mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2304098 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2023, Mme B A, représentée par Me Lebreton, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2023 par lequel le préfet du Var lui a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2023 par lequel le préfet du Var l'a obligée à quitter le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Var, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Elle soutient que :
- la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour est illégale à l'aune de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire est illégale par exception.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 7 mars 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 12 mars 2024 le rapport de Mme Le Gars, la requérante n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante nigériane, née le 13 juillet 2003 à Santa Maria en Italie, allègue être entrée sur le territoire français le 22 février 2019. Le 9 août 2021, l'intéressée a déposé une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 18 octobre 2023, le préfet du Var a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un an. Mme A demande l'annulation des décisions refusant de lui délivrer un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire dans un délai de 30 jours.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
3. Si Mme A allègue être entrée en France pour rejoindre sa mère, avoir été scolarisée en France jusqu'en 2022 et avoir un jeune fils né en France en avril 2023, ces circonstances ne constituent pas, à elles seules, un motif exceptionnel. En outre, l'intéressée ne se prévaut d'aucune activité professionnelle ou de tout autre élément de nature à démontrer son insertion dans la société française. Dans ces conditions, le préfet du Var n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant, en application des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que Mme A n'allègue aucun motif exceptionnel ou humanitaire qui justifie son admission exceptionnelle au séjour.
4. En deuxième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ".
5. Ainsi qu'il a été dit au point 3 du présent jugement, la requérante ne justifie d'aucune attache particulière sur le territoire. A cet égard, elle n'allègue pas entretenir de lien particulier avec sa mère ni même n'établit la présence de cette dernière sur le territoire. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour. Dès lors, la décision l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours n'est pas illégale par voie d'exception.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 18 octobre 2023 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un an. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.
DECIDE
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
Le président,
Signé :
J.-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
K. BAILET
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation, la greffière.
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