mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2400837 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 11 mars 2024, Mme A C, épouse B, représentée par Me Zepi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdite de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer le titre de séjour sollicité ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 10 de l'accord franco-tunisien.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête et fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Un mémoire présenté par Mme C a été enregistré le 27 mai 2024, soit après la clôture d'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 mai 2024 :
- le rapport de Mme Le Gars ;
- et les observations de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, épouse B, ressortissante tunisienne née le 2 mai 2001 à Karouan, allègue être entrée sur le territoire français le 15 juillet 2017. Le 28 décembre 2022, l'intéressée a déposé une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 15 janvier 2024, le préfet du Var a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdite de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Mme C demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. () ".
3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l'adresse de l'intéressé, dès lors du moins qu'il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
4. Le préfet du Var oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête. Il ressort des pièces du dossier que le pli recommandé contenant la décision du préfet en date du 15 janvier 2024 a été adressé à Mme C épouse B à l'adresse déclarée lors du dépôt de sa demande de titre de séjour avant d'être retourné à l'expéditeur le 13 février 2024, avec la mention " pli avisé et non réclamé ". L'historique de ce pli indique qu'un avis de passage a été déposé le 24 janvier 2024 par le facteur à cette adresse. Par ailleurs, il n'est ni soutenu dans les écritures ni corroboré par les pièces du dossier que Mme C a informé la préfecture du Var d'un éventuel changement d'adresse. Dès lors, la requête, qui a été enregistrée le 11 mars 2024, soit postérieurement à l'expiration du délai de trente jours à compter du 25 janvier 2024, est tardive et doit être rejetée comme telle.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et au titre des frais d'instance.
DECIDE
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Privat, président,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
Le président,
Signé :
J.-M. PRIVAT La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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