vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2302354 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BAUDINO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 juillet et 24 novembre 2023, la société en nom collectif (SNC) VINCI IMMOBILIER MEDITERRANEE, représentée par Me Lefort, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 mars 2023 par lequel le maire de la commune de Saint-Raphaël a refusé de lui délivrer un permis de construire, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux exercé le 12 avril 2023 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Raphaël de lui délivrer le permis de construire, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Raphaël la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été édicté par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ;
- le projet ne méconnait pas les dispositions de l'article R. 431-5, i) du code de l'urbanisme ;
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- le dossier est suffisant quant aux travaux à réaliser sur la construction existante conservée pour permettre d'apprécier leur conformité aux dispositions des articles DG 13, DG 14, UD 3 à UD 6 du plan local d'urbanisme ;
- le respect des dispositions de l'article UD 3.1 du plan local d'urbanisme relatives à l'emprise au sol et de l'article UD 3.4 relatives à la distance des limites séparatives doit être apprécié sur les deux lots créés et non pour chaque jardin privatif ;
- le dossier comprend un plan de stationnement avec une échelle, permettant d'apprécier sa conformité aux dispositions de l'article UD 6 du plan local d'urbanisme ;
- le projet ne méconnait pas les dispositions de l'article DG 14.6.2 du plan local d'urbanisme ;
- le dossier comprend des plans avec des côtes, permettant d'apprécier sa conformité aux dispositions de l'article UD 7 du plan local d'urbanisme ;
- le projet respecte les dispositions de l'article UD 3.2 du plan local d'urbanisme relatives à la hauteur des constructions.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 octobre 2023, la commune de Saint-Raphaël, représentée par Me Baudino, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que la société requérante ne justifie pas de la réalité de sa personnalité juridique ;
- à titre subsidiaire, les moyens sont infondés.
Par courrier du 4 octobre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction était susceptible d'être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1.
Par une ordonnance du 7 mars 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée à effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- les observations de Me Cabrespines, substituant Me Lefort, représentant la société requérante ;
- les observations de Me Baudino, représentant la commune de Saint-Raphaël.
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Considérant ce qui suit :
1. La société en nom collectif VINCI IMMOBILIER MEDITERRANEE, a déposé, le 30 novembre 2022, auprès des services communaux, un dossier de permis de construire sur les parcelles cadastrées section AN n° 738, 736, 734 et 751 situés 26 chemin du Défens à Saint-Raphaël, en vue de la division parcellaire de ces terrains permettant de conserver la construction existante sur l'un des deux lots, et de procéder, sur l'autre lot, à la démolition d'un garage, d'un abri de jardin, d'un atelier, d'une piscine, d'une cave, d'un pool-house, et de la construction de quatre bâtiments collectifs comportant 74 logements dont 37 logements sociaux. Le maire de la commune de Saint-Raphaël a, par un arrêté du 13 mars 2023, refusé le permis de construire sollicité. Le 12 avril 2023, la société VINCI IMMOBILIER MEDITERRANEE a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Par sa requête, cette société demande l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A B, 8ème adjointe au maire de Saint-Raphaël, déléguée à l'urbanisme. Il ressort des pièces du dossier que cette dernière a reçu, par un arrêté n° SG/PA - 2021/40 du 22 juillet 2021, régulièrement publié et transmis en préfecture le même jour, délégation de fonction de M. C D, maire de la commune de Saint-Raphaël, aux fins de prendre toutes décisions, actes ou arrêtés dans le domaine de l'urbanisme, et notamment en matière d'autorisations d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande () elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet (), notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 ".
