vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2302534 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LEGAL PERFORMANCES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 août 2023 et 14 novembre 2023, la commune de Saint-Tropez, représentée par Me Antoine, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la délibération du conseil communautaire de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez du 21 juin 2023 approuvant la modification n°1 du schéma de cohérence territoriale (SCOT) du Golfe de Saint-Tropez en tant qu'elle concerne le territoire de la commune de Saint-Tropez ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la délibération du conseil communautaire de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez du 21 juin 2023 approuvant la modification n°1 du SCOT du Golfe de Saint-Tropez dans son intégralité.
Elle soutient que :
- elle justifie d'un intérêt à agir à l'encontre de la délibération approuvant la modification n°1 du SCOT du Golfe de Saint-Tropez car le territoire de la commune de Saint-Tropez est couvert par ce schéma, et elle est membre de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez ;
- la délibération attaquée est illégale car les changements réalisés, qui concernent le projet d'aménagement et de développement durable, auraient nécessité une procédure de révision, par application des dispositions de l'article L. 143-29 du code de l'urbanisme ; la modification a eu pour effet de supprimer les " hameaux nouveaux intégrés à l'environnement ", qui font partie d'une orientation d'aménagement définie dans le SCOT de 2019 ; le changement en cause concerne une disposition du document d'orientations et d'objectifs (DOO) relative à la préservation des paysages ; la modification de la limite des espaces proches du rivage (EPR) a conduit à une modification des paysages et des espaces naturels tels que définis par le DOO ;
- l'exposé des motifs des modifications est incomplet, en méconnaissance des dispositions de l'article R 141-10 du code de l'urbanisme, et aucun document n'explique la modification importante de la délimitation des EPR ; la notice d'explication de la modification n'est constituée que d'un document de 3 pages, dont une demi page consacrée aux EPR ; le rapport de présentation modifié ne comble pas cette lacune ;
- si une évaluation environnementale a été réalisée dans le cadre de la modification du SCOT, celle-ci est insuffisante car l'autorité environnementale n'a pas été saisie au préalable pour avis, en méconnaissance des dispositions des articles R. 104-33 et R. 104-8 du code de l'urbanisme ; cette lacune a eu une incidence sur l'information du public car l'autorité environnementale dans cette hypothèse se prononce sur les incidences du plan sur l'environnement ; le rapport du plan sur les incidences environnementales, qui n'est constitué que de la notice de présentation, est insuffisant car il n'est constitué que par la notice de présentation, ce qui méconnaît les dispositions de l'article R. 122-20 du code de l'environnement ; la mission régionale de l'autorité environnementale (MRAe) a d'ailleurs indiqué que le peu d'éléments dans le dossier empêchait de se prononcer sur la prise en compte de l'environnement ;
- le plan d'aménagement et de développement durable (PADD) et le DOO du SCOT sont en contradiction ; la commune constitue l'un des 3 pôles majeurs de développement du territoire, tels que définis par le PADD ; ce dernier prévoit notamment le développement de la production de logements permanents sur la commune de Saint-Tropez, ce qui est en contradiction avec l'extension du périmètre des EPR ; cette extension de l'enveloppe des espaces proches du rivage obère toute possibilité de développement sur le territoire de la commune ; la nouvelle délimitation des EPR prévue par le DOO du SCOT modifié ne permet plus d'atteindre les objectifs définis par le PADD de développement des logements ;
- il existe une contradiction entre les critères d'identification des EPR, tels qu'ils sont énoncés dans le rapport de présentation et leur application graphique telle qu'elle est faite dans le DOO ;
- la définition des EPR est réalisée en méconnaissance des critères dégagés par la jurisprudence ; sur la commune, le critère de la distance d'un kilomètre par rapport au rivage neutralise les deux autres critères de co-visibilité et de la nature des espaces compris entre la parcelle et le rivage de la mer ; la spécificité du territoire de la commune de Saint-Tropez nécessitait une analyse plus fine des différents critères définis par la jurisprudence ; la délimitation des EPR par le SCOT méconnaît donc les dispositions des articles L. 121-1 et suivants et L. 121-13 du code de l'urbanisme ;
- la délibération attaquée du 21 juin 2023 méconnaît les dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme ; la définition des critères d'identification des autres secteurs déjà urbanisés par le SCOT est trop imprécise pour permettre leur application ; le SCOT modifié a supprimé un certain nombre de secteurs déjà urbanisés, présents au SCOT de 2019, sans donner d'explications.
Par des mémoires en défense enregistrés les 18 août 2023 et 15 novembre 2023, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez représentée par Me Barbeau, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Saint-Tropez une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 30 avril 2024 à 12 heures.
