mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2304113 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LAGARDERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2023, M. D A, représenté par Me Lagardère, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2023 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 75 et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser directement à Me Lagardère, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour et la décision d'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'insuffisance de sa motivation, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, dans l'application des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le préfet du Var n'a pas examiné l'entier parcours scolaire du requérant ; il a réussi un CAP frigoriste mais faute d'employeur il a poursuivi avec une formation de couvreur auprès de l'association des compagnons du devoir du tour de France, qui doit se terminer le 4 juillet 2025 ; la société Bati Sur, son employeur, est très satisfaite de son travail ; Mme Crespo, présidente de l'Association L'autre c'est nous, a par ailleurs témoigné du très bon comportement de l'intéressé et de sa très forte volonté d'intégration en France ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet du Var a commis une erreur de droit pour ne pas s'être prononcé au regard des critères définis à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; M. A n'a pas été en mesure d'être entendu ni de présenter ses observations sur l'éventualité que lui soit infligée une interdiction de retour sur le territoire français ;
- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du 4 mars 2024 près le Tribunal judiciaire de B accordant l'aide juridictionnelle totale à M. A.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 26 mars 2024, le rapport de M. Bailleux.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est un ressortissant de nationalité sénégalaise, qui est entré en France autour du 28 septembre 2020, ainsi que l'indique la décision attaquée, sans document d'identité ni visa exigés à l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'est ensuite présenté à l'Aide sociale à l'Enfance (ASE) le 28 septembre 2020, en prétendant avoir l'âge de 15 ans. Un premier jugement en assistance éducative a été rendu le 30 octobre 2021, prolongé par un second jugement le 13 janvier 2022, qui a prolongé son placement à l'Aide sociale à l'enfance (ASE). L'intéressé est sorti du dispositif ASE le 5 novembre 2023 pour minorité non avérée, suite à un examen osseux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour et d'obligation à quitter le territoire français
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ".
3. En l'espèce, la décision de refus de titre de séjour se fonde sur les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, elle précise les considérations de fait relatives à la situation du requérant, en particulier son âge, l'examen osseux effectué, la remise en cause de sa minorité et enfin la sortie du dispositif d'aide sociale à l'enfance en raison de cette remise en cause de sa minorité. La décision attaquée décrit en détail ensuite le comportement de M. A dans les différentes formations suivies, qui ne démontre pas une bonne volonté d'intégration en France selon le préfet du Var. Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et elle est donc suffisamment motivée en fait et en droit. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
5. Le requérant soutient qu'il n'est pas démontré qu'il serait âgé de plus de 18 ans et que la méthode utilisée pour calculer l'âge osseux n'est pas précisée. Il ressort toutefois des pièces du dossier, ainsi que le fait valoir le préfet du Var, que si la police aux frontières a d'abord approuvé les documents d'identité produits par le requérant en novembre 2021, les services d'aide à l'enfance trouvant le discours de M. A peu cohérent et ayant évolué entre le début de sa prise en charge et les mois qui ont suivi, un test osseux a été demandé le 13 janvier 2022 par le juge aux enfants du tribunal de B. Il ressort en outre de cette expertise osseuse concernant M. A, réalisée le 5 août 2022, que l'âge osseux de M. A a été évalué à 22,9 ans à plus ou moins 20 mois. Ainsi, au moment de la décision attaquée, le 5 décembre 2023, M. A était donc âgé, selon cette expertise, entre 22,5 ans et 26 ans. Le préfet du Var fait valoir sur ce point, sans être contesté, qu'un jugement de non-lieu en assistance éducative a été rendu par le juge aux enfants du tribunal de B le 25 octobre 2022, confirmé par la cour d'appel d'Aix-en-Provence le 19 juillet 2023. Le caractère définitif de cet arrêt n'est pas remis en cause par le requérant. En outre, il ressort de la demande de titre de séjour, jointe au dossier du requérant, que ce dernier a indiqué être né le 5 avril 2005 et que son père était décédé en 2003.
6. Ainsi, le requérant, qui ne remet pas en cause utilement les tests osseux réalisés qui ont entraîné la remise en cause de sa minorité et sa sortie du dispositif d'aide sociale à l'enfance, ne remplissait pas la condition d'âge nécessitée par les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le préfet du Var n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation dans l'application de cet article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Le requérant soutient ensuite que le préfet du Var n'a pas étudié son entier parcours scolaire, en rappelant qu'il a obtenu un CAP climatisation/frigoriste puis avoir enchainé sur une formation de couvreur auprès des compagnons du Tour de France de 2023 à 2025.
