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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2400422

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2400422

jeudi 21 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2400422
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre - Juge Unique
Avocat requérantLEBRETON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 février 2024, M. B C A, représenté par Me Lebreton, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation administrative dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir.

M. A soutient que :

L'arrêté pris dans son ensemble :

- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

L'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Le préfet conteste chacun des moyens invoqués.

Vu :

- la décision par laquelle la présidente du Tribunal a désigné M. Sauton, vice-président, pour statuer sur les requêtes présentées sur le fondement de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sauton,

- et les observations de Me Lebreton, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 6 février 2024, le préfet du Var a obligé M. A, ressortissant guinéen né en 1989, à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français. Le préfet a fondé sa décision sur les dispositions, en particulier, du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'intéressé demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

3. M. A allègue être entré en France en 2018 et soutient qu'il justifie d'une insertion au sein de la société française du fait qu'il aurait toujours travaillé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A ne travaille plus à la date de l'arrêté attaqué au sein de la société Mistral Car Wash. Par ailleurs, l'intéressé ne produit aucun élément permettant de justifier qu'il entretient des liens privés et familiaux sur le territoire, en particulier avec la concubine et l'enfant qu'il a évoqués lors de son audition, ni de l'impossibilité de mener une vie personnelle normale dans son pays d'origine. Dès lors, eu égard à la durée et aux conditions de séjour en France, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle.

1.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

4. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".

5. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

6. M. A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai. Il n'établit aucune circonstance humanitaire susceptible de conduire l'autorité administrative à ne pas prononcer d'interdiction de retour. Il allègue seulement qu'il bénéficierait d'un domicile stable sans toutefois produire d'éléments au soutien de ses allégations. S'il soutient qu'il a exercé une activité professionnelle, il ne justifie pas de l'ancienneté de son séjour en France. L'intéressé n'est ainsi pas fondé à soutenir que le préfet du Var aurait méconnu les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni entaché à cette occasion sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'une quelconque disproportion au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle tant sur le principe de la mesure que sur la durée.

7. Il résulte ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée

Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. B C A et au préfet du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.

Le magistrat désigné, Signé

JF. SAUTON

La greffière, Signé I.REZOUG

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme, Pour la greffière en chef, La greffière

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