnée le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
8. En l'espèce, M. B se borne à un rappel des faits dans sa requête, sans toutefois apporter des éléments permettant de justifier que la décision contestée préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation. Par suite, sa demande ne présente pas, en tout état de cause, un caractère d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision préfectorale en litige doivent être rejetées par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 19 juillet 2023.
La vice-présidente désignée,
Juge des référés
signé
M. BERNABEU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
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