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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2400183

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2400183

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2400183
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée 18 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Mayoussier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2023 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- le préfet a commis une erreur d'appréciation en estimant qu'il était entré irrégulièrement sur le territoire français ;

- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 10 de l'accord franco-tunisien ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête est irrecevable comme tardive.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mars 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulon.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Montalieu a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant tunisien né en juillet 1996, est entré en France en 2019 selon ses déclarations. Le 5 décembre 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint de français et de parent d'enfant français. Par un arrêté du 17 novembre 2023, le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision () ". Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " I. - Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément.".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du préfet du Var du 17 novembre 2023, qui comportait la mention exacte des voies et délais de recours, a été adressé à M. B par lettre recommandée avec accusé de réception. Le pli ayant été présenté le 22 novembre 2023 mais n'ayant pas été retiré auprès du point de retrait, il a été retourné en préfecture, revêtu de la mention " pli avisé et non réclamé " le 12 décembre 2023. En se bornant à faire valoir qu'il n'a jamais été avisé dudit pli, les allégations de M. B ne permettent pas de remettre sérieusement en cause les mentions figurant dans l'historique de suivi du pli selon lesquelles " un avis de passage a été déposé par le facteur ". Dans ces conditions, la notification de l'arrêté attaqué doit être regardée comme ayant été régulièrement effectuée le 22 novembre 2023, date de présentation du pli au domicile déclaré du requérant, et ayant fait courir le délai de trente jours dont disposait M. B pour saisir le tribunal d'un recours. La demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B le 9 janvier 2024, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux, n'a pas eu pour conséquence de proroger ledit délai. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le préfet doit être accueillie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Var.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

Mme Mathilde Montalieu, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.

La rapporteure,

Signé

M. MONTALIEU

Le président,

Signé

Ph. HARANG

La greffière,

Signé

A. CAILLEAUX

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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