Un mémoire, présenté par Me Antoine pour la commune de Saint-Tropez, et enregistré le 27 mai 2024 n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juin 2024 :
- le rapport de M. Bailleux ;
- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;
- les observations de Me Antoine, représentant la commune de Saint-Tropez ;
- et les observations de Me Germe, représentant la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez.
Une note en délibéré enregistrée le 17 juin 2024 a été présentée par Me Antoine pour la commune de Saint-Tropez.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 143-24 du code de l'urbanisme : " Le schéma de cohérence territoriale est publié et transmis à l'autorité administrative compétente de l'Etat dans les conditions définies aux articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales. Le schéma est exécutoire deux mois après sa transmission à l'autorité administrative compétente de l'Etat ". En outre, l'article L. 143-25 du même code dispose que : " Toutefois, dans ce délai de deux mois, l'autorité administrative compétente de l'Etat notifie par lettre motivée à l'établissement public prévu à l'article L. 143-16 les modifications qu'il estime nécessaire d'apporter au schéma lorsque les dispositions de celui-ci : 1° Ne sont pas compatibles avec les prescriptions particulières prévues à l'article L. 122-26 et, en l'absence de celles-ci, avec les dispositions particulières aux zones de montagne et au littoral mentionnées à l'article L. 131-1 ; 2° Compromettent gravement les principes énoncés à l'article L. 101-2, sont contraires à un projet d'intérêt général, autorisent une consommation excessive de l'espace, notamment en ne prévoyant pas la densification des secteurs desservis par les transports ou les équipements collectifs, ou ne prennent pas suffisamment en compte les enjeux relatifs à la préservation ou à la remise en bon état des continuités écologiques. Dans ce cas, le schéma ne devient exécutoire qu'après l'intervention, la publication et la transmission à l'autorité administrative compétente de l'Etat des modifications demandées ". L'article L. 143-29 de ce code dispose que : " Le schéma de cohérence territoriale fait l'objet d'une révision lorsque l'établissement public prévu à l'article L. 143-16 envisage des changements portant sur : 1° Les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables ; 2° Les dispositions du document d'orientation et d'objectifs prises en application des articles L. 141-6 et L. 141-10 ; 3° Les dispositions du document d'orientation et d'objectifs relatives à la politique de l'habitat prises en application du 1° de l'article L. 141-12 ayant pour effet de diminuer l'objectif global concernant l'offre de nouveaux logements.". Aux termes de l'article L. 143-32 du même code : " Sous réserve des cas où une révision s'impose en application de l'article L. 143-29, le schéma de cohérence territoriale fait l'objet d'une procédure de modification lorsque l'établissement public prévu à l'article L. 143-16 décide de modifier le document d'orientation et d'objectifs ". Par ailleurs, selon les dispositions de l'article L. 141-10 dudit code : " Au regard des enjeux en matière de préservation de l'environnement et des ressources naturelles, de prévention des risques naturels, de transition écologique, énergétique et climatique, le document d'orientation et d'objectifs définit : 1° Les objectifs chiffrés de consommation économe de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain par secteur géographique ; 2° Les orientations en matière de préservation des paysages ainsi qu'en matière d'insertion et de qualité paysagères des activités économiques, agricoles, forestières et de production et de transport d'énergie, les espaces naturels, agricoles, forestiers ou urbains à protéger, notamment en raison de leur participation à l'amélioration du cadre de vie. Il précise la manière dont les paysages vécus et leurs composantes naturelles, historiques et socio-culturelles sont pris en compte dans les choix d'aménagements et veille à limiter les effets de saturation visuelle. Il transpose les dispositions pertinentes des chartes de parcs naturels régionaux à une échelle appropriée ; 3° Les modalités de protection des espaces nécessaires au maintien de la biodiversité et à la préservation ou à la remise en bon état des continuités écologiques et de la ressource en eau. Il peut identifier à cette fin des zones préférentielles pour la renaturation, par la transformation de sols artificialisés en sols non artificialisés ainsi que des zones propices à l'accueil de sites naturels de compensation, de restauration et de renaturation ; 4° Les orientations qui contribuent à favoriser la transition énergétique et climatique, notamment la lutte contre les émissions territoriales de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, l'accroissement du stockage de carbone dans les sols et les milieux naturels et le développement des énergies renouvelables, au sens de l'article L. 211-2 du code de l'énergie. Le document d'orientation et d'objectifs peut également identifier des zones d'accélération pour l'implantation d'installations terrestres de production d'énergies renouvelables arrêtées en application de l'article L. 141-5-3 du même code () ".
