LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2304156

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2304156

lundi 26 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2304156
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Dhib, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2023 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de cette notification et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant la durée de ce réexamen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est privée de base légale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 janvier 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une lettre du 22 janvier 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il y a lieu de procéder à une substitution de base légale en substituant aux dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en tant qu'elles portent sur la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié, sur lesquelles s'est fondé le préfet du Var mais qui ne sont pas applicables aux ressortissants marocains s'agissant d'un point traité par l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en matière de séjour et d'emploi, le pouvoir discrétionnaire dont dispose le préfet pour apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation d'un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié (décision du Conseil d'Etat statuant au contentieux du 31 janvier 2014, Ministre de l'intérieur contre Nassiri, n° 367306, mentionnée aux tables du recueil Lebon).

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 novembre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulon.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en matière de séjour et d'emploi ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Cros a été entendu au cours de l'audience publique du 5 février 2024 lors de laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né le 28 janvier 1987, a demandé le

4 avril 2022 la délivrance d'une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 12 octobre 2023, le préfet du Var a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et l'a interdit de retour pendant une durée d'un an. Le requérant demande l'annulation des trois premières décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le cadre juridique du litige :

2. D'une part, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en matière de séjour et d'emploi : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "salarié" éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles () ". Selon l'article 9 du même accord : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à l'admission exceptionnelle au séjour : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

4. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, au sens de l'article 9 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation de la situation d'un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.

5. L'arrêté attaqué indique, à bon droit, que M. B ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui de sa demande de délivrance d'un titre de séjour au titre d'une activité salariée, s'agissant d'un point déjà traité par l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, et qu'il appartient au préfet du Var d'apprécier l'opportunité d'exercer sur ce point son pouvoir discrétionnaire de régularisation. Toutefois, l'arrêté attaqué énonce ensuite, de manière contradictoire, que l'intéressé " ne remplit pas les conditions de délivrance d'un titre de séjour portant la mention "salarié/ travailleur temporaire" () au titre de l'article L. 435-1 ". Par suite, ainsi que les parties en ont été averties, il y a lieu de substituer, à cette base légale erronée, celle tirée du pouvoir discrétionnaire dont dispose le préfet de régulariser ou non la situation de M. B, dès lors que cette substitution de base légale n'a pas pour effet de priver l'intéressé d'une garantie et que le préfet dispose du même pouvoir d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir général de régularisation que lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 précité.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre le refus de titre de séjour :

6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ". L'arrêté attaqué a été signé par

M. Lucien Giudicelli, secrétaire général de la préfecture du Var, sous-préfet de l'arrondissement de Toulon, qui avait reçu délégation du préfet du Var, par un arrêté n° 2023/47/MCI du

21 août 2023 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 156, pour signer notamment " tous actes, décisions () en matière de police des étrangers ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.

7. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit aux points 4 et 5, M. B ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui de sa demande d'admission au séjour en qualité de salarié, ce point étant déjà traité par les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du

9 octobre 1987. Le moyen tiré de la violation de ces dispositions est donc inopérant.

8. En tout état de cause, à supposer même que M. B soit regardé comme invoquant une erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet du Var dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation par le travail, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est entré régulièrement en France le 19 juin 2018 muni d'un visa portant la mention " travailleur saisonnier " et qu'il a bénéficié d'une carte de séjour en qualité de travailleur saisonnier valable trois ans, du 30 juillet 2018 au 29 juillet 2021, date à compter de laquelle son maintien en France est devenu irrégulier jusqu'au dépôt de sa demande de titre de séjour en litige, le 4 avril 2022. Selon les bulletins de salaire qu'il produit, M. B a été employé successivement comme ouvrier agricole par la société Légumes du Luberon du

21 au 30 juin 2018, en août 2018 et du 1er au 11 septembre 2018, comme ouvrier agricole par la SARL Rifai en mars et avril 2019, comme agent administratif par la SARL HCH Protection 2 du 12 au 31 juillet 2019, comme oliveur puis ouvrier agricole par la SCEA Château Virant du

16 octobre 2019 au 30 juin 2020 et du 3 août au 30 novembre 2020, comme ouvrier agricole par la SASU AJMI Renov du 2 janvier 2021 au 31 janvier 2022 et enfin comme ouvrier agricole par la SASU PACA Taille du 24 août au 30 septembre 2022 et du 24 au 31 octobre 2022. Si

M. B se prévaut ensuite d'un contrat à durée indéterminée à temps complet en qualité d'ouvrier agricole polyvalent conclu avec l'entreprise individuelle Lahmami Assam prenant effet au 1er décembre 2022, assorti d'une attestation accusant réception de la déclaration préalable à l'embauche effectuée le 27 janvier 2023 auprès de la mutualité sociale agricole et mentionnant une date d'embauche au 3 janvier 2023, il ne produit cependant aucun bulletin de salaire prouvant l'exécution effective de ce contrat de travail, laquelle n'est donc pas établie. Au total, M. B justifie donc globalement, sur la période de cinq ans, trois mois et vingt jours qui va du 21 juin 2018, date d'entrée en activité mentionnée dans le premier bulletin de salaire versé aux débats, jusqu'au 12 octobre 2023, date de l'arrêté attaqué, de seulement deux ans, sept mois et dix jours de travail salarié rémunéré. En outre, le requérant ne justifie d'aucun diplôme ni qualification professionnelle et n'apporte aucune précision sur les caractéristiques des divers emplois qu'il a occupés. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le préfet du Var n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant, dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, d'accorder un titre de séjour à M. B en qualité de salarié.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans enfant à charge. Il ne justifie d'aucun lien personnel ou familial sur le territoire français, se bornant à produire sur ce point ses avis d'imposition et une facture d'électricité. Il ne soutient pas être dépourvu d'attaches familiales au Maroc où il a vécu jusqu'à l'âge de 31 ans et où résident, selon les mentions non contestées de l'arrêté attaqué, sa mère, son frère et sa sœur. Dans ces conditions, le préfet du Var n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels le refus de séjour a été pris.

11. Par conséquent, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision de refus de titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne le moyen dirigé contre l'obligation de quitter le territoire français :

12. La décision de refus de titre de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français par voie d'exception de l'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté.

13. Il s'ensuit que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par conséquent, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par M. B, lequel au demeurant n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été accordée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Var.

Délibéré après l'audience du 5 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bernabeu, présidente,

M. Cros, premier conseiller,

M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2024.

Le rapporteur,

Signé

F. CROS

La présidente,

Signé

M. BERNABEU

La greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions