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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2303174

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2303174

mardi 20 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2303174
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 septembre 2023, Mme C D, représentée par Me Lebreton, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 22 mars 2023 par laquelle le préfet du Var lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;

2°) à titre principal d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer une carte de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision ;

3°) à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à Me Lebreton au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable car elle a respecté le délai de recours contentieux pour contester la décision attaquée ; le préfet du Var était informé de sa nouvelle adresse lors du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour ; ainsi, la notification à son ancienne adresse n'a pas pu faire courir le délai de recours contentieux à compter du 24 mars 2023 ; le délai de recours a donc commencé à courir à compter du 25 avril 2023, date à laquelle la décision attaquée lui a été remise en mains propres, ainsi que le mentionne d'ailleurs la décision en litige ; Elle a demandé le bénéfice de l'aide juridictionnelle le 16 mai 2023, soit dans le délai de recours contentieux, le bureau d'aide juridictionnelle l'ayant admise à l'aide juridictionnelle totale le 29 août 2023 ;

- le refus de titre de séjour est entaché d'une erreur de fait ; l'enseignement de BTS Tourisme au sein duquel elle est inscrite prévoit un stage de 14 semaines ; ainsi, l'enseignement suivi n'est pas uniquement un enseignement à distance, car il prévoit un stage de 14 semaines nécessitant un séjour en France ;

- la décision faisant obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle alors qu'elle était en droit de se voir délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant étranger sur le fondement des dispositions l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 23 janvier 2024, le rapport de M. Bailleux, rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante costaricaine née le 09 mars 2001 à San José, est entrée en France le 13 mars 2019 munie d'un visa long séjour portant mention " conjoint de français ", valable du 1er mars 2019 au 1er mars 2020. La requérante demeure et est domiciliée à Toulon, au 157 avenue Docteur A B. Après avoir obtenu à plusieurs reprises un titre de séjour étudiant, elle a déposé, le 13 septembre 2022, une demande de renouvellement de son titre de séjour faisant alors valoir son inscription le 2 septembre 2022 à l'établissement privé d'enseignement à distance Esecad via l'organisme Skill and You, entamant alors un BTS Tourisme. Le préfet du Var, par une décision du 22 mars 2023, a opposé un refus de renouvellement de son titre de séjour, assorti d'une obligation à quitter le territoire français dans un délai 30 jours. La requérante, après avoir sollicité et obtenu l'aide juridictionnelle le 29 août 2023, a introduit sa requête devant le tribunal administratif en date du 28 septembre 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus du renouvellement du titre de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. "

3. En l'espèce, ainsi que l'indique la décision attaquée, Mme D est inscrite en BTS Tourisme au sein de l'établissement d'enseignement à distance Esecad au titre de l'année universitaire 2022/2023. La décision attaquée indique que l'enseignement est dispensé par la société SAS " Skill and You ", qui se définit comme un établissement privé d'enseignement à distance. La décision attaquée indique ensuite que l'étudiant pouvant se trouver hors de France pour suivre cet enseignement à distance, il ne peut se prévaloir d'un enseignement en France. La requérante soutient alors que dans le cadre de sa formation, elle doit réaliser au cours de son parcours un stage de 14 semaines, censé se dérouler sur le territoire français. Toutefois, si elle allègue que son stage de 14 semaines doit se dérouler en France, elle n'établit pas que celui-ci ne pourrait pas se dérouler dans un autre pays que la France d'une part, et d'autre part étant donné la courte période de ce stage, qui est de 14 semaines, elle n'établit pas qu'à supposer que le stage doive se dérouler en France, un titre de séjour soit absolument nécessaire et qu'un visa ne serait pas suffisant pour couvrir la durée de cette formation. Ainsi que le fait valoir le préfet du Var, la simple mention de ce stage ne suffit pas en l'espèce à démontrer un enseignement en France qui justifierait la délivrance d'une décision de renouvellement de titre de séjour. Il ressort donc des pièces du dossier que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Var aurait commis une erreur de fait dans l'appréciation du respect des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'erreur de fait du préfet du Var dans l'appréciation de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. L'unique moyen soulevé à l'encontre de la décision de refus de renouvellement du titre de séjour ayant été écarté, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de renouvellement du titre de séjour.

En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours :

5. La requérante soulève l'erreur manifeste d'appréciation à l'encontre de la décision d'obligation de quitter le territoire français en raison de l'illégalité alléguée de la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour. Elle doit ainsi être regardée comme soulevant le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Toutefois, ainsi qu'il vient d'être vu, la décision refusant le renouvellement de son titre de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision de refus de renouvellement de son titre de séjour doit être écarté comme étant infondé.

En ce qui concerne les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 15 juillet 1991 :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, quelque somme au titre de ces dispositions.

DECIDE

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme C D, et au préfet du Var.

Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Privat, président,

M. Bailleux, premier conseiller,

Mme Le Gars, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.

Le rapporteur,

Signé :

F. BAILLEUX

Le président,

Signé :

J-M. PRIVAT La greffière,

Signé :

K. BAILET

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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