2. Premièrement, si la commune de Saint-Tropez soutient qu'une révision du SCOT approuvé le 2 octobre 2019 était nécessaire, il ressort toutefois des pièces du dossier que le préfet du Var, en prenant la décision du 20 décembre 2019, a entendu mettre en œuvre les dispositions de l'article L. 143-25 du code de l'urbanisme, qui prévoient une modification du SCOT et non sa révision.
3. Deuxièmement, la délibération litigieuse du 21 juin 2023 indique que les changements envisagés ne portent ni sur les orientations définies par le PADD, ni sur les dispositions du DOO concernant les objectifs chiffrés de consommation économe de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain, les espaces et les sites naturels, agricoles, forestiers ou urbains à protéger, ni sur les modalités de protection des espaces nécessaires au maintien de la biodiversité et à la préservation ou à la remise en état des continuités écologiques, ni sur les dispositions du DOO relatives à la politique de l'habitat, si les changements ont eu pour effet de diminuer l'objectif global concernant l'offre de nouveaux logements. Ainsi, la délibération du 21 juin 2023 indique que la modification n° 1 du SCOT qu'elle approuve s'inscrit en dehors du champ d'application des dispositions précitées de l'article L. 143-29 du code de l'urbanisme, relatif à la révision du SCOT.
4. Troisièmement, la commune de Saint-Tropez soutient encore qu'une révision était nécessaire car la délibération en litige a supprimé les HNIE (Hameaux Nouveaux Intégrés à l'Environnement), qui constituaient une des orientations définies par le PADD du SCOT approuvé le 2 octobre 2019. Toutefois, cette suppression dans le SCOT de la référence aux HNIE a été faite dans un souci de respect de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 dite loi " ELAN ". Ainsi, cette modification, qui était en outre demandée par le préfet du Var, ne peut être considérée comme une modification du PADD et du parti d'urbanisme par les auteurs du SCOT, qui aurait de ce fait nécessité une révision du SCOT, en application des dispositions de l'article L. 143-25 du code de l'urbanisme.
5. Quatrièmement, la commune de Saint-Tropez poursuit en soutenant que la délimitation des EPR ayant été complétement bouleversée dans le cadre de la présente modification n°1, une révision était nécessaire, et non une simple modification. La commune poursuit en soutenant que la délimitation des EPR est une disposition du DOO (son article 8) qui est relative à la préservation des paysages. Toutefois, il résulte des dispositions de la loi " Littoral " que la délimitation des EPR ressort de l'application des dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme et ne relève pas des orientations en matière de prévention des paysages prévues par les dispositions de l'article L. 141-10 du même code, contrairement à ce que soutient la commune de Saint-Tropez.
6. Cinquièmement et dernièrement, contrairement à ce qui est soutenu, la procédure mise en œuvre par la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez n'a pas privé d'une garantie les administrés ni le conseil communautaire dès lors qu'une concertation a été mise en place associant les habitants, les communes et les personnes publiques associées (PPA), et que la commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) a été saisie à deux reprises. En outre, et suite à l'avis défavorable des services de l'Etat, ainsi que de la première commission d'enquête, le projet de SCOT modifié a été réétudié et une seconde enquête publique s'est déroulée du 13 février 2023 au 15 mars 2023.
7. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que la commune de Saint-Tropez n'est pas fondée à soutenir qu'une procédure de révision aurait dû être mise en œuvre en lieu et place d'une procédure de modification, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 143-29 du code de l'urbanisme. Par suite, un tel moyen doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 141-10 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au cas d'espèce : " En cas de révision, de modification ou de mise en compatibilité du schéma de cohérence territoriale, les annexes sont complétées par l'exposé des motifs des changements apportés ".
9. La notice de présentation de la modification n° 1 du SCOT, document de 67 pages, précise en ses pages 9 et 10, que les EPR sont localisés au sein du SCOT d'une part, au sein du schéma de préservation du socle paysager et, d'autre part, au sein du schéma de l'accueil du développement futur. La notice de présentation rappelle également la méthode de détermination des espaces proches du rivage, grâce à la combinaison de trois critères, la co-visibilité, la distance au rivage ainsi que la nature des espaces concernés, tels que détaillés dans le tome 5 du rapport de présentation. La notice de présentation donne, en page 44, un extrait du tome 5 du rapport de présentation. Au sein de ce tome 5 du rapport de présentation, la détermination des EPR et l'application de l'extension limitée de l'urbanisation font l'objet de développements entre les pages 13 à 16. Une carte de synthèse est présentée au sein du tome 5 et localise la limite des EPR au regard des critères d'analyse. Il ressort donc des pièces du dossier que la commune de Saint-Tropez n'est pas fondée à soutenir que la notice de présentation n'expliquerait pas la modification importante en ce qui concerne la délimitation des EPR.
