lundi 11 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2400005 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FENNECH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2024, et un mémoire, enregistré le 6 février 2024, M. A C, représenté par Me Fennech, demande, dans le dernier état de ses écritures, au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2023 par lequel le préfet du Var a refusé de lui renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros qui sera versée à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le signataire de l'acte ne justifie pas d'une délégation de signature ;
- la décision de refus de renouvellement de titre de séjour et la mesure d'éloignement sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est père de trois enfants français et qu'il justifie subvenir à leurs besoins ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- il est présent en France depuis plus de dix ans et est salarié en contrat à durée indéterminée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés
Un mémoire présenté pour M. C, enregistré le 15 février 2024, n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin,
- et les observations de Me Fennech pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant tunisien, né le 22 mai 1985, déclare être entré en France le 16 juillet 2011. Par une demande présentée le 26 décembre 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 30 octobre 2023, dont M. C demande l'annulation, le préfet du Var a refusé de lui renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023/47/MCI du 21 août 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, n° 156, le préfet du Var a donné délégation à
M. Lucien Giudicelli, secrétaire général de la préfecture du Var, à l'effet de signer tous les actes et décisions notamment en matière de police des étrangers dans le département du Var. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, par suite, être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". En outre, selon les dispositions de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur ".
4. Si M. C démontre être le père de trois enfants français dénommés Ilyem C né le 12 janvier 2015, Adem C né le 13 novembre 2016 et Inaya C née le 5 janvier 2018, il ne produit toutefois, pour établir qu'il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de ceux-ci, qu'une attestation de Mme B, mère des enfants, rédigée le 23 décembre 2023, indiquant que le requérant s'occupe régulièrement des enfants et verse une pension alimentaire de 300 euros par mois, la preuve d'un virement au titre de la pension alimentaire pour les seuls mois de septembre et d'octobre 2023, ainsi qu'une attestation du directeur d'une école élémentaire de Toulon et celle d'un médecin pédiatre indiquant respectivement que l'intéressé vient chercher l'un de ses fils à la sortie de l'école et qu'il a accompagné l'un de ses enfants en consultation le 10 décembre 2023. Dans ces conditions, par la production de ces seuls documents, le requérant, qui n'établit nullement vivre en concubinage avec la mère de ses enfants, ne peut être regardé comme justifiant de sa contribution effective à l'entretien et à l'éducation de ses derniers depuis la naissance de ceux-ci ou depuis au moins deux ans. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que c'est en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que les décisions attaquées ont été prises.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
6. Compte tenu de ce qui vient d'être dit au point 4, il n'est en rien établi que les décisions attaquées porteraient atteinte à l'intérêt supérieur des enfants de M. C en méconnaissance de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. En quatrième et dernier lieu, l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Le requérant fait valoir être entré en France en 2011 et y avoir construit sa vie familiale et professionnelle depuis lors, sans toutefois produire des pièces justifiant sa présence sur le territoire national de manière effective depuis la date alléguée. En outre, M. C ne produit qu'un contrat à durée déterminée datant du mois de février 2022, converti en contrat à durée indéterminée en janvier 2023, lequel ne permet de démontrer qu'une insertion professionnelle en France particulièrement récente. Il ressort également des pièces du dossier que le requérant est célibataire et n'est pas dépourvu de tout lien avec son pays d'origine où il a vécu la majorité de sa vie. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit plus avant, il n'établit pas sa contribution effective à l'entretien et à l'éducation de ses enfants. Dans ces conditions, les décisions litigieuses, qui ne sont pas assorties d'une interdiction de retour, ne portent pas atteinte de manière disproportionnée à sa vie privée et familiale, et ne méconnaissent ainsi pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir tirée de la tardivité de la requête, les conclusions de M. C tendant à l'annulation des décisions attaquées doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : la requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 19 février 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. Cros, premier conseiller,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTINLa présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
G. GUTH
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026