mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2400909 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 mars 2024, M. E B, représenté par Me Bochnakian, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 février 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var, à titre principal, de lui délivrer le certificat de résidence sollicité ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations des articles 6-2 de l'accord franco-algérien et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juin 2024 :
- le rapport de Mme Le Gars ;
- et les observations de Me Bochnakian représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, ressortissant algérien, né le 16 février 1995 à Azzaba, allègue être entré sur le territoire français le 13 décembre 2016. Le 24 juillet 2023, M. B a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 20 février 2024, le préfet du Var a refusé de lui délivrer le certificat de résidence sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français () ".
3. Il est constant que M. B est entré irrégulièrement sur le territoire français. Par suite, le requérant n'est pas fondé à solliciter la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations précitées de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
4. En second lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
5. Si M. B soutient être marié à une ressortissante française depuis avril 2021, il ne ressort en revanche d'aucune pièce du dossier qu'il entretient une quelconque communauté de vie avec Mme C et il n'est ni établi ni même allégué qu'il a noué une relation avec sa belle-fille A. En outre, le requérant se prévaut de son insertion professionnelle. Cependant, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui allègue être sur le territoire français depuis décembre 2016, n'a travaillé, à temps partiel, que pendant moins d'un an et demi depuis novembre 2022. Enfin, il n'est pas même allégué que l'intéressé a tissé des relations stables sur le territoire ni qu'il a fixé le centre de ses intérêts personnels et familiaux sur le territoire français. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 précité ni qu'il porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 février 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer le certificat de résidence sollicité. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celle présentées au titre des frais d'instance.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et au préfet du Var.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
La présidente,
Signé :
M. BERNABEU La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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