10. Si la commune de Saint-Tropez soutient également que l'ampleur de l'extension des EPR n'est pas quantifiée ni précisée, ladite commune ne précise pas en vertu de quelles dispositions d'urbanisme, il aurait été nécessaire de quantifier cette extension de la délimitation des EPR. Il y a lieu, par suite, d'écarter ce moyen en chacune de ses branches.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 104-3 du code de l'urbanisme : " Sauf dans le cas où elles ne prévoient que des changements qui ne sont pas susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/ CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, les procédures d'évolution des documents mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 donnent lieu soit à une nouvelle évaluation environnementale, soit à une actualisation de l'évaluation environnementale réalisée lors de leur élaboration. Un décret en Conseil d'Etat détermine les critères en fonction desquels cette nouvelle évaluation environnementale ou cette actualisation doivent être réalisées de manière systématique ou après un examen au cas par cas ". En outre, l'article R. 104-7 de ce code dispose que : " Les schémas de cohérence territoriale font l'objet d'une évaluation environnementale à l'occasion : 1° De leur élaboration ; 2° De leur révision ". Enfin, l'article R. 122-20 du code de l'environnement dispose que : " I. L'évaluation environnementale est proportionnée à l'importance du plan, schéma, programme et autre document de planification, aux effets de sa mise en œuvre ainsi qu'aux enjeux environnementaux de la zone considérée. II.- Le rapport environnemental, qui rend compte de la démarche d'évaluation environnementale, comprend un résumé non technique des informations prévues ci-dessous : 1° Une présentation générale indiquant, de manière résumée, les objectifs du plan, schéma, programme ou document de planification et son contenu, son articulation avec d'autres plans, schémas, programmes ou documents de planification et, le cas échéant, si ces derniers ont fait, feront ou pourront eux-mêmes faire l'objet d'une évaluation environnementale ; 2° Une description de l'état initial de l'environnement sur le territoire concerné, les perspectives de son évolution probable si le plan, schéma, programme ou document de planification n'est pas mis en œuvre, les principaux enjeux environnementaux de la zone dans laquelle s'appliquera le plan, schéma, programme ou document de planification et les caractéristiques environnementales des zones qui sont susceptibles d'être touchées par la mise en œuvre du plan, schéma, programme ou document de planification. Lorsque l'échelle du plan, schéma, programme ou document de planification le permet, les zonages environnementaux existants sont identifiés ; 3° Les solutions de substitution raisonnables permettant de répondre à l'objet du plan, schéma, programme ou document de planification dans son champ d'application territorial. Chaque hypothèse fait mention des avantages et inconvénients qu'elle présente, notamment au regard des 1° et 2° ; 4° L'exposé des motifs pour lesquels le projet de plan, schéma, programme ou document de planification a été retenu notamment au regard des objectifs de protection de l'environnement ; () "
12. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances d'une évaluation environnementale ne sont susceptibles de vicier la procédure et d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette évaluation que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.
13. Tout d'abord, ainsi que le fait valoir la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, il n'est pas établi que le projet de modification était soumis à une évaluation environnementale en application des dispositions de l'article R. 104-8 du code de l'urbanisme. Ensuite, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la notice de présentation de septembre 2022 (chapitre 3), que le projet de modification du SCOT a fait l'objet d'une évaluation des incidences sur l'environnement qui complète l'évaluation environnementale du SCOT approuvé le 2 octobre 2019 et qui a été retranscrite dans le tome 3 du rapport de présentation. Les résultats détaillés de cette analyse figurent également aux pages 12 à 31 de la notice de présentation.
14. Il ressort ensuite des pièces du dossier que la mission régionale d'autorité environnementale Provence-Alpes-Côte d'Azur (MRAe PACA) a émis deux avis, respectivement les 2 novembre 2021 puis le 8 décembre 2022, indiquant que l'actualisation de l'évaluation était insuffisante. D'une part, le contenu du premier avis concerne la première version de la modification, à laquelle s'est substituée une seconde version davantage aboutie du SCOT. D'autre part, si dans son dernier avis, la MRAe souligne l'aspect positif, pour l'environnement, de la nouvelle délimitation des EPR, elle conclut en indiquant que : " Pour la MRAe, l'évaluation environnementale de la modification n°1 du SCOT ne permet toujours pas d'apprécier de façon pertinente la prise en compte des enjeux du territoire (risques naturels, protections environnementales et paysagères, accès aux réseaux d'assainissement et d'eau potable, qualité de la desserte par les réseaux routiers) notamment lors de la délimitation des secteurs déjà urbanisés (SDU) au sein desquels la densification est possible. ". Ainsi, la commune de Saint-Tropez, qui se borne à indiquer que l'évaluation environnementale est lacunaire, en se fondant sur les deux avis de la MRAe, n'établit pas dans les faits que cette évaluation aurait été lacunaire et insuffisante, entraînant ainsi l'illégalité de la délibération approuvant la modification n° 1 du SCOT.
15. La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait valoir en outre que la procédure de modification est limitée aux mesures destinées à la levée de la suspension de l'exécution du SCOT par le préfet du Var et que ces modifications contribuent toutes à une protection accrue de l'environnement. Elle poursuit en faisant valoir que l'évaluation environnementale qui a été faite, même s'il ne s'agit que d'un complément à l'évaluation environnementale effectuée durant la révision initiale du SCOT, est suffisante et proportionnée à l'enjeu. La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez rappelle en outre que l'information du public a été correctement assurée grâce à l'enquête publique réalisée et également grâce au document intitulé addendum EP v3, joint au dossier de l'enquête publique, qui détaillait les modifications opérées. Cette communauté de communes fait encore valoir que l'évaluation environnementale n'a pas pu avoir une incidence sur le sens de la décision dès lors que les modifications ont été voulues par le préfet du Var et que celles-ci visent toutes à l'amélioration de l'environnement.
16. La commune de Saint-Tropez soutient enfin que l'autorité environnementale n'a pas été saisie initialement pour savoir si une évaluation environnementale était nécessaire. Toutefois, un complément d'évaluation environnementale ayant été réalisé, cette branche du moyen doit être écartée comme étant inopérante.
17. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 141-5 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable à l'espèce : " Dans le respect des orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables, le document d'orientation et d'objectifs détermine : 1° Les orientations générales de l'organisation de l'espace et les grands équilibres entre les espaces urbains et à urbaniser et les espaces ruraux, naturels, agricoles et forestiers ; 2° Les conditions d'un développement urbain maîtrisé et les principes de restructuration des espaces urbanisés, de revitalisation des centres urbains et ruraux, de mise en valeur des entrées de ville, de valorisation des paysages et de prévention des risques ; 3° Les conditions d'un développement équilibré dans l'espace rural entre l'habitat, l'activité économique et artisanale, et la préservation des sites naturels, agricoles et forestiers. Il assure la cohérence d'ensemble des orientations arrêtées dans ces différents domaines ".
18. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
19. La commune de Saint-Tropez soutient d'abord que la nouvelle délimitation des EPR, qui couvre la quasi-totalité du territoire de la commune de Saint-Tropez, ne permettra plus le développement de cette commune, notamment en termes de densification du logement, l'extension de l'urbanisation devant être limitée et justifiée au sein des EPR, conformément aux dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme. La commune poursuit en soutenant que ce classement en EPR va limiter, voire rendre impossible le développement du territoire de la commune de Saint-Tropez, en contradiction avec le PADD, qui prévoit que le développement du territoire doit se faire au bénéfice d'un recentrage autour des centres, et la commune de Saint-Tropez ayant été classée en pôle majeur par le plan local d'urbanisme, à l'instar des communes de Cogolin et Sainte-Maxime.
20. Premièrement, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait d'abord valoir que la délimitation plus restrictive des EPR, telle qu'elle résulte de la présente modification n°1 du SCOT, est l'un des objectifs du PADD. En outre, elle ajoute que le PADD fait état de manière explicite des difficultés de production de logements sur le territoire de la commune de Saint-Tropez, en particulier pour ce qui concerne les résidences principales, et le tome 5 du rapport de présentation désigne la commune de Cogolin, sur le territoire duquel le prix du foncier est plus abordable, pour être la principale contributrice en terme de logements à l'échelle du territoire du SCOT. Il est indiqué à cet égard dans ce rapport de présentation que : " Néanmoins, le DOO acte les difficultés sur le territoire à produire du logement et plus particulièrement des résidences permanentes sur les pôles majeurs et notamment Saint-Tropez. C'est pourquoi le SCOT identifie plus particulièrement la commune de Cogolin, disposant d'un foncier plus abordable, comme principale contributrice à l'effort de production de logement ".
21. Deuxièmement, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait valoir que la commune de Saint-Tropez n'explique pas en quoi la nouvelle délimitation des EPR et le fait que la quasi-intégralité du territoire de la commune de Saint-Tropez serait située à l'intérieur des EPR empêcherait la densification et la rénovation du centre ancien, et la production de logements.
22. Enfin, troisièmement et dernièrement, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait valoir qu'à supposer que cette modification de la délimitation des EPR puisse avoir un impact sur la production de logements sur le territoire de la commune de Saint-Tropez, cela n'aurait aucun impact sur les onze autres communes de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez.
