mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2400976 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mars 2024 M. B A, représenté par Me Carlhian, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 30 novembre 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var a rejeté sa demande d'APL, ensemble la décision du 12 février 2024 portant rejet de son recours administratif préalable obligatoire ;
2°) de lui enjoindre de lui verser à compter du 1er janvier 2022 sous 15 jours ;
3°) de lui enjoindre de recalculer l'ensemble des aides auxquelles il pouvait prétendre depuis cette date ;
4°) de lui enjoindre de réexaminer sa situation et ses droits sous 15 jours, avec une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à sa charge la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence : elle est avérée car il est locataire et son revenu fiscal de référence a été de 11 557 euros bruts en 2023.
Sur le doute sérieux :
- la commission de recours amiable n'a pas été saisie, en violation de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation ;
- la décision est insuffisamment motivée, en violation de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'erreur de fait car ses revenus sont de 11 557 euros bruts ;
- elle viole les articles L. 822-2 et 6 et R. 822-4 du code de la construction et de l'habitation car ses revenus sont de 11 557 euros bruts.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier ;
- la désignation du président du Tribunal.
Vu :
- le code de justice administrative, notamment son article L. 522-3.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement en fait et en droit, si les effets de l'acte attaqué sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. M. A soutient, sur l'urgence, qu'elle est constituée car il est locataire et son revenu fiscal de référence a été de 11 557 euros bruts en 2023. Mais il ne ressort pas des pièces du dossier que l'exécution des actes attaqués porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La condition d'urgence n'étant pas remplie la demande de suspension d'exécution des décisions attaquées ne peut qu'être rejetée, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
4. Les conclusions aux fins de suspension d'exécution étant rejetées doivent l'être par voie de conséquence celles aux fins d'injonction ainsi que celles relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Toulon le 02 avril 2024.
Le vice-président désigné
Juge des référés
Signé
J-M. PRIVAT
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
2400976
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