vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401087 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | COMYN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 avril 2024, M. B D, représenté par Me Comyn, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2024 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a refusé la délivrance de l'attestation de demande d'asile et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui accorder un droit au séjour au titre de l'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. D soutient que :
L'arrêté pris dans son ensemble est :
- entaché d'une erreur manifeste d'appréciation car il bénéficierait du droit au maintien sur le territoire au motif qu'il aurait déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides ;
- méconnaît les dispositions de l'article 8 et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de l'article 33 de la Convention de Genève.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du Tribunal a désigné M. Harang, vice-président, pour statuer sur les requêtes présentées sur le fondement de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Harang a présenté son rapport, en l'absence des parties.
Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 23 février 2024 le préfet des Alpes-Maritimes a refusé la délivrance d'une attestation de demande d'asile et a obligé M. B D, ressortissant géorgien né en 1986, à quitter le territoire dans le délai de 30 jours. Le préfet a fondé sa décision sur les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'intéressé demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M D, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur l'arrêté dans son ensemble :
En ce qui concerne l'erreur manifeste d'appréciation sur l'examen de la situation personnelle :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". En vertu de l'article L. 542-2 de ce code :
1.
" Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () 2° Lorsque le demandeur : () c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen ; () ". En vertu de l'article L. 542-4 de ce code :
" L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français. Sous réserve des cas où l'autorité administrative envisage d'admettre l'étranger au séjour pour un autre motif, elle prend à son encontre, dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, une obligation de quitter le territoire français sur le fondement et dans les conditions prévues au 4° de l'article L. 611-1 ".
4. En premier lieu, il découle de la combinaison de l'ensemble de ces dispositions que le préfet peut refuser de délivrer une attestation de demandeur d'asile et obliger à quitter le territoire français un étranger ne bénéficiant plus du droit au maintien du fait de sa présentation d'une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen. En l'espèce, il ressort des propres écritures de M. D que celui-ci avait présenté, auprès de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, le 30 mai 2018 une première demande de réexamen, une deuxième demande le 7 juin 2019, puis une troisième demande de réexamen avec, selon ses déclarations, un nouvel élément probant à l'appui le 23 février 2024 soit à la date de l'arrêté attaqué. Par conséquent, M. D ne bénéficiait donc plus du droit au maintien dans le cadre de sa deuxième demande de réexamen et le préfet pouvait, à bon droit, l'obliger à quitter le territoire français. Dès lors, il y a lieu de considérer que le préfet des Alpes- Maritimes n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation sur la situation de
M. D.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 33 de la Convention de Genève :
5. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 33 de la Convention de Genève
" 1° Aucun des Etats contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. 2° Le bénéfice de la présente disposition ne pourra toutefois être invoqué par un réfugié qu'il y aura des raisons sérieuses de considérer comme un danger pour la sécurité du pays où il se trouve ou qui, ayant été l'objet d'une condamnation définitive pour un crime ou délit particulièrement grave, constitue une menace pour la communauté dudit pays "
6. En deuxième lieu, si M. D fait valoir qu'il ne peut être renvoyé dans son pays d'origine car sa vie serait menacée en raison des violences qu'il aurait subis. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, le requérant serait personnellement et actuellement exposé à un risque de traitement inhumain et dégradant en cas de retour vers son pays d'origine.
7. En troisième lieu, M. D n'établit pas par les pièces produites que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut aurait pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni, le cas échéant, qu'un traitement approprié serait indisponible dans son pays.
1.
8. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 33 de la Convention de Genève doivent être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme :
9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. M. D soutient qu'il réside en France depuis l'année 2017, qu'il serait en concubinage avec Mme A C depuis l'année 2022 et qu'il occupe un travail depuis le 1er septembre 2021. Par ailleurs, l'intéressé n'établit pas, par les quelques pièces produites au dossier, dont aucune n'est datée de 2017, résider de manière habituelle, sur le territoire français depuis la date alléguée de son entrée irrégulière en France. Contrairement à ce que soutient le requérant, les pièces produites, dont seulement deux - consistant en des attestations datées de 2024 relatives à la relation de concubinage qu'il entretiendrait avec Mme C - ne sont pas de nature à démontrer une communauté de vie effective à la date de l'arrêté préfectoral contesté. En outre, l'intéressé n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, l'arrêté préfectoral attaqué ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis de nature à méconnaître les stipulations précitées.
11. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles tendant à mettre à la charge de l'Etat les frais exposés et non compris dans les dépens, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié M. B D, à Me Comyn et au préfet des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
Le magistrat désigné, signé
P. HARANG
Le greffier, signé
P. BERENGER
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026