23. En cinquième lieu, la commune de Saint-Tropez soutient qu'il existe également une contradiction entre l'explication donnée au sein du rapport de présentation en ce qui concerne les EPR et leur représentation graphique faite au sein du DOO.
24. La commune de Saint-Tropez soutient que l'application des critères qui sont définis au sein du rapport de présentation afin de délimiter les EPR, à savoir la distance au rivage, la co-visibilité et les caractéristiques des espaces, au territoire de la commune de Saint-Tropez, qui comprend des espaces densément bâtis et des lignes de crêtes, aurait dû conduire à une délimitation plus restreinte des EPR, par rapport à la délimitation qui a été faite au sein du SCOT modifié. Toutefois, la commune de Saint-Tropez, qui dans l'exposé de ce moyen, n'apporte pas de précisions et se borne à énoncer des généralités, ne détaille pas suffisamment son argumentation afin de permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé. La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait valoir quant à elle que si le territoire de la commune de Saint-Tropez comporte des lignes de crêtes principales, il contient également des lignes de crêtes secondaires, et que, dans ces conditions, la délimitation des EPR, présentée par la modification n° 1 du SCOT, n'est pas contradictoire avec les critères définis au sein du rapport de présentation. En outre, il appartenait à la commune de démontrer que la délimitation, telle qu'opérée au sein du document graphique du DOO était erronée, ce qu'elle n'a pas fait.
25. Il ressort donc de l'ensemble des pièces du dossier que la commune de Saint-Tropez n'est pas fondée à soutenir que les différentes parties du SCOT sont en contradiction en méconnaissance des dispositions de l'article L. 141-5 du code de l'urbanisme.
26. En sixième lieu, l'article L. 121-3 du code de l'urbanisme dispose que : " (). Le schéma de cohérence territoriale précise, en tenant compte des paysages, de l'environnement, des particularités locales et de la capacité d'accueil du territoire, les modalités d'application des dispositions du présent chapitre. Il détermine les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés prévus à l'article L. 121-8, et en définit la localisation ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 131-1 du même code, " Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 sont compatibles avec : 1o Les dispositions particulières au littoral et aux zones de montagne prévues aux chapitres I et II du titre II ; () ". En outre, l'article L. 121-8 du même code dispose que : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. ". La compatibilité du SCOT avec les dispositions littorales du code de l'urbanisme s'apprécie à l'échelle du territoire qu'il couvre et compte tenu de l'ensemble de ses orientations et prescriptions et non pas en examinant isolément les orientations arrêtées en ce qui concerne un point du territoire couvert, au regard des dispositions législatives de protection du littoral.
27. La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait valoir que le préfet du Var, dans sa décision du 20 décembre 2019, a demandé aux auteurs du SCOT de " définir les notions d'agglomération et de village indépendamment, - de déterminer les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés, prévus à l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, - de supprimer les hameaux nouveaux intégrés à l'environnement ". Il n'est pas contesté, ainsi que le rappelle la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, qu'à l'issue de la première enquête publique, qui s'est déroulée du 15 novembre 2021 au 16 décembre 2021, la commission d'enquête a émis, à l'unanimité de ses membres, le 13 janvier 2022, un avis défavorable sur le projet, au motif notamment de l'insuffisance de l'identification et de la délimitation des autres secteurs déjà urbanisés (ASDU). Elle a indiqué dans cet avis : " Ainsi, en l'état du dossier et de ce qui reste à accomplir, la commission ne peut que constater le niveau insuffisant d'avancement de cette " feuille de route ". De même, l'objectif poursuivi par cette modification du SCOT est très loin d'être atteint tant en ce qui concerne la définition des EPR que des secteurs agglomérés et SDU, deux des tâches majeures assignées au SCOT par la loi Littoral amendée par la loi ELAN () ".
28. Il est constant qu'à la suite de la seconde enquête publique, qui s'est déroulée du
13 février au 15 mars 2023, la commission a émis un second avis selon les termes suivants : " Quant aux critères d'analyse pour désigner les ASDU et la mesure de leur extension, le maître d'ouvrage a expliqué qu'il s'agit pour l'essentiel de considérations tenant à la densité des constructions, à la présence d'équipements qui les desservent (voiries, réseaux principalement), à l'implantation projetée d'installations publiques et d'autres critères comme la sécurité des emplacements vis-à-vis des aléas et autres risques. Usant de clés cohérentes de décision, c'est donc plus un travail technique de diagnostic que de décision d'orientation politique, sauf pour les projets d'implantation de services publics (Caruby à Gassin). La déclinaison de ces critères, montrée à la commission par le maître d'ouvrage, lui a mis en évidence une application cohérente sur l'ensemble du territoire et qui est bien dans l'esprit des lois ELAN et Littoral. C'est donc satisfaisant ".
