vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2302823 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BAUDINO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 1er septembre 2023 et 20 juin 2024, la société à responsabilité limitée CINQPLUS COMMUNITY, les sociétés civiles immobilières SCI HUILHOUT et SCI CAPZEN et M. A D, représentées par Me Gehin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2023 par lequel le maire de la commune de Saint-Raphaël a délivré un permis de construire modificatif à Mme C B, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge respective de Mme B et de la commune de Saint-Raphaël les sommes de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté du 3 mars 2023 méconnaît les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- il aurait dû être soumis à l'examen d'un nouveau permis de construire, et non d'un permis de construire modificatif ;
- il a été obtenu par fraude ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2024, la commune de Saint-Raphaël, représentée par Me Baudino, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable :
* à défaut de justifier de la qualité et de l'identité de la personne physique représentant les sociétés requérantes ;
* à défaut de justifier d'un acte de nature à établir le caractère régulier de la détention du bien par la société CINQPLUS COMMUNITY, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
* à défaut de justifier d'un intérêt pour agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens sont infondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2024, Mme C B, représentée par Me Lacrouts, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable à défaut de justifier d'un intérêt pour agir ;
- à titre subsidiaire :
* les moyens tirés du défaut d'architecte, du défaut d'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France, de l'impossibilité de recourir à un permis de construire modificatif sont fondés, mais régularisables en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;
* les autres moyens sont infondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'absence d'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France en raison de l'implantation du projet dans un site patrimonial remarquable, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-54 du code de l'urbanisme.
Les observations présentées par la commune de Saint-Raphaël le 11 juin 2024 sur ce moyen ont été communiquées aux requérants et à Mme B le jour-même.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- les observations de Me Mothere, substituant Me Gehin, représentant les sociétés CINQPLUS COMMUNITY, SCI HUILHOUT, CAPZEN et M. A D,
- les observations de Me Baudino, représentant la commune,
- Mme B n'étant ni présente ni représentée.
Une note en délibéré a été présentée par la société à responsabilité limitée CINQPLUS COMMUNITY, les sociétés civiles immobilières SCI HUILHOUT et SCI CAPZEN et M. A D et enregistrée le 10 septembre 2024 sans être communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 3 mars 2023, le maire de la commune de Saint-Raphaël a délivré à Mme C B, propriétaire de la parcelle cadastrée section BO n° 388 située 60 impasse de la pergola à Saint-Raphaël, un permis de construire modificatif en vue de la réalisation de divers travaux sur construction existante. Le 27 avril 2023, les sociétés CINQPLUS COMMUNITY, SCI HUILHOUT, CAPZEN et M. A D ont formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, lequel est resté sans réponse. Par leur requête, les trois sociétés et M. D demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté, ensemble de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
3. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial ou après avoir épuisé les voies de recours contre le permis initial, ainsi devenu définitif, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Les requérants soutiennent que le projet entrave la possibilité pour eux d'accéder à leur propriété, située sur des parcelles dont il est constant qu'elles sont voisines de la propriété de Mme B. Toutefois, et comme le font valoir la commune de Saint-Raphaël et Mme B, ledit projet, qui ne porte que sur le remplacement du toit terrasse par un toit tuiles canal, l'agrandissement des ouvertes existantes, la création d'une ouverture en rez-de-jardin sur la façade sud et le recul de toit en rez-de-chaussée sur la façade nord, est sans incidence que les conditions d'utilisation de l'impasse de la pergola, voie d'accès à leur propriété. Dans ces conditions, en se limitant à cette considération, les requérants n'apportent pas d'éléments de nature à établir que les travaux de Mme B leur auraient conféré un intérêt à agir contre le permis de construire modificatif. Par suite, les fins de non-recevoir doivent être accueillies.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête des sociétés CINQPLUS COMMUNITY, SCI HUILHOUT, SCI CAPZEN et M. A D doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Il en va de même, dans les circonstances de l'espèce, des conclusions présentées par la commune de Saint-Raphaël au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants une somme de 2 000 euros à verser à Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des sociétés CINQPLUS COMMUNITY, SCI HUILHOUT, SCI CAPZEN et M. A D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Raphaël présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les sociétés requérantes verseront à Mme B une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée CINQPLUS COMMUNITY, à la société civile immobilière SCI HUILHOUT, à la société civile immobilière CAPZEN, à M. A D, à C B et à la commune de Saint-Raphaël.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
K. Martin
Le président,
signé
J.-F. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026