vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2302443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Aide sociale |
| Avocat requérant | ANDREANI - HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juillet 2023, M. B A,doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 27 avril 2023 par laquelle le directeur de Pôle emploi Provence Alpes Côte d'Azur a prononcé d'une part sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi, d'autre part la suppression de ses allocations à compter du 13 avril 2023, pour une durée d'un mois.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée de deux vices de procédure, en ce qu'il n'a pas pu obtenir de réponses à ses questions et réclamations avant et après l'adoption de la décision ;
- la décision attaquée est infondée, en ce qu'il a accompli des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi et qu'elle traduit un harcèlement moral de la part de Pôle emploi.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 3 février 2024, le directeur de France travail PACA direction régionale, représenté par Me Andreani, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables ;
- la décision de radiation est exempte de vices ;
- la décision est fondée et France travail PACA n'a pas fait preuve de harcèlement moral envers M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le décret n°2022-433 du 25 mars 2022 ;
- le code de justice administrative.
La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été régulièrement, et à plusieurs reprises, inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi de Pôle emploi à compter du 1er septembre 2018 et jusqu'au 13 avril 2023. Du 18 décembre 2020 au 18 novembre 2022, il a suivi une formation pour l'obtention du diplôme de comptabilité et de gestion. Le 14 mars 2023, M. A a été informé de la mise en œuvre d'une procédure de contrôle du respect de ses obligations de recherche d'emploi. A ce titre, il a été invité à un entretien téléphonique le 21 mars 2023. Suite à cet entretien, le 23 mars 2023, il a fait l'objet d'un avertissement avant sanction pour insuffisance d'actions en vue de retrouver un emploi. Le 13 avril 2023, une décision de sanction pour insuffisance d'actions en vue de retrouver un emploi a été prise à son encontre. M. A a contesté cette décision par différents courriels des 17 et 18 avril 2023. La radiation a été confirmée par une décision du 27 avril 2023. Enfin le médiateur régional intervenant auprès de Pôle emploi a été saisi le 2 mai 2023 et a rendu un avis concluant à l'échec de la tentative de médiation. Par la présente requête, introduite le 27 juillet 2023, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'une part d'annuler la décision par laquelle le directeur de Pôle emploi PACA a prononcé, suite à son recours préalable obligatoire, sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi ainsi que la suppression de ses allocations à compter du 13 avril 2023 pour une durée d'un mois.
Sur la régularité de la procédure :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 5412-7 du code du travail : " Lorsqu'il envisage de prendre une décision de radiation, le directeur mentionné à l'article R. 5312-26 informe préalablement par tout moyen donnant date certaine l'intéressé des faits qui lui sont reprochés et de la durée de radiation envisagée, en lui indiquant qu'il dispose d'un délai de dix jours pour présenter des observations écrites ou, s'il le souhaite, pour demander à être entendu, le cas échéant assisté d'une personne de son choix ". Et aux termes de l'article R. 5412-7-1 du même code : " Le directeur mentionné à l'article R. 5312-26 se prononce dans un délai de quinze jours à compter de l'expiration du délai de dix jours dans lequel l'intéressé peut présenter des observations écrites ou, si l'intéressé demande à être entendu, à compter de la date de l'audition. La décision, notifiée à l'intéressé, est motivée. Elle indique la durée de la radiation et mentionne les voies et délais de recours ".
3. Il résulte de l'instruction d'une part que M. A a contesté par courrier du 6 avril 2023, soit dans le délai de 10 jours prévu à l'article R5412-7 du code du travail, l'avertissement avant sanction pour insuffisance d'actions en vue de retrouver un emploi décidé à son encontre le 23 mars 2023, d'autre part qu'il a été répondu par Pôle emploi au courrier précité du 6 avril, le 13 avril 2023, soit dans les 15 jours fixés à l'article R5412-7-1 du code du travail. Dans ces conditions, et à supposer que Pôle emploi n'ait pas répondu à chacun des courriels envoyés par M. A après le 23 mars et avant le 13 avril, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que Pôle emploi n'a pas répondu à ses réclamations pour contester l'avertissement, ni respecté les délais pour ce faire. En outre, dès lors qu'il a présenté des observations écrites, M. A ne peut utilement faire valoir qu'il n'aurait pas été reçu par son agence Pôle emploi pour soutenir que la procédure prévue par le code du travail n'a pas été respectée.
4. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction que par courriels des 17 et 18 avril 2023, M. A a formé une réclamation contre la sanction de radiation prononcée le 13 avril 2023 sur laquelle Pôle emploi a statué le 27 avril 2023, en confirmant ladite sanction aux motifs que les éléments apportés à l'appui de sa réclamation : " n'amènent pas d'information nouvelle ou probante et donc ne constituent pas un motif légitime de nature à justifier le manquement " insuffisance d'actions en vue de retrouver un emploi " qui a été constaté ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'absence de réponse à ses réclamations est infondé et doit être écarté.
Sur le bien-fondé de la décision de radiation :
5. Aux termes de l'article L. 5411-6 du code du travail : " Le demandeur d'emploi immédiatement disponible pour occuper un emploi est orienté et accompagné dans sa recherche d'emploi par Pôle emploi. Il est tenu de participer à la définition et à l'actualisation du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1, d'accomplir des actes positifs et répétés de recherche d'emploi et d'accepter les offres raisonnables d'emploi telles que définies aux articles L. 5411-6-2 et L. 5411-6-3. ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 5412-1 du code du travail : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, la personne qui : / 1° Soit ne peut justifier de l'accomplissement d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise ; ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article R. 5412-5 du code du travail : " La radiation de la liste des demandeurs d'emploi entraîne l'impossibilité d'obtenir une nouvelle inscription : / 1° Pendant une période d'un mois lorsqu'est constaté pour la première fois le manquement mentionné au 1° () de l'article L. 5412-1. En cas de manquements répétés, cette période peut être portée à une durée comprise entre un et six mois consécutifs ".
6. Il résulte de l'instruction que M. A, inscrit sur les listes des demandeurs d'emploi, a bénéficié d'une formation pour préparer l'examen du diplôme de comptabilité et gestion du 18 décembre 2020 au 18 novembre 2022, dont les épreuves écrites pour 2023 étaient fixées du 23 mai au 5 juin, suivies des épreuves orales à compter du 6 juin. Le 14 mars 2023, il a été invité à un entretien téléphonique pour le 21 mars dans le cadre d'une procédure de contrôle pour vérifier ses actions et démarches de recherches d'emploi. Selon le compte-rendu de cet entretien, il apparaît que l'intéressé se focalise sur ses révisions pour être prêt pour passer le diplôme de comptabilité et a déposé ses candidatures directement auprès des employeurs, sans réponse positive à ce jour, le manque d'expérience semblant être le motif du refus, sans avoir conservé de justificatif des démarches. Pour justifier de ses démarches, M. A produit dans la présente instance deux pièces, l'une attestant de son inscription à une réunion d'information pour une formation Pôle emploi pour le 27 juin 2023, l'autre, une attestation d'inscription à un poste de non titulaire du second degré, au demeurant non datée. Les autres justificatifs de recherches d'emploi transmis à Pôle emploi, et produit par ce dernier avec son mémoire en défense, consistent en des enregistrements de candidature au poste de conseiller emploi accompagnement et d'agent ferroviaire, non datés. En outre, France Travail (ex Pôle emploi) fait valoir sans être contesté que ces candidatures, sans rapport avec la formation en comptabilité, ne présentent pas de liens avec le projet personnalisé d'accès à l'emploi que M. A a élaboré avec son conseiller. Dans ces conditions, M. A ne peut pas être regardé comme justifiant d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi. Par ailleurs, la circonstance tirée à la fois du caractère récent de la fin de sa formation en comptabilité et du fait qu'il ne pouvait se présenter à l'examen en vue d'obtenir le diplôme de comptabilité et gestion qu'au mois de juin 2023, ne l'exonérait pas de l'obligation d'effectuer des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, conformément aux dispositions précitées au point précédent du code du travail. Enfin, le requérant ne peut utilement faire valoir que cette seconde procédure de contrôle, suivant celle initiée en janvier 2023, au demeurant après un premier avertissement avant sanction reconnu erroné et d'ailleurs non suivi de sanction, constituerait un harcèlement de la part de Pôle emploi qui rendrait infondée la décision de radiation. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que Pôle emploi a décidé, le 27 avril 2023, sa radiation des listes de demandeurs d'emploi et la suppression de son allocation pour une durée d'un mois.
7. Enfin, à supposer que M. A ait entendu demander réparation du préjudice subi selon lui du fait de la décision de radiation, France travail fait valoir, sans être contesté, que ce dernier, n'a pas, préalablement à la saisine du tribunal, présenté de demande indemnitaire auprès de France travail. Par suite, et en toute hypothèse au vu des motifs qui précèdent, cette demande ne peut qu'être rejetée.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et à France travail.
Copie en sera adressée à France Travail PACA direction régionale.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
M. D La greffière,
Signé
G. GUTH
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026