29. Ainsi que le rappelle la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, le DOO du SCOT approuvé le 21 juin 2023, à son article 26, dispose : " qu'est considéré, au sein des communes littorales, comme autre secteur déjà urbanisé, tout autre espace bâti, à vocation plutôt résidentielle, caractérisé par la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs par opposition à l'urbanisation diffuse spontanée. Les hameaux historiques et les hameaux nouveaux intégrés à l'environnement (résultant de l'application de la loi Littoral avant la loi Elan) sont également considérés comme d'autres espaces urbanisés ". Le rapport de présentation précise : " Le SCOT identifie 36 autres secteurs déjà urbanisés sur les communes littorales. Chacun des espaces est identifié dans le tableau de l'objectif 26 et localisé sur les schémas du SCOT et plus particulièrement sur le schéma de l'accueil du développement futur. Ils sont encadrés par des limites à l'urbanisation déterminées par le SCOT, ne permettant pas leur extension. Pour tenir compte du contexte local, d'autres secteurs déjà urbanisés sont identifiés à l'intérieur des espaces proches du rivage. L'objectif 26 du DOO encadre les capacités d'évolution des constructions existantes au sein de ces secteurs et notamment les possibilités de démolitions reconstructions. () ".
30. Par suite, et contrairement à ce qui est soutenu, le DOO détermine, en cohérence avec le rapport de présentation, les critères des autres secteurs déjà urbanisés prévus à l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme et définit leur localisation. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-3 de ce code doit donc être écarté.
31. En septième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code de l'urbanisme, applicable en l'espèce : " Les dispositions du présent chapitre déterminent les conditions d'utilisation des espaces terrestres, maritimes et lacustres : 1° Dans les communes littorales définies à l'article L. 321-2 du code de l'environnement ; 2° Dans les communes qui participent aux équilibres économiques et écologiques littoraux, lorsqu'elles en font la demande auprès de l'autorité administrative compétente de l'Etat. La liste de ces communes est fixée par décret en Conseil d'Etat, après avis du conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 121-13 du même code : " L'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage ou des rives des plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement est justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme, selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau. Toutefois, ces critères ne sont pas applicables lorsque l'urbanisation est conforme aux dispositions d'un schéma de cohérence territoriale ou d'un schéma d'aménagement régional ou compatible avec celles d'un schéma de mise en valeur de la mer. En l'absence de ces documents, l'urbanisation peut être réalisée avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites appréciant l'impact de l'urbanisation sur la nature. Le plan local d'urbanisme respecte les dispositions de cet accord. Dans les communes riveraines des plans d'eau d'une superficie supérieure à 1 000 hectares et incluses dans le champ d'application de la loi n° 85-30 du 9 janvier 1985, les autorisations prévues aux articles L. 122-20 et L. 122-21 valent accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat au titre du troisième alinéa du présent article ".
32. La commune de Saint-Tropez soutient d'abord que la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez n'aurait pas fait usage des critères définis par la jurisprudence pour délimiter les espaces proches du rivage, que sont la distance au rivage, la co-visibilité et les caractéristiques des terrains séparant du rivage de la mer. Toutefois, ainsi que le fait valoir la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, et ainsi qu'il ressort des pièces du dossier, la notice de présentation annexée à la délibération du 21 juin 2023 précise que la détermination des EPR résulte de la combinaison des trois critères précédemment énoncés. Le rapport de présentation (tome 5) explique que " Pour la notion de distance au rivage, le DOO fait référence à une distance de l'ordre du kilomètre. L'histoire de l'urbanisation du Golfe de Saint-Tropez au cours du 20ème siècle a conduit à privilégier le développement de lotissements et d'habitations à proximité du rivage. Cette notion de proximité est constatée sur une bande d'environ 1 km du rivage, au-delà de laquelle l'intérêt de construire semblait nettement moins marqué notamment sur les secteurs de relief sans vue directe sur la mer. Au-delà de cette bande d'un kilomètre il peut donc être convenu que l'attrait du rivage n'était plus effectif et marque donc une limite à l'ambiance maritime et à l'intérêt de la proximité de la mer. En revanche, dans le cas de reliefs marqués, la vue sur mer a été un facteur de l'extension significative de l'urbanisation des versants. Cette distance du kilomètre constitue le mètre étalon pour analyser de manière comparative les deux autres critères suivants et déterminer le positionnement relatif de la limite des espaces proches du rivage ", que " Pour la notion de co-visibilité, le SCOT s'appuie sur la topographie du territoire en prenant en considération les lignes de crêtes principales et secondaires du relief et les plans paysagers successifs qu'ils dessinent. L'appréciation des perceptions par un observateur est évaluée depuis le rivage selon une approche terre/mer. Toutefois la configuration particulière de la topographie du territoire en baie, golfe, anses implique d'avoir également une lecture terre/terre, plus particulièrement sur le golfe " et que " Enfin la notion de caractéristique des espaces à considérer tient compte de deux clés d'analyse. / - La présence d'un espace densément urbanisé (cf cas n°1 sur la coupe). Dans ce cas, la limite des espaces proches du rivage se rapproche des premiers fronts urbains bâtis. / - La présence d'espaces à dominante naturelle ou agricole (cf cas n°2). Dans ce cas la limite des espaces proches du rivage recule à l'intérieur des terres, à fortiori en présence de systèmes de zones humides associés directement à la zone littorale. Dans ce cas la limite des espaces proches du rivage intègre l'intégralité de l'écosystème concernés. Ex les salins à Saint Tropez ". La cartographie des EPR ainsi modifiés apparaît au sein des annexes cartographiques du DOO de la modification.
