vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2400786 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PAPAPOLYCHRONIOU SOPHIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 mars et 17 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Papapolychroniou, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de renouveler son titre de séjour portant la mention " étudiant ", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdite de retour sur le territoire pendant une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Var, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation administrative dans le même délai et de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification dudit jugement, à titre infiniment subsidiaire, de lui accorder un délai de départ supérieur pour préparer son départ, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Papapolychroniou sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
* L'arrêté attaqué :
- a été signé par une personne incompétente ;
- est insuffisamment motivé ;
* La décision lui refusant un titre de séjour :
- est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation à l'aune de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation à l'aune de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* La décision l'obligeant à quitter le territoire :
- est illégale par voie de conséquence et est dépourvue de base légale ;
- est entachée d'erreur de droit à l'aune de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle ne peut pas être éloignée ;
* La décision lui refusant un délai de départ supérieur à trente jours :
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation à l'aune de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* La décision l'interdisant de retour sur le territoire :
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation à l'aune de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* La décision fixant le pays de renvoi :
- est entachée d'erreur d'appréciation à l'aune des conséquences sur sa situation personnelle compte tenu de ses attaches en France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention d'établissement entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République gabonaise, signée à Libreville le 11 mars 2002 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 avril 2024 :
- le rapport de Mme Le Gars, rapporteure ;
- et les observations de Me Papapolychroniou représentant la requérante, le préfet du Var n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante gabonaise née le 16 mai 2001 à Libreville, est entrée sur le territoire français le 17 septembre 2020 sous couvert d'un visa long séjour. Le 15 novembre 2023, Mme B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant " valable jusqu'au 6 janvier 2024. Par un arrêté du 23 janvier 2024, le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, l'a interdite de retour sur le territoire pendant une durée d'un an et l'a informée qu'elle fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Eu égard à l'urgence qui s'attache au jugement de l'affaire, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ". L'arrêté attaqué a été signé par M. Lucien Giudicelli, secrétaire général de la préfecture du Var, sous-préfet de l'arrondissement de Toulon, qui avait reçu délégation du préfet du Var, par un arrêté n° 2023/47/MCI du 21 août 2023 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 156, pour signer notamment " tous actes, décisions () en matière de police des étrangers ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
5. En second lieu, l'arrêté attaqué mentionne les circonstances de droit qui en constituent le fondement. Il mentionne également les éléments de fait relatifs à la situation personnelle de l'intéressée, notamment sa situation familiale et professionnelle, qu'elle est étudiante, célibataire et est hébergée chez sa tante. Si elle soutient que le préfet du Var n'a pas tenu compte de son inscription en première année de licence en langues étrangères au titre de l'année 2023-2024, il ressort toutefois des termes de l'arrêté qu'il mentionne cette circonstance ainsi que les inscriptions précédentes en première année depuis l'année scolaire 2020-2021. Ainsi, et alors qu'il n'est pas tenu de mentionner l'ensemble des circonstances de fait propres à la situation de l'intéressée, l'arrêté comporte les circonstances de droit et de fait permettant d'en contester le bien-fondé et est, par conséquent, suffisamment motivé.
En ce qui concerne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour présentée en qualité d'étudiant d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies. Le renouvellement du titre suppose que les études soient suffisamment sérieuses pour qu'elles puissent être regardées comme constituant l'objet principal du séjour, établissant une progression significative dans leur poursuite et le caractère cohérent desdites études.
7. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de la requérante, le préfet du Var s'est fondé sur la circonstance que Mme B ne pouvait justifier de la réalité et du caractère sérieux de ses études et du caractère cohérent de son parcours en France. Il est constant que la requérante a abandonné sa licence de droit à l'issue de sa première année et s'est réorientée, pour l'année 2021-2022, en étude de langues étrangères, à savoir l'anglais et l'espagnol. Il est également constant que l'intéressée a triplé sa première année de licence en langues étrangères qui allègue avoir redoublé une première fois sa première année en raison de ses difficultés d'adaptation et du changement de mode de vie à son arrivée en France. En outre, l'intéressée se contente de soutenir qu'elle a obtenu le renouvellement de son inscription administrative pour une troisième première année en licence de langues étrangères pour l'année scolaire 2023-2024 mais n'apporte en revanche aucun commencement d'explication eu égard à son deuxième redoublement ni ne verse à l'instance aucun relevé de note ni attestation de professeurs permettant d'établir une éventuelle progression dans ses études ou d'attester de son sérieux. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Var a commis une erreur de droit ni a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un titre de séjour.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".
9. La requérante est présente sur le territoire depuis septembre 2020 en tant qu'étudiante. Elle soutient être hébergée chez sa tante depuis son arrivée et il ressort des pièces du dossier qu'elle travaille à temps partiel en tant qu'agent de service dans une agence de propreté. Cependant, ces deux circonstances ne peuvent constituer à elles seules des motifs exceptionnels justifiant son admission exceptionnelle au séjour alors qu'elle ne se prévaut par ailleurs d'aucune attache personnelle ni intégration associative particulière. La requérante ne se prévaut pas davantage de considérations humanitaires. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Var, qui n'était pas tenu d'examiner sa situation à l'aune des dispositions précitées, a entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder un titre de séjour sur le fondement sollicité.
10. En troisième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
11. Il est constant que Mme B est célibataire et sans charge particulière. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 du présent jugement que l'intéressée, à l'issue de sa quatrième année de présence sur le territoire, ne justifie d'aucune insertion personnelle, associative ni professionnelle particulière dans le cadre de son diplôme ni à l'extérieur de l'université. Ainsi, la requérante, qui a vécu la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine et n'y est, par ailleurs, pas dépourvue d'attaches, n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Var a porté une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en refusant de lui délivrer un titre de séjour qui n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision obligeant à quitter le territoire :
12. En premier lieu, aux termes du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".
13. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Dès lors, la requérante n'est pas davantage fondée à soutenir que le préfet ne pouvait légalement procéder à son éloignement sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 précité.
14. En deuxième lieu, la requérante soutient que le préfet du Var ne pouvait légalement procéder à son éloignement dès lors qu'elle est fondée à solliciter la délivrance d'un titre de séjour de plein droit sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cependant, l'admission exceptionnelle au séjour relève du pouvoir discrétionnaire du préfet et ne constitue pas un droit pour les intéressés. Au surplus, il résulte de ce qui précède, notamment de ce qui a été dit aux points 5, 7 et 9 que l'intéressée n'est pas fondée à solliciter la délivrance d'un titre de séjour.
15. En dernier lieu, l'alinéa 2 de l'article 8 de la convention d'établissement entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République gabonaise, signée à Libreville le 11 mars 2002 stipule que : " () Les autorités de l'une des Parties contractantes ayant prononcé une mesure d'éloignement à l'encontre d'un ressortissant de l'autre Partie sont tenues de lui permettre d'avertir immédiatement un conseil, son consulat ou une personne de son choix, afin d'assurer la sauvegarde de ses biens et intérêts privés ".
16. Mme B, représentée par Me Papapolychroniou, s'est vue notifier une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et n'a fait l'objet d'aucune mesure privative de liberté. Elle n'établit ni même ne soutient que l'administration a fait obstacle, de quelque façon que ce soit, à ce qu'elle puisse avertir immédiatement un conseil, son consulat ou une personne de son choix. Il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que les voies et délais de recours ont été portés à sa connaissance lors de sa notification. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance des stipulations précitées de la convention d'établissement entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République gabonaise manque en fait et ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire supérieur à 30 jours :
17. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".
18. D'une part, ces dispositions n'imposent pas au préfet de démontrer l'absence de circonstances particulières susceptibles, le cas échéant, de justifier un délai d'une durée supérieure à trente jours ou une prolongation de ce délai, lorsqu'il prend une décision d'éloignement prévoyant un délai de départ volontaire de trente jours. Dès lors, le préfet du Var n'était pas tenu de motiver spécifiquement sa décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours pour l'exécution de la mesure d'éloignement, alors que la requérante n'avait pas expressément demandé le bénéfice d'une prolongation du délai de départ volontaire ou produit d'éléments susceptibles de justifier une telle prolongation dans le cadre de sa demande de titre de séjour.
19. D'autre part, si Mme B soutient que le préfet aurait dû lui permettre de terminer son année scolaire, cette seule circonstance n'est pas, à elle seule, de nature à démontrer que le préfet a, en fixant à trente jours le délai de départ volontaire qui lui a été accordé, commis une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision l'interdisant de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an :
20. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
21. Si le préfet du Var a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an à l'égard de l'intéressée, il n'a en revanche pas motivé cette décision à l'aune des critères fixés à l'article L. 612-10 précité alors que la requérante est présente régulièrement sur le territoire depuis quatre ans et soutient, sans être contestée, ne pas constituer une menace pour l'ordre public. Par suite, Mme B est fondée à soutenir que la décision l'interdisant de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
22. La requérante soutient que la décision fixant le Gabon en pays de renvoi a des conséquences particulièrement défavorables sur sa situation mais n'assortit pas son moyen des précisions juridiques et factuelles permettant d'en apprécier le bien-fondé alors, au demeurant, qu'il est constant qu'il s'agit de son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Par suite, la requérante n'est pas fondée à solliciter l'annulation de cette décision.
23. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est fondée à solliciter uniquement l'annulation de la décision du 23 janvier 2024 par laquelle le préfet du Var l'a interdite de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
24. Eu égard au motif d'annulation retenu, il n'y a pas lieu d'enjoindre au préfet du Var de prendre une décision dans un sens déterminé sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ni de procéder au réexamen de la situation administrative de l'intéressée sur le fondement de l'article L. 911-2 du même code. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
25. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, une quelconque somme au bénéfice de la requérante, qui est par ailleurs admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
DECIDE
Article 1er : Mme B est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision du préfet du Var en date du 23 janvier 2024 interdisant à Mme B de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an est annulée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Papapolychroniou et au préfet du Var.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 23 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
Le président,
Signé :
J.-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026