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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2304209

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2304209

mardi 14 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2304209
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 décembre 2023, Mme G B A, représentée par Me Bochnakian, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 avril 2023 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai, sur le fondement des articles L. 911-1 et L. 911-3 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est recevable car le préfet du Var a envoyé l'arrêté critiqué à une adresse erronée ; l'adresse qui figure en première page de l'arrêté est le 36 Allée du docteur C, alors qu'elle habite depuis sa demande de titre de séjour avec son concubin à l'adresse 36 Allée du Docteur C E à Toulon ; il appartient au préfet du Var de justifier de la bonne notification de l'arrêté critiqué à l'adresse complète de la requérante ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entrée sur le territoire français le 1er octobre 2018 ; elle vit en situation maritale depuis cette date avec M. F D, avec qui elle a eu un enfant, né en mars 2021 ; elle vit avec son enfant depuis la naissance de celui-ci ; elle doit donc être présumée contribuer à son entretien et à son éducation ;

- la décision attaquée méconnaît également les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen, ainsi que l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- en outre, en qualité de parent d'enfant français, elle est protégée de la reconduite à la frontière, en application des dispositions de l'article L. 611-3-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête de Mme B A est irrecevable car l'arrêté lui a été notifié le 19 avril 2023 et la requête a été introduite après l'expiration du délai de recours contentieux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 avril 2024 :

- le rapport de M. Bailleux, rapporteur ;

- les observations de Me Bochnakian, représentant Mme B A ;

- et les observations de Mme B A.

Une note en délibéré présentée par Me Bochnakian pour Mme B A a été enregistrée le 9 avril 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme G B A, ressortissante de nationalité malaisienne, née en 1991, allègue être entrée en France le 1er octobre 2018. Elle déclare vivre en concubinage avec un ressortissant français depuis cette date. Elle est mère d'un enfant français, né à Toulon le 1er mars 2021. Elle a sollicité, du préfet du Var, le 23 mars 2021, un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en sa qualité de parent d'enfant français. Le préfet du Var a pris une décision de refus de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination, par un arrêté préfectoral du 14 avril 2023. Il s'agit des décisions attaquées dans la présente instance.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation. Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine ".

3. Le préfet du Var fait valoir que l'arrêté du 14 avril 2023 fait apparaître les voies et délais de recours, et qu'il a été notifié le 19 avril 2023 mais qu'il n'a pas pu être distribué à son destinataire, Mme B A, et qu'il est retourné à son expéditeur, le 20 avril 2023.

4. Il ressort des pièces du dossier que l'adresse indiquée sur l'avis de recommandé avec avis de réception est La Mésange au 36 Allée du Docteur C E, sur la commune de Toulon, ainsi qu'il apparaît sur le bordereau produit à l'instance par le préfet du Var. Ce bordereau comporte la mention " destinataire inconnu à l'adresse " et le détail électronique de l'acheminement indique en date du 19 avril 2023 que le courrier a été retourné à l'expéditeur pour cause de boîte aux lettres non identifiée. Il ressort donc des pièces du dossier, ainsi que le fait valoir le préfet du Var, que l'arrêté attaqué a été régulièrement notifié à son destinataire en date du 19 avril 2023. Par suite, la requête introduite le 21 décembre 2023 a été introduite au-delà du délai de recours contentieux de 30 jours.

5. Au surplus, le préfet du Var fait valoir sans être contesté, la requérante le reconnaissant même dans ses écritures, que l'arrêté du 14 avril 2023 a été remis en mains propres au cours du mois de septembre 2023 à la requérante. Ainsi, le délai de 30 jours du recours contentieux était expiré à l'introduction de la requête le 21 décembre 2023.

6. Il ressort donc des pièces du dossier que le préfet du Var est fondé à faire valoir que la requête est irrecevable car tardive. Il y a lieu ainsi d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Var et de rejeter les conclusions à fin d'annulation comme étant irrecevables. Il y a lieu par voie de conséquence de rejeter également les conclusions à fin d'injonction.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, quelque somme que ce soit au titre de ces dispositions.

DECIDE

Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme G B A et au préfet du Var.

Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Privat, président,

M. Bailleux, premier conseiller,

Mme Le Gars, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.

Le rapporteur,

Signé :

F. BAILLEUX

Le président,

Signé :

J.-M. PRIVAT La greffière,

Signé :

K. BAILET

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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