lundi 29 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2303410 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | LEBRETON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2023, Mme D A épouse C, représentée par Me Lebreton, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'une part, d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2023 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et, d'autre part, d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer une carte de séjour temporaire sur le fondement des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ;
2°) ou à titre subsidiaire, d'une part, d'annuler l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet du Var le 10 juillet 2023 et, d'autre part, d'enjoindre au préfet du Var de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard les dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle ne pouvait pas être adoptée dans la mesure où elle pouvait bénéficier de la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2023, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante sont infondés.
Par une décision du 2 octobre 2023, Mme A épouse C a obtenu l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 janvier 2024 :
- le rapport de Mme Bernabeu ;
- et les observations de Me Lebreton pour Mme A épouse C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A épouse C, ressortissante chinoise née le 10 janvier 1969 à Guangdong, allègue être entrée en France en 2010. Elle s'est mariée le 9 septembre 2010 avec un ressortissant français en Chine et a obtenu la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjointe d'un ressortissant français de 2010 à 2017. Le 26 juillet 2022, elle a sollicité un titre de séjour sur le même fondement. Par un arrêté du 10 juillet 2023, le préfet du Var a toutefois refusé de lui délivrer le titre sollicité et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par sa requête, Mme A épouse C demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ". Selon l'article L. 412-1 de ce code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire () est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Aux termes de l'article L. 423-2 du même code : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ". L'article L. 423-3 dudit code prévoit que : " Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française ". L'article L. 423-4 du code précité précise cependant : " La rupture du lien conjugal n'est pas opposable lorsqu'elle résulte du décès du conjoint. Il en va de même de la rupture de la vie commune ". En vertu des dispositions de l'article 227 du code civil, le mariage se dissout par la mort de l'un des époux.
3. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que Mme A épouse C a obtenu des titres de séjour en qualité de conjointe de français en raison de son mariage en Chine le 9 septembre 2010 avec M. B C, dont le dernier était valable du 6 avril 2016 au 5 avril 2017. Le 21 avril 2020, M. C est décédé en Chine, où le couple s'était installé depuis 2017. Le 26 juillet 2022, la requérante, qui est revenue en France le 26 mai 2022 selon la date d'entrée figurant sur son passeport, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, expiré depuis le 5 avril 2017, en tant que conjointe de ressortissant français. Cependant, à la date de la décision de refus de séjour contestée, et également à la date du dépôt de sa demande, qui devait s'examiner comme une première demande de délivrance de titre de séjour eu égard à la date d'expiration de son dernier titre de séjour, l'intéressée n'avait plus la qualité de conjointe d'un ressortissant français, ce qui faisait obstacle à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, elle ne saurait, en toutes hypothèses, revendiquer l'application des dispositions dérogatoires de l'article L. 423-2 du même code, le mariage ayant été célébré en Chine et non en France. Enfin, la circonstance que le couple peut justifier d'une communauté de vie en France durant six ans est sans incidence dès lors qu'ainsi qu'il a été dit, l'époux de Mme A épouse C était décédé depuis plusieurs mois avant même le dépôt de la demande de titre de séjour présentée le 26 juillet 2022. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A épouse C n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus de séjour en litige serait entachée d'erreur de fait ni d'erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle, dès lors qu'elle ne justifie pas avoir fixé le centre de ses intérêts privés en France.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, un étranger ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lorsque la loi prescrit qu'il doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour. Cependant, ainsi qu'il a été exposé précédemment, Mme A épouse C ne remplit pas, à la date de la décision contestée, les conditions posées par les dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-2 de ce code pour se voir délivrer un titre de séjour. Par suite, le préfet a pu, sans erreur de droit, prononcer la mesure d'éloignement contestée.
6. En second lieu, si la requérante soutient que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, un tel moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 du présent jugement.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A épouse C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté contesté.
Sur les conclusions accessoires :
8. Par voie de conséquence, doivent être rejetées ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant au remboursement des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A épouse C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A épouse C, à Me Lebreton et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 8 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. Cros, premier conseiller,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
M. BERNABEUL'assesseur le plus ancien,
Signé
F. CROS
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026