LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2400917

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2400917

vendredi 26 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2400917
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre - Juge Unique

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 mars 2024, M. C A, représenté par Me Saidani, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 mars 2024 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens. Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est illégale au motif qu'en tant conjoint de française, il peut obtenir de plein droit un titre de séjour en application des dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu :

- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Mylène Bernabeu, vice- présidente, pour statuer sur les requêtes présentées sur le fondement de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Mme D a présenté son rapport, en l'absence des parties. La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience. Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 19 mars 2024, le préfet du Var a obligé M. A, ressortissant algérien né en 1989 à Tadjenenet, à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination. Le préfet a fondé sa décision sur les dispositions, en particulier, du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'intéressé demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. A titre liminaire, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Il n'est pas contesté que M. A est entré irrégulièrement en France en 2020, en possession d'un passeport démuni de tout visa, et qu'il n'était pas titulaire, à la date de l'arrêté litigieux, d'un titre de séjour valide. Le requérant se trouvait ainsi en situation irrégulière, dans le cas où le préfet du Var a pu l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles

L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la

République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Et, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

4. D'une part, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort de la motivation de l'arrêté préfectoral attaqué que le préfet du Var a procédé à un examen particulier de sa situation au regard notamment des stipulations précitées des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Par ailleurs, le préfet du Var n'avait aucune obligation d'examiner sa situation au regard des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, d'une part, M. A, qui n'a entrepris aucune démarche pour régulariser sa situation administrative sur le territoire national, ne justifie pas avoir déposé une demande de titre de séjour au titre de la vie privée et familiale, et d'autre part, le requérant, dont l'admission au séjour au titre de la vie privée et familiale est régie par les stipulations de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien, ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 423-23 du code précité.

5. D'autre part, si le requérant fait valoir qu'il est marié avec Mme B E, ressortissante française, qui serait enceinte, et qu'il réside en France depuis 2020, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier, qui consistent uniquement en une copie intégrale de l'acte de mariage et une photocopie de la carte d'identité de son épouse, que M. A entré irrégulièrement y séjournerait de manière continue depuis 2020 ni qu'il soit dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident sa mère et ses frères, selon ses déclarations auprès des services de police. En outre, son mariage célébré le 21 décembre 2023 à Toulon avec Mme E est très récent à la date de l'arrêté attaqué. Enfin, à supposer que son épouse soit enceinte, à la date de ce dernier, cette seule circonstance, qui n'est au demeurant appuyée d'aucun justificatif, ne fait pas, par elle- même, obstacle au prononcé d'une mesure d'éloignement. Dans les circonstances de l'espèce, les moyens tirés de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les stipulations précitées doivent être écartés.

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ". L'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé stipule que : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; () ".

1.

7. Un étranger ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lorsque la loi prescrit qu'il doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour.

8. Cependant, M. A ne saurait revendiquer l'application des conditions posées par les dispositions précitées de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour soutenir qu'il devait se voir délivrer un titre de séjour de plein droit, dès lors que les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, et les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés. En tout état de cause, à supposer qu'il ait entendu se prévaloir des stipulations précitées de l'article 6, 2) de l'accord franco-algérien, applicables comme en l'espèce au ressortissant algérien marié avec une ressortissante française, il n'en remplit pas les conditions dès lors qu'ainsi qu'il a déjà été exposé, l'intéressé est entré irrégulièrement en France. Par suite, le préfet a pu, sans erreur de droit, prononcer la mesure d'éloignement contestée.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.

Sur les conclusions relatives aux dépens :

10. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par

M. A doivent, en tout état de cause, être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.

La magistrate désignée, Signé

M. D

La greffière, Signé

I. REZOUG

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme, P/La greffière en chef,

La greffière,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions