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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2302373

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2302373

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2302373
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationAide sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme D E, qui demandait l'annulation de la décision de la CDAPH du Var refusant le renouvellement de la carte mobilité inclusion mention "stationnement" pour son fils B E. La solution retenue est fondée sur les articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, ainsi que sur l'arrêté du 3 janvier 2017. Le tribunal a estimé que les éléments fournis ne démontraient pas que l'enfant remplissait les conditions requises, notamment une réduction importante et durable de sa capacité de déplacement à pied.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 juillet 2023 et un mémoire enregistré le 22 août 2024, Mme D E, agissant pour le compte de son fils B E, demande au tribunal d'une part d'annuler la décision du 25 mai 2023 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) du Var a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre une décision de rejet de sa demande de renouvellement de la carte mobilité inclusion (CMI) mention " stationnement pour personnes handicapées " d'autre part l'attribution de ladite carte.

Elle soutient que l'état de santé de son fils, ainsi que le sien, nécessitent que lui soit à nouveau attribué une carte mobilité inclusion (CMI) mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2024, le département du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que B E ne remplit plus les conditions prévues par les textes pour l'attribution d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de Mme Doumergue et les observations de Mme E.

La clôture de l'instruction a été prononcée après les observations à l'audience de Mme E, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1.Mme D E est la mère de B E, né en 2013. Elle a sollicité le renouvellement de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées " auprès du président du conseil départemental du Var pour son fils. Par décision du 30 mars 2023, cette demande a été rejetée. Le recours administratif préalable obligatoire présenté contre ce refus a été rejeté le 25 mai 2023. Par la présente requête, Mme E demande l'annulation de la décision du 25 mai 2023 et l'octroi de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".

2.Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I. -La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () / La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / () / La mention " stationnement pour personnes handicapées " permet à son titulaire ou à la tierce personne l'accompagnant d'utiliser, à titre gratuit et sans limitation de la durée de stationnement, toutes les places de stationnement ouvertes au public. / () / V bis. - () Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge administratif lorsque la demande concerne la mention " stationnement " de la carte. () ".

3.Aux termes de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles : " () IV. - Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté () définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur. ". Aux termes de l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou- la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs: - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur); - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; (). 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière. Concernant les enfants il convient de faire référence à un enfant du même âge sans déficience. S'agissant des personnes présentant une déficience sensorielle, l'accompagnement doit être nécessaire pour effectuer le déplacement lui-même et s'imposer par le risque d'une mise en danger () ". Aux termes de l'article R. 241-15 du code de l'action sociale et des familles : " La carte mobilité inclusion peut être attribuée à titre définitif ou à durée déterminée, dans ce cas cette dernière ne peut être inférieure à un an, ni excéder vingt ".

4.Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociales, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.

5.Il résulte de l'instruction et en particulier du certificat établi par le médecin le 15 janvier 2023, pour la MDPH, que B E est atteint de la maladie de Hirschsprung, qui affecte son système digestif et a donné lieu à une colectomie totale, et de troubles dans les apprentissages. Si le médecin a mentionné qu'il présentait des perturbations du transit digestif toujours important même à 9 ans, il ressort des cases cochées dans le formulaire que l'enfant marche et se déplace à l'extérieur sans difficulté et sans aucune aide. Ainsi, le périmètre de marche de B E n'est pas limité. Si Mme E fait valoir que B n'est pas toujours autonome pour ses besoins et n'est pas du tout autonome pour ses soins, il ressort du certificat médical que ce manque d'autonomie ne concerne pas sa capacité de déplacement mais a trait à ses problèmes de transit intestinal. Par suite, le président du conseil départemental n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées aux points 2 et 3 en refusant le renouvellement de la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées ".

6.Mme E fait valoir en outre dans sa requête que son propre état de santé nécessite également que la carte mobilité inclusion mention " stationnement pour personnes handicapées " lui soit attribuée. Toutefois, la demande de carte formée devant le département du Var concernait son fils, B E. Aussi le moyen invoqué par Madame E concernant son propre état de santé doit être écarté comme inopérant.

7.Il résulte des motifs qui précèdent que les conclusions de la requête de Mme C A tendant à l'annulation du refus de renouvellement de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " pour son fils B et à la délivrance de cette carte doivent être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er: La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et au département du Var.

Copie en sera délivrée à la maison départementale des personnes handicapées du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

M. DOUMERGUE La greffière,

Signé

G. GUTH

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière,

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