mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2302736 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BAUDINO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 août et 24 novembre 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) ANDELIM PROMOTION, représentée par Me Fürstenheim, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 mars 2023 par lequel le maire de la commune de Saint-Raphaël a refusé de lui délivrer un permis de construire ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Raphaël de lui délivrer un permis de construire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Raphaël la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le projet ne méconnaît pas les dispositions de l'article UB 8.7 du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Raphaël ;
- il ne méconnaît pas les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 octobre 2023, la commune de Saint-Raphaël, représentée par Me Baudino, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société ANDELIM PROMOTION la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable à défaut pour M. A de justifier de sa qualité pour représenter la société en justice ;
- à titre subsidiaire, les moyens sont infondés.
Par courrier du 25 octobre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction était susceptible d'être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1.
Par une ordonnance du 11 avril 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée à effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- les observations de Me Baudino, représentant la commune de Saint-Raphaël,
- la société requérante n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 janvier 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) ANDELIM PROMOTION a déposé une demande de permis de construire en vue de la démolition d'une maison existante et de ses annexes, et de la construction d'un immeuble collectif de 10 logements sur les parcelles cadastrées section AS n° 44 et n° 45 situées 292 boulevard Ampere à Saint-Raphaël. Par arrêté du 13 mars 2023, le maire de cette commune a refusé le permis de construire sollicité. Par sa requête, la société ANDELIM PROMOTION demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article UB 8.7 du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Raphaël relatif à la collecte des ordures ménagères : " Toute construction nouvelle doit prévoir une ou plusieurs aires de stockage des ordures ménagères correctement dimensionnées, le plus facilement accessibles depuis la voie publique, raccordé aux réseaux d'eaux usées et comportant un point d'eau ".
3. Pour refuser le permis de construire sollicité par la société ANDELIM PROMOTION, le maire de la commune de Saint-Raphaël s'est notamment fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article UB 8.7 du plan local d'urbanisme à défaut pour le projet de prévoir la réalisation d'un local pour ordures ménagères sur le terrain d'assiette du projet.
1.
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige, dont il est constant que le terrain d'assiette se situe en zone UBa, et ayant pour objet la démolition d'une maison existante et ses annexes pour la construction d'un immeuble collectif de 10 logements, porte sur une construction nouvelle au sens et pour l'application des dispositions précitées du plan local d'urbanisme.
5. Il ressort en outre des pièces du dossier et notamment du plan de masse, que le projet prévoit la réalisation d'une aire de stockage des ordures ménagères au nord du projet, sur la parcelle cadastrée section AS n° 42. Or, il ressort du formulaire Cerfa que le projet ne porte que sur les parcelles cadastrées section AS n° 44 et 45 pour lesquelles, seules, la société ANDELIM PROMOTION a attesté avoir la qualité pour déposer une telle demande de permis de construire. Dans ces conditions, et alors qu'il est constant qu'aucun accord du propriétaire de la parcelle cadastrée section AS n° 42 n'a été versé au dossier, la société pétitionnaire ne peut se prévaloir de cette aire de stockage pour justifier du respect des dispositions de l'article UB 8.7 du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'absence de méconnaissance des dispositions de l'article UB 8.7 du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Raphaël est infondé et doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". En vertu de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. En outre, il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de l'article
R. 111-2 du code de l'urbanisme, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
7. Pour refuser le permis de construire sollicité par la société ANDELIM PROMOTION, le maire de la commune de Saint-Raphaël s'est notamment fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en raison d'une part, de la dangerosité de l'implantation d'un local-poubelle sur un rond-point au niveau d'un " cédez le passage " et d'autre part, du risque créé par l'accès à la résidence depuis ledit giratoire.
8. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse, que le projet comporte une aire de stockage des ordures ménagères située sur la parcelle cadastrée section AS n° 42 sur le boulevard Ampère et sur le carrefour giratoire y attenant. Il n'est ni allégué ni établit que les véhicules de ramassage des ordures, qui effectuent déjà la collecte des déchets pour les containers déjà présents au nord dudit rond-point, auraient des difficultés à assurer ces opérations dans des conditions de sécurité suffisantes. Les seules circonstances tenant à son implantation après un " cédez le passage " et à l'absence d'espace libre au droit de ce local-poubelles sont insuffisantes à caractériser un risque pour la sécurité publique. Il ne ressort, par ailleurs, pas des pièces du dossier que l'arrêt supplémentaire de ces véhicules pour le ramassage des ordures au droit du projet présente un risque particulier alors que le rond-point ne présente qu'une voie.
1.
9. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'accès au projet est situé en limite nord-est du terrain d'assiette du projet, donnant ainsi directement sur un rond-point. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que, eu égard aux caractéristiques de ce giratoire, à voie unique avec trois sorties comportant chacune des " cédez le passage " et pour lesquelles une visibilité suffisante est permise, ainsi qu'aux caractéristiques du projet, qui ne conduit pas, avec la réalisation de 20 places de stationnement, à une augmentation significative du trafic, serait de nature à créer un risque pour la sécurité publique. Dans ces conditions, le maire de la commune de Saint-Raphaël a commis une erreur d'appréciation en opposant la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'absence de méconnaissance de ces dispositions doit être accueilli.
10. Le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme n'est pas au nombre de ceux qui peuvent légalement justifier le refus de permis de construire sollicité par la société ANDELIM PROMOTION. Toutefois, le maire de la commune de Saint-Raphaël aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur la méconnaissance des dispositions de l'article UB 8.7 du plan local d'urbanisme.
11. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 13 mars 2023 doivent être rejetées, et par voie de conséquences, celles à fin d'injonction.
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la société ANDELIM PROMOTION au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Saint-Raphaël qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société ANDELIM PROMOTION la somme demandée par la commune de Saint-Raphaël au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société ANDELIM PROMOTION est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Raphaël présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée ANDELIM PROMOTION et à la commune de Saint-Raphaël.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2024 à laquelle siégeaient : Mme Doumergue, présidente,
M. Quaglierini, premier conseiller, Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
La rapporteure, signé
K. Martin
La présidente, signé
M. Doumergue
Le greffier, signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, P/ la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026