4. L'arrêté attaqué vise l'ensemble des textes dont il a été fait application, notamment les différentes dispositions du code de l'urbanisme et du plan local d'urbanisme dont la méconnaissance a été retenue pour refuser le permis de construire. Il indique également les considérations de fait qui fondent les huit motifs de refus tenant notamment à l'absence de certains documents ou l'absence de précisions de ceux produits pour apprécier la conformité à des dispositions énumérées, mais également aux caractéristiques du projet qui méconnaissent tel ou tel article. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : () / i) S'il y a lieu, que les travaux portent sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II du code de l'environnement ; () ". Aux termes de l'article L. 214-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions des articles L. 214-2 à L. 214-6 les installations, les ouvrages, travaux et activités réalisés à des fins non domestiques par toute personne physique ou morale, publique ou privée, et entraînant des prélèvements sur les eaux superficielles ou souterraines, restitués ou non, une modification du niveau ou du mode d'écoulement des eaux, la destruction de frayères, de zones de croissance ou d'alimentation de la faune piscicole ou des déversements, écoulements, rejets ou dépôts directs ou indirects, chroniques ou épisodiques, même non polluants ". Aux termes de l'article L. 214-2 du code précité : " Les
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installations, ouvrages, travaux et activités visés à l'article L. 214-1 sont définis dans une nomenclature, établie par décret en Conseil d'Etat après avis du Comité national de l'eau, et soumis à autorisation ou à déclaration suivant les dangers qu'ils présentent et la gravité de leurs effets sur la ressource en eau et les écosystèmes aquatiques compte tenu notamment de l'existence des zones et périmètres institués pour la protection de l'eau et des milieux aquatiques. / Ce décret définit en outre les critères de l'usage domestique, et notamment le volume d'eau en deçà duquel le prélèvement est assimilé à un tel usage, ainsi que les autres formes d'usage dont l'impact sur le milieu aquatique est trop faible pour justifier qu'elles soient soumises à autorisation ou à déclaration ". Il résulte des dispositions de l'article R. 214-1 du même code, et notamment du point 2.1.5.0 que sont soumis à autorisation ou déclaration les travaux conduisant au " Rejet d'eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol, la surface totale du projet, augmentée de la surface correspondant à la partie du bassin naturel dont les écoulements sont interceptés par le projet, étant : / 1° Supérieure ou égale à 20 ha (A) ; / 2° Supérieure à 1 ha mais inférieure à 20 ha (D) ".
6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. Pour refuser le permis de construire, la commune de Saint-Raphaël s'est notamment fondée sur la circonstance que le dossier ne respectait pas les dispositions de l'article R. 431-5, i) du code de l'urbanisme.
8. Il est constant que le projet, qui conduit à un aménagement sur une surface d'environ 1,22 ha, est soumis à la déclaration instituée par les dispositions des articles L. 214-1 et s. et
R. 214-1 et s. du code de l'environnement. Si la société requérante n'a pas coché la case correspondante dans le cadre 8 du formulaire Cerfa permettant d'indiquer si le projet " porte sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration en application du code de l'environnement (IOTA) ", il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale fait bien état de la surface totale du projet tenant à 12 192 m² avec une division parcellaire entre le lot 1 d'une surface de 11 302 m² et le lot 2 d'une surface de 890 m² de sorte que l'omission du dossier n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par le service instructeur de la commune sur la conformité du projet à la réglementation applicable. En outre, la notice hydraulique précise que le projet, qui draine un bassin versant d'environ 1,2 ha, est soumis à déclaration dans le cadre de la rubrique 2.1.5.0 prévue à l'article R. 214-1 du code de l'environnement. Par suite, le moyen doit être accueilli.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R*421-14 à *R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : / a) Les travaux ayant pour effet de modifier l'aspect extérieur d'un bâtiment existant, à l'exception des travaux de ravalement ; () ". Aux termes de l'article R. 421-17-1 du code précité : " Lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R. 421-14 à R. 421-16, les travaux de ravalement doivent être précédés d'une déclaration préalable dès lors qu'ils sont effectués sur tout ou partie d'une construction existante située : / a) Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable classé en
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application de l'article L. 631-1 du code du patrimoine ou dans les abords des monuments historiques définis à l'article L. 621-30 du code du patrimoine ; / b) Dans un site inscrit ou dans un site classé ou en instance de classement en application des articles L. 341-1, L. 341-2 et L. 341- 7 du code de l'environnement ; / c) Dans les réserves naturelles ou à l'intérieur du cœur des parcs nationaux délimités en application de l'article L. 331-2 du même code ; / d) Sur un immeuble protégé en application de l'article L. 151-19 ou de l'article L. 151-23 du présent code ; / e) Dans une commune ou périmètre d'une commune où le conseil municipal ou l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme a décidé de soumettre, par délibération motivée, les travaux de ravalement à autorisation ".
