vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2303528 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CHARREL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 octobre et 28 novembre 2023, la société Valeor, représentée par la SELARL d'Avocats Interbarreaux Cornet-Vincent-Ségurel, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
A titre principal :
- ordonner au pouvoir adjudicateur de lui communiquer les motifs détaillés de rejet de son offre et notamment le détail des notes obtenues par elle et par l'attributaire au titre des différents sous-critères de sélection des offres,
- enjoindre au pouvoir adjudicateur de différer la signature du marché dans un délai qui ne saurait être inférieur à 15 jours à compter de la réception des motifs détaillés de rejet de son offre,
A titre subsidiaire :
- annuler la procédure de publicité et de mise en concurrence lancée par la Communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération, au titre du lot n°6, à compter de la phase d'analyse des offres,
En tout état de cause :
- condamner Dracénie Provence Verdon Agglomération à lui verser la somme de 3.000 € au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Elle ne dispose d'aucune information quant aux notes attribuées au titre de différents sous-critères. L'absence de communication de ces éléments fait obstacle à ce qu'elle puisse appréhender les motifs précis de rejet de son offre et ce notamment au regard du caractère générique de l'intitulé des critères relatifs à " la valeur technique " des offres et aux " performances environnementales ".
- Le pouvoir adjudicateur a unilatéralement, et malgré les termes clairs de son offre, modifié le prix proposé par celle-ci, conduisant à son éviction de la procédure.
- Son offre a donc été manifestement dénaturée.
Par plusieurs mémoires en défense, enregistrés les 22 et 28 novembre 2023, la Communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération représentée par la SELAS CHARREL ET ASSOCIES, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la requérante à lui verser la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société requérante n'a pas été lésée par les vices dont elle se prévaut ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Harang, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Harang a lu son rapport et entendu :
- Les observations de Me Gourdain, représentant la société Valeor, et de Me Harket, représentant la Communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis d'appel public à la concurrence publié notamment au Bulletin Officiel des Annonces des Marchés Publics le 2 août 2023, la Communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération a lancé un appel d'offre ouvert en vue de la passation d'un accord-cadre à bons de commande relatif à des prestations de traitement et de valorisation des déchets. Après analyse des offres et par courrier du 20 octobre 2023, la Communauté d'agglomération a informé la société Valeor que son offre n'avait pas été retenue, celle-ci ayant été classée deuxième position avec la note de 85,45/100.
2. D'une part, aux terme de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix () ". Il appartient au juge du référé précontractuel de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésée ou risquent de la léser, fût-ce de façon indirecte, en avantageant une entreprise concurrente.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 2152-1 du code de la commande publique : " L'acheteur écarte les offres irrégulières, inacceptables ou inappropriées ". Aux termes de l'article L. 2152-2 du même code : " Une offre irrégulière est une offre qui ne respecte pas les exigences formulées dans les documents de la consultation, en particulier parce qu'elle est incomplète, ou qui méconnaît la législation applicable notamment en matière sociale et environnementale. ".
4. Il résulte de l'instruction que par courrier du 22 septembre 2023, la Communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération a observé que pour les lots 6 à 8 inclus, la société Valeor n'avait pas remis de BPU dûment complété, contrairement aux prescriptions du règlement de la consultation et l'a invitée à régulariser ce point. La société Valeor a alors retourné un BPU complété avec la mention " 0 euros " sur la ligne 2.2 du BPU concernant la taxe communale de sorte que le montant du prix n°1, auquel est additionné le montant du prix n°2, conduisent à un total de 182 euros la tonne. La société Valeor a présenté un DQE faisant état du seul prix n°1 de 130 euros et omettant d'y additionner le prix n°2 relatif aux taxes. Le DQE indiquait explicitement que le prix devait être renseigné " TGAP et taxes communales incluses ", autrement dit avec l'addition du prix n°2 Il s'ensuit qu'à raison de cette contradiction et de l'ambiguïté qui en résulte, le pouvoir adjudicateur se trouvait dans l'impossibilité d'apprécier la portée de cette offre sur ce point et si cette dernière répondait à l'ensemble des prestations prévues par le cahier des charges. Par suite, la Communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération est fondée à soutenir que cette offre ne pouvait être regardée comme respectant les exigences formulées dans les documents de la consultation.
5. Dans ces conditions, la Communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération est fondée à soutenir que cette offre devait être écartée comme irrégulière, sans que la circonstance que celle-ci ait été examinée et classée ne fasse obstacle à ce que le pouvoir adjudicateur se prévale de cette irrégularité devant le juge du référé précontractuel.
6. Enfin, les autres manquements invoqués par la société requérante, relatifs à des motifs distincts de rejet de son offre, n'ont pas été, fût-ce indirectement, susceptibles de la léser, dès lors que cette offre devait en tout état de cause être rejetée par le pouvoir adjudicateur comme étant irrégulière pour le motif relevé ci-dessus.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de la société Valeor doivent être rejetées, y compris ses conclusions aux fins d'injonction, ainsi que celles qu'elle présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à sa charge sur ce dernier fondement une somme de 1 500 euros à verser à la Communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société Valeor est rejetée.
Article 2 : La société Valeor versera une somme de 1 500 euros à la Communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Valeor, à la Communauté d'agglomération Dracénie Provence Verdon Agglomération et la société Force Var.
Fait à Toulon, le 1er décembre 2023.
Le juge des référés,
Signé
Ph. HARANG
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui la concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026