33. Si la commune de Saint-Tropez soutient ensuite que le critère de la distance a été utilisé de manière prépondérante par rapport aux deux autres critères, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez indique qu'au contraire, la modification du SCOT a précisément pour objet de minimiser l'importance du critère de la distance et de redonner leur importance aux deux autres critères. La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait valoir sur ce point, que le préfet du Var avait indiqué, dans son courrier du 20 décembre 2019, que le critère de la distance " étalon " d'un kilomètre était en l'espèce inapproprié et qu'il était nécessaire de le pondérer avec les deux autres critères fixés par la jurisprudence.
34. La commune de Saint-Tropez soutient encore que la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez aurait dû mener une analyse plus fine des différents critères, en prenant en compte la spécificité du territoire de la commune de Saint-Tropez. Elle rappelle à cet égard que, dans le cadre de l'élaboration de son propre plan local d'urbanisme, elle a mis en œuvre une technique plus adaptée aux caractéristiques de son territoire et qu'il devrait être accordé une importance moindre au critère de la distance dans la mesure où presque la totalité du territoire de la presqu'île est couvert par cette distance. La commune ne produit toutefois pas à la présente instance l'étude détaillée qu'elle avait réalisée pour la détermination des EPR dans le cadre du plan local d'urbanisme révisé et ne donne aucune précision permettant d'établir que la fixation de la limite des EPR par le SCOT, tel que modifié en 2023, ne serait pas compatible, pour l'ensemble de son territoire, avec l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme, sachant que la compatibilité d'un tel schéma avec les dispositions particulières au littoral prévues au chapitre I du titre II du code de l'urbanisme doit s'apprécier à l'échelle du territoire qu'il couvre et compte tenu de l'ensemble de ses orientations et prescriptions, cette appréciation ne pouvant conduire à examiner isolément au regard de ces dispositions particulières les orientations approuvées en ce qui concerne tel ou tel point du territoire couvert par ce schéma. La commune ne démontre pas que l'étendue qui a été retenue pour ces EPR méconnaît les dispositions précitées, ni l'étendue qui aurait dû être retenue.
35. Enfin, la circonstance que le tribunal administratif de Toulon a rejeté différentes requêtes, dont un déféré préfectoral, dirigées à l'encontre du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Tropez, par un jugement n° 2103311, 2200009 et 2200131 en date du 29 novembre 2022, n'a pas d'incidence sur l'appréciation qui doit être portée, dans le cadre de la présente instance, sur la délimitation des EPR au sein du SCOT modifié du 21 juin 2013, en l'absence d'identité de parties, de cause et d'objet. Ainsi que le fait valoir la communauté de communes, le rejet par le tribunal administratif de Toulon de ces requêtes résulte d'ailleurs de l'argumentation développée dans ces requêtes et ne saurait être assimilé à une validation des EPR tels que définis par la commune de Saint-Tropez sur son territoire.
36. Il résulte de ce qui a été exposé aux points 32 à 35 que la commune de Saint-Tropez n'est pas fondée à soutenir que la délimitation des EPR réalisée dans le cadre de la modification n°1 du SCOT méconnaît les dispositions de l'article L. 121-1 et L. 121-13 du code de l'urbanisme.
37. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des moyens ayant été écarté, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de la requête.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
38. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE
Article 1er : La requête de la commune de Saint-Tropez est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Saint-Tropez et à la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé :
F. BAILLEUX
La présidente,
Signé :
M. BERNABEU La greffière,
Signé :
K. BAILET
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026