10. Pour refuser le permis de construire, la commune de Saint-Raphaël s'est notamment fondée sur la circonstance que le dossier était insuffisant pour apprécier la conformité des travaux effectués sur la construction existante aux dispositions des articles DG 13 et 14, UD 3 à UD 6 du plan local d'urbanisme.
11. Il ressort des pièces du dossier que le projet a notamment pour objet la division parcellaire du terrain d'assiette en deux lots, dont l'un conserve la construction existante en procédant à des " adaptations mineures " telles que le " remplacement de couverture en tuile de la terrasse ouest par une pergola en bois " ainsi que " le ravalement des façades ". S'il n'est ni allégué ni établi que les travaux de ravalement entreraient dans le champ d'application des dispositions des articles R. 421-16 et R. 421-17 du code de l'urbanisme qui impliqueraient qu'ils soient soumis à une autorisation préalable, il n'en va pas de même pour les travaux relatifs au remplacement de couverture en tuile de la terrasse dont il n'est également ni allégué ni établi qu'ils auraient été des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires. Dans ces conditions, ces travaux, qui sont soumis au régime de la déclaration préalable, ne sont assortis d'aucune pièce permettant au service instructeur d'en apprécier la conformité aux dispositions du plan local d'urbanisme, la seule mention dans la notice architecturale étant à cet égard insuffisante. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés ".
13. D'autre part, aux termes de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme : " () Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ". Aux termes de l'article DG 13 du plan local d'urbanisme : " Le présent règlement s'oppose à l'application des dispositions de l'article R.151-21 - alinéa 3 - du Code de l'Urbanisme. Dès lors, dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction sur un même terrain de plusieurs
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bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble des règles édictées par le plan local d'urbanisme est apprécié lot par lot, chaque lot étant assimilé à une unité foncière ".
14. Pour refuser le permis de construire, la commune de Saint-Raphaël s'est notamment fondée sur la circonstance que le plan de masse fait apparaître des divisions en jouissance de plusieurs parties sur le lot n° 1 nouvellement créé, lesquelles, étant constitutives d'une division foncière au sens de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme, conduisaient à apprécier la conformité du projet au plan local d'urbanisme, en application de son article DG 13, lot par lot. Elle en déduit ainsi une méconnaissance des dispositions de l'article UD 3.1 du plan local d'urbanisme relatives au pourcentage d'emprise au sol et des dispositions de l'article UD 3.4 relatives à la distance des limites séparatives.
15. Pour caractériser ces divisions en jouissance, la commune de Saint-Raphaël s'est fondée sur la présence de jardins privatifs séparés par des haies, présents sur les deux immeubles collectifs côté est du projet. Toutefois, une telle circonstance n'est pas, à elle seule, de nature à caractériser une division en jouissance. Dans ces conditions, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les bâtiments collectifs construits sur le lot n°1 du projet impliqueraient l'attribution d'un droit exclusif de construction sur certaines parties du terrain, la seule division foncière pouvant être caractérisée dans le dossier de permis de construire déposé par la société VINCI IMMOBILIER MEDITERRANEE tient au lot n° 1 d'une surface de 11 302 m² comprenant les quatre immeubles à construire et au lot n° 2 d'une surface de 890 m² comprenant la construction existante. Par suite, le moyen doit être accueilli.
16. En sixième lieu, pour refuser le permis de construire, la commune de Saint-Raphaël s'est notamment fondée sur la circonstance que le dossier ne comportait pas un plan relatif aux surfaces des aires de stationnement et dégagements, permettant de contrôler la conformité du projet aux dispositions de l'article UD 6 du plan local d'urbanisme relatives au stationnement.
17. S'il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire comporte un plan de masse sur lequel figure le parking aérien comprenant 44 places de stationnement ainsi qu'une place " visiteur " ainsi qu'un plan relatif au " sous-sol " du projet sur lequel figure 105 places de stationnements, l'échelle de 1:500 utilisée pour la présentation de ces documents, ne permet pas, à défaut de mention côté en deux dimensions, une précision suffisante permettant au service instructeur d'apprécier la conformité du projet aux dispositions de l'article UD 6 du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté.