8. Toutefois, le préfet du Var, dans la décision attaquée, ainsi que dans ses écritures, revient sur le parcours de M. A. Il ressort des pièces du dossier que le bilan d'accompagnement du jeune D A, réalisé le 17 décembre 2021, adressé à l'attention de Mme C, inspectrice enfance, indique d'abord qu'en septembre 2020, suite à des interrogations sur sa majorité, il n'avait pas été admis à l'ASE. M. A avait alors saisi le tribunal pour enfants de B, qui s'est finalement prononcé le 22 octobre 2021 et a placé le jeune D A en assistance éducative jusqu'en janvier 2022. Le rapport indique encore qu'il parle correctement le français et a été d'abord scolarisé au collège Peiresc de B en janvier 2021 puis à partir du mois de septembre 2021 au lycée Golf Hôtel de Hyères. Il a été inscrit en 1ère année de CAP climatisation et froid. Il est indiqué dans ce rapport que le comportement du mineur interroge, notamment quant à ses revendications concernant son lieu d'hébergement par rapport à son lieu de scolarité. Il se montre parfois ambivalent dans sa relation à l'adulte, pouvant être parfois très respectueux et d'une politesse presqu'excessive et d'autres fois faire preuve d'exigences voire d'arrogance. Le préfet du Var rappelle ensuite que M. A a fait l'objet d'une garde à vue en date du 8 décembre 2021, suite au défaut de paiement de son ticket de bus et d'un outrage à agent. Il est indiqué dans ce rapport : " Le mineur A D a des attitudes et des comportements qui interrogent et qui mettent à mal le travail éducatif proposé. Malgré plusieurs rappels à l'ordre, il est régulièrement dans des exigences qui n'ont pas lieu d'être ". La conclusion de ce rapport indique : " D souhaite être soutenu afin de poursuivre son projet scolaire dans de bonnes conditions et obtenir un logement afin de pouvoir s'inscrire dans un projet de vie en cohérence avec ses aspirations. Néanmoins, son discours et ses attitudes peuvent interroger au regard des interactions utiles à toutes actions éducatives. A ce jour, D doit comprendre que son accompagnement doit se faire avec l'équipe éducative et dans une dynamique positive ".
9. Suite à un second rapport effectué le 23 mars 2022, il a été décidé d'exclure le jeune D A du lycée Hôtel Golf de Hyères la journée du 23 mars 2022, suite à une bagarre à laquelle il a pris part sur le lycée ce jour-là. Le jeune D A a fait l'objet d'un autre rapport décrivant un comportement inadapté et provocateur envers l'équipe éducative. Des événements sont relatés dans ce rapport, qui ont eu lieu en avril et mai 2022 et qui traduisent un comportement inadapté du jeune face aux instructeurs et instructrices. Il ne répond plus à certaines demandes des instructeurs et a même été jusqu'à insulter certains d'entre eux.
10. Il ressort donc des pièces du dossier que d'une part la condition tenant à l'âge du demandeur n'est pas réunie, M. A ayant au moment de la décision attaquée, selon l'expertise osseuse qui a été réalisée en 2022, et qui n'est pas utilement remise en cause, entre 22,5 et
26 ans. Il ne se trouve donc pas dans l'année de son dix-huitième anniversaire. Ainsi, cette condition d'âge n'étant pas remplie, le préfet du Var n'avait pas à vérifier que les autres conditions étaient également réunies, telles que le caractère réel et sérieux de la formation, les liens avec la famille restée dans le pays d'origine et le rapport de la structure d'accueil.
11. Toutefois, et au surplus, il résulte de ce qui a été dit précédemment, ainsi que le fait valoir le préfet du Var que le rapport de la structure d'accueil ne reflète pas une bonne intégration en France de M. A, ainsi qu'il ressort des termes mêmes du rapport de la structure d'accueil. Il résulte donc de l'ensemble de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Var aurait commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Il résulte de ce qui précède que les moyens ayant été écartés, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées de refus de délivrance du titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision d'Interdiction de Retour sur le Territoire Français (IRTF) :
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
14. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet.
15. Il ressort des pièces du dossier que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas motivée en fait et en droit. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Var aurait en effet pris en compte les critères fixés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour fixer l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Le requérant est donc fondé à soutenir d'une part que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée et d'autre part qu'elle est entachée d'une erreur de droit en méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
16. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler la décision d'interdiction de retour d'une durée d'un an en retenant l'erreur de motivation et l'erreur de droit en méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur les autres moyens de la requête dirigés contre ladite décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. La présente décision, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, à l'exception de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par conséquent, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Dans les circonstances particulières de l'espèce, l'Etat versera une somme de
700 euros à Me Lagardère, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 75 et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
DECIDE
Article 1er : La décision du 5 décembre 2023 par laquelle le préfet du Var a interdit à M. A de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à Me Lagardère une somme de 700 (sept cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991, à condition qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. D A, à Me Lagardère et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé :
F. BAILLEUX
Le président,
Signé :
J.-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
K. BAILET
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026