vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2303867 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BAUDINO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 novembre 2023 et 21 mars 2024, le préfet du Var demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 mai 2023 par lequel le maire de la commune de Saint-Raphaël a délivré à M. A B un permis de construire.
Il soutient que :
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions des articles 1.1 du titre VII et 2.1.1 du titre II du plan de prévention des risques naturels d'incendies de forêt (PPRIF) de la commune de Saint-Raphaël.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 janvier 2024, la commune de Saint-Raphaël, représentée par Me Baudino, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens sont infondés.
La requête a été communiquée à M. B le 8 décembre 2023, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par courrier du 7 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction était susceptible d'être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 du code précité.
Par une ordonnance du 4 avril 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée à effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- les observations de Me Baudino, représentant la commune de Saint-Raphaël,
- le préfet du Var et M. B n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 24 mai 2023, le maire de la commune de Saint-Raphaël a délivré à
M. A B, un permis de construire en vue de la construction d'une maison individuelle avec piscine sur la parcelle cadastrée section AM n° 141. Par sa requête, le préfet du Var demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
3. D'autre part, l'article 1.1 du titre VII du plan de prévention des risques naturels d'incendies de forêt de la commune de Saint-Raphaël dispose que sont interdites, dans la zone bleue de type B2, les occupations et utilisations des sols concernant " Les bâtiments non desservis par un réseau de points d'eau normalisés conforme aux prescriptions de l'article 1.2 du Titre III ". Aux termes de l'article 1.2 du titre III du plan précité : " La commune prendra toute disposition de nature à améliorer la desserte en eau conformément aux dispositions des articles 2.2.1 à 2.2.3 du Titre 2 pour la mise en sécurité des constructions existantes à la date d'approbation du présent PPRIF ". Aux termes de l'article 2.2.1 du titre II du même plan : " Les trois principes de base retenus pour qu'une zone urbanisée soit mise en sécurité au regard des ressources en eau sont : /
• Le débit nominal d'un engin de lutte contre l'incendie fixé à 60 m3/h sous une pression de 1 bar (0,1 Mpa) minimum. / • La durée approximative d'extinction d'un sinistre moyen, évaluée à deux heures. / • L'utilisation simultanée de deux engins, nécessitant en tout point, sur deux points d'eau consécutifs, un débit cumulé de 120 m3/h. / Le réseau d'eau devra être à même de fournir à tout moment 120 m3 d'eau en deux heures en sus de la consommation normale des usagers. / L'alimentation de ce réseau sera réalisée par gravité. / L'utilisation des ressources en eau spécifiques au service incendie s'effectue par l'intermédiaire d'hydrants (poteaux ou bouches) répondant aux normes NFS 61-213, installés conformément à la norme NFS 62-200. / A défaut,
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des installations de surpression sont admises sous réserve d'être secourues par un groupe moto pompe thermique, ou groupe électrogène thermique, à démarrage automatique. Les points d'eau alimentés par ces dispositifs de surpression seront identifiés individuellement par un marquage spécifique tel que précisé en annexe 3. / Ces hydrants seront espacés de 200 mètres au plus l'un de l'autre et toute construction devra s'en trouver éloignée de 150 mètres au plus. / Ces distances sont mesurées en projection horizontale selon l'axe des circulations, effectivement accessibles aux engins d'incendie ".
4. Il est constant que le terrain d'assiette du projet se situe dans la zone B2 du plan de prévention des risques naturels d'incendies de forêt de la commune de Saint-Raphaël, correspondant à une zone " risque moyen ", pour laquelle il résulte des dispositions précitées que la défense incendie doit être assurée notamment par la présence de deux poteaux d'eau incendie (PEI). Contrairement à ce que soutient la commune, ces derniers doivent se situer respectivement dans un rayon de 150 mètres maximum de la construction. S'il est constant qu'un premier PEI, PI SRL 654, se situe à moins de 150 mètres, tel n'est pas le cas du deuxième, PI SRL 500, pour lequel la distance à prendre en compte n'est pas celle de l'entrée de la parcelle section AM n° 141 mais de la nouvelle parcelle créée section AM n° 141p située à 50 mètres en recul dans l'allée Saint-Trophime. Si la commune fait valoir que le préfet du Var avait une interprétation différente de ces dispositions jusqu'à présent, tenant notamment à l'exigence qu'un seul des deux PEI se situe dans un rayon de 150 mètres, ayant permis la délivrance de nombreuses autorisations d'urbanisme, et qu'aucun autre PPRIF n'impose la présence de deux PEI dans un rayon de 150 mètres, ces circonstances sont sans influence sur la légalité de la décision attaquée. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 1.1 du titre VII et 2.2.1 du titre II du plan de prévention des risques naturels d'incendies de forêt doit être accueilli. Pour les mêmes motifs, le maire de la commune de Saint-Raphaël a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par suite, ce moyen doit également être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 24 mai 2023 doit être annulé.
Sur les conséquences de l'annulation :
6. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code précité : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui- ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
7. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à l'adoption de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du
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numérique, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation, sauf à ce qu'il fasse le choix de recourir à l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, si les conditions posées par cet article sont réunies, ou que le bénéficiaire de l'autorisation lui ait indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
8. Les vices relevés au point 4 du présent jugement n'affectent qu'une partie du projet et sont susceptibles d'être régularisés sans que cela implique d'apporter audit projet en cause un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dans ces conditions, il y a seulement lieu, en application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, d'annuler l'arrêté du 24 mai 2023, en tant qu'il méconnaît les dispositions des articles 1.1 du titre VII et 2.2.1 du titre II du plan de prévention des risques naturels d'incendies de forêt et R. 111-2 du code de l'urbanisme. Le délai dans lequel pourra être demandée au maire de cette commune la régularisation du vice constaté est fixé à six mois.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la commune de Saint-Raphaël au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 24 mai 2023 est annulé en tant qu'il méconnaît les dispositions des articles
1.1 du titre VII et 2.2.1 du titre II du plan de prévention des risques naturels d'incendies de forêt et
R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Raphaël présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet du Var, à la commune de Saint-Raphaël et à
M. A B.
Copie en sera adressée sans délai au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Draguignan, en application des dispositions de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
M. Quaglierini, premier conseiller, Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La rapporteure, Signé
K. Martin
Le président, Signé
Ph. Harang
Le greffier, Signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026