18. En septième lieu, aux termes de l'article DG 14.6.2 du plan précité relatif aux conditions de superficie pour le stationnement automobile : " la superficie minimale de chaque emplacement de stationnement, y compris les dégagements, ne peut être inférieure à 25 m² ". Selon le lexique du plan local d'urbanisme, le dégagement correspond aux " voies d'accès et parties de voirie permettant les manœuvres de stationnement ".
19. Pour refuser le permis de construire, la commune de Saint-Raphaël s'est notamment fondée sur la circonstance que le projet, à défaut de créer une surface affectée au stationnement de 3 750 m², méconnaissait les dispositions de l'article DG 14.6.2 du plan local d'urbanisme.
20. Si la société VINCI IMMOBILIER MEDITERRANEE soutient que chaque place de stationnement correspond à une surface de 12,5 m² (2,5 m x 5 m) à laquelle s'ajoute le tronçon de voie de circulation d'une largeur minimum de 5m, permettant ainsi de justifier du respect des 25 m² par place de stationnement, cela ne ressort pas des pièces du dossier. Ainsi, et alors que le
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formulaire Cerfa mentionne que la surface totale affectée au stationnement est de 3 337 m² ramenant ainsi la surface de chaque place de stationnement à moins de 25m², le projet ne respecte pas les dispositions de l'article DG 14.6.2 du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté.
21. En huitième lieu, pour refuser le permis de construire, la commune de Saint-Raphaël s'est notamment fondée sur la circonstance que le dossier ne comportait pas de côtes sur les voiries et les piétonniers permettant de contrôler la conformité du projet aux dispositions de l'article UD 7 du plan local d'urbanisme relatives à la desserte par les voies publiques ou privées.
22. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire comporte un plan de masse faisant apparaître les principales côtes relatives aux voiries et piétonniers. Ainsi, le service instructeur était en mesure d'apprécier la conformité du projet aux dispositions de l'article UD 7 du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen doit être accueilli.
23. En neuvième lieu, aux termes de l'article UD 3.2 du plan local d'urbanisme relatif à la hauteur des constructions dans les secteurs Uda et UDd : " pour les constructions nouvelles autorisées après la date d'approbation du présent document, la hauteur maximale (définie à l'article DG 14-2 des dispositions générales) est limitée à 7 mètres, soit R + 1. Les niveaux éventuels situés sous le terrain naturel avant travaux ne pourront être affectés qu'au stationnement des véhicules, aux locaux techniques, cave ".
24. Pour refuser le permis de construire, la commune de Saint-Raphaël s'est notamment fondée sur la circonstance que le projet, en tant qu'il voit la réalisation d'un pool-house en sous-sol, méconnaît les dispositions de l'article UD 3.2 du plan local d'urbanisme.
25. Si la société VINCI IMMOBILIER MEDITERRANEE soutient que le pool-house doit être regardée comme un local technique au sens de l'article 3.2 du plan local d'urbanisme, cela ne ressort ni des termes du plan local d'urbanisme, lequel distingue dans son lexique comme
" annexe " les locaux techniques des pool-house, ni des pièces du dossier, et notamment du plan de " sous-sol " qui mentionne, à côté du pool-house projeté, la réalisation du " local piscine ". Dans ces conditions, la réalisation d'un pool-house, qui ne saurait être regardée comme un local technique, au sous-sol méconnaît les dispositions de l'article UD 3.2 du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté.
