vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2302634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | HOFFMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 août 2023 et le 30 mai 2024, Mme C A, M. D A et M. B A, représentés par Me Hoffmann, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération en date du 12 juin 2023 par laquelle le conseil municipal de la commune de Solliès-Toucas a approuvé la révision allégée n°1 de son plan local d'urbanisme (PLU) ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Solliès-Toucas une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que les espaces verts à protéger qui grèvent sa parcelle sont manifestement disproportionnés et rendent sa parcelle inconstructible ;
- elle est incohérente dès lors qu'elle prévoit des prescriptions d'urbanisme dans une zone urbanisée et suivant la délimitation de sa parcelle, laquelle a toujours été constructible ;
- elle procède d'un détournement de pouvoir dès lors que le conseil municipal a entendu rendre impossible toute division et réinstaurer une règle de superficie minimale des terrains.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 3 novembre 2023 et le 13 juin 2024, la commune de Solliès-Toucas, représentée par Me Parisi, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.
Par courrier du 13 novembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction était susceptible d'être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1.
Par une ordonnance 19 août 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée à effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 septembre 2024 :
- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- et les observations de Me Hoffmann pour Mme A, ainsi que celles de Me Parisi pour la commune de Solliès-Toucas.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 12 juin 2023, le conseil municipal de la commune de Solliès-Toucas a approuvé la révision allégée n°1 de son plan local d'urbanisme en vue d'ajuster certaines dispositions relatives à la protection de la trame verte et bleue, comportant, sur la parcelle cadastrée AT186, la réduction de la servitude d'espace vert protégé (EVP) grevant ladite parcelle au nord et au sud, et le changement, s'agissant de la frange au sud-est, de l'EVP type " bois " en EVP type " espaces verts-jardin ".Par leur requête, les consorts A demandent l'annulation de cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation () ".
3. Ces dispositions permettent au règlement d'un plan local d'urbanisme d'édicter des dispositions visant à protéger, mettre en valeur ou requalifier un élément du paysage dont l'intérêt le justifie. Le règlement peut notamment, à cette fin, identifier un secteur en raison de ses caractéristiques particulières. La localisation de ce secteur, sa délimitation et les prescriptions le cas échéant définies doivent être proportionnées et ne peuvent excéder ce qui est nécessaire à l'objectif recherché.
4. En premier lieu, les requérants soutiennent que la délibération est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les EVP qui assortissent leur parcelle rendent cette dernière inconstructible de manière disproportionnée. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle en litige se situe dans une zone classée Ucc, dont l'article UC4 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit que l'emprise au sol des constructions ne peut excéder plus de 5% de la superficie de l'unité foncière. Ainsi, la délibération attaquée, qui a pour objet la réduction de 935,35 m2 de la surface totale de l'EVP, n'a pas pour effet de rendre inconstructible la parcelle en litige dès lors que la révision allégée approuvée a précisément pour objet de réduire la surface des EVP qui grèvent la parcelle des requérants, ainsi que le relève la notice de présentation de la révision allégée n°1, nonobstant la règle d'emprise au sol fixée par l'article UC4 du règlement du plan local d'urbanisme précité. De même, la circonstance que seule la parcelle des requérants soit grevée d'un EVP de type " bois " dans le secteur ne saurait à elle seule établir une erreur manifeste d'appréciation, les parcelles avoisinantes étant, au demeurant, grevées d'EVP type " jardins ".
5. En second lieu, les requérants soutiennent que l'EVP de type " bois " grevant leur parcelle est incohérente dès lors qu'ils sont les seuls à avoir été classés ainsi dans le secteur, alors que la végétation ayant caractérisé l'EVP de type " bois " au nord de leur parcelle est similaire à la végétation caractérisant un EVP de type " jardin " grevant également le sud de leur parcelle. Au soutien de leur moyen, ils produisent une expertise qu'ils ont diligentées, laquelle a procédé à un recensement des espèces présentes sur leur propriété et indique que : " Hormis le pin d'Alep qui peuple les pinèdes méditerranéennes et le chêne vert, aucune autre, des très nombreuses essences répertoriées, ne se rencontre, à l'état spontané, dans une forêt ou un bois de la région ". L'expertise indique également qu'en présence de pin d'Alep, extrêmement inflammable, la commune ne saurait, sans méconnaître les dispositions relatives à l'obligation légale de débroussaillement, classer en " bois " une parcelle située à moins de 50 mètres d'une habitation. Toutefois, d'une part, la circonstance que de nombreuses essences présentes dans l'EVP ne se retrouvent pas spontanément dans une forêt ou un bois ne démontre pas, pour autant, que le classement est erroné dès lors que, comme le relève implicitement l'expert, l'espace en litige est également composé de pins d'Alep et de chênes verts qui se retrouvent, précisément, dans ce type de classement. De même, la seule circonstance que l'EVP suit les contours de la propriété des requérants est sans incidence sur son classement. D'autre part, les dispositions relatives à l'obligation de débroussaillement, qui procèdent d'une législation indépendante, ne sauraient démontrer une erreur manifeste d'appréciation dans le classement en litige.
6. Enfin, il ne ressort pas du dossier que la commune, qui a diminué la servitude d'EVP grevant la parcelle concernée, a entendu rendre impossible toute division et réinstaurer une règle de superficie minimale des terrains, ainsi que le soutiennent les requérants. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.
7. Par conséquent, les conclusions aux fins d'annulation de la délibération du 12 juin 2023 doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Solliès-Toucas qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. De même, dans les circonstances particulières de l'espèce, les conclusions de la commune de Solliès-Toucas au titre des mêmes dispositions doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Solliès-Toucas au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, M. D A, M. B A et à la commune de Solliès-Toucas.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
B. Quaglierini
Le président,
Signé
J.-F. Sauton
La greffière
Signé
B. Ballestracci
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier ;
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026