26. En dixième lieu, aux termes de l'article UD 3.2 du plan local d'urbanisme relatif à la hauteur des constructions : " Les modalités d'application de la règle relative au calcul de la hauteur sont définies à l'article DG 14-2 des dispositions générales. / Dans le sous-secteur UDa1, la hauteur maximale des constructions est fixée à 9 mètres. / Dans les secteurs UDa et UDd : / - pour les extensions et surélévations des constructions existantes avant la date d'approbation du présent document, la hauteur maximale est fixée à 7 mètres, - pour les constructions nouvelles autorisées après la date d'approbation du présent document, la hauteur maximale (définie à l'article DG 14-2 des dispositions générales) est limitée à 7 mètres, soit R + 1. Les niveaux éventuels situés sous le terrain naturel avant travaux ne pourront être affectés qu'au stationnement des véhicules, aux locaux techniques, caveL'aménagement des combles n'est autorisé que dans le cas de constructions avec des toitures totales en pente comprises entre 25 et 35 % ". Aux termes de l'article DG 14.6.2 du plan local d'urbanisme : " En zone UA, la hauteur doit être mesurée du point le plus bas de chaque façade à partir du niveau le plus bas de la voie ou du trottoir s'il en existe un jusqu'à l'égout des couvertures. / Pour les autres zones, la hauteur doit être mesurée du
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point le plus bas de chaque façade à partir du niveau du terrain naturel jusqu'à l'égout des couvertures () ".
27. Pour refuser le permis de construire, la commune de Saint-Raphaël s'est notamment fondée sur la circonstance que d'une part, la façade sud du bâtiment A, dépasse la hauteur de 7 mètres, et que d'autre part, en prévoyant la réalisation des combles en sus du R+, le projet méconnaît les dispositions de l'article UD 3.2 du plan local d'urbanisme relatives à la hauteur des constructions.
28. D'une part, la société VINCI IMMOBILIER MEDITERRANEE soutient, sans être contredite en défense, que le terrain d'assiette du projet se situe en zone dans le sous-secteur UDa1 dit " quartier Petit Défend - Boulevard du Cerceron ". Ainsi, et alors que le règlement graphique ne délimite pas le sous-secteur UDa1, le terrain d'assiette du projet, qui est bordé immédiatement au nord par le chemin des Défens, puis par le boulevard du Cerceron, doit être regardé comme relevant de ce sous-secteur pour lequel le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Raphaël limite la hauteur du bâtiment à 9 mètres.
29. D'autre part, il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de masse ainsi que du plan de façade sud du bâtiment A, que cette dernière présente un terrain naturel allant de 12,10 ngf à 13,53 ngf avec une hauteur à l'égout du toit qui est de 19,08 ngf au point le plus bas, caractérisant ainsi une hauteur inférieure à 9 mètres. A supposer que la seule mention du terrain naturel à 12 ngf sur le plan altimétrique joint au dossier de permis de construire, et sur lequel ne figure pas la projection du bâtiment A, soit de nature à contredire les mesures des plans précités, cette circonstance n'est pas de nature à caractériser une hauteur du bâtiment A supérieure à 9 mètres.
30. Enfin, la circonstance que le projet comporte l'aménagement des combles n'est pas de nature à caractériser une méconnaissance de l'article UD 3.2 du plan local d'urbanisme dès lors que le sous-secteur UDa1 n'impose pas le respect du R+1 contrairement aux autres secteurs.
31. Il résulte de ce qui précède que le maire de la commune de Saint-Raphaël ne pouvait opposer la méconnaissance des dispositions de l'article UD 3.2 du plan local d'urbanisme relatives à la hauteur pour refuser le permis de construire à la société VINCI IMMOBILIER MEDITERRANEE. Par suite, le moyen doit être accueilli.
32. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que les motifs tirés de la méconnaissance de l'article R. 431-5 i) du code de l'urbanisme, de l'article DG 13 du plan local d'urbanisme et de l'article UD 7 et 3.2 du plan local d'urbanisme ne sont pas au nombre de ceux qui peuvent légalement fonder le refus de permis de construire. Toutefois, il résulte de l'instruction que le maire de la commune de Saint-Raphaël s'est légalement fondé, pour refuser le permis de construire, sur trois autres motifs. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la demande de substitution implicite de motifs opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
33. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
34. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société VINCI IMMOBILIER MEDITERRANEE la somme demandée par la commune de Saint-Raphaël au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
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D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société VINCI IMMOBILIER MEDITERRANEE est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Raphaël présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société en nom collectif VINCI IMMOBILIER MEDITERRANEE et à la commune de Saint-Raphaël.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
M. Quaglierini, premier conseiller, Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
K. Martin
Le président,
Signé Ph. Harang
Le greffier, Signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026