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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2401110

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2401110

mercredi 10 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2401110
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 avril 2024, M. B A, représenté par Me Parent, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet du Var en date du 6 février 2024 le rendant redevable d'une astreinte administrative, d'un montant journalier de 50 euros, relative aux constructions et installations sur la parcelle AB 36 dont M. A est propriétaire sur le territoire de la commune de Toulon ;

2°) de mettre à la charge du préfet du Var et/ou de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence : la condition d'urgence est remplie car :

- l'astreinte mise à sa charge d'un montant journalier de 50 euros aurait pour lui des conséquences manifestement excessives au regard de sa situation ;

- la sanction pécuniaire est de nature à mettre en péril sa situation financière ;

- l'exécution de l'arrêté préfectoral du 28 octobre 2022 le mettant en demeure de procéder à la régularisation administrative des constructions et installations sur la parcelle AB 36, dont la validité est contestée, lui causerait un préjudice " suffisamment grave et dont le caractère est immédiat ", quand bien même ce préjudice pourrait être utilement effacé par une réparation postérieure en argent ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'acte : il est constitué car :

- l'arrêté litigieux est entaché d'incompétence ;

- il porte atteinte à ses droits fondamentaux, dont celui de se loger ;

- tous les matériaux et biens d'équipements autrefois entreposés sur la parcelle concernée ont été évacués ; par suite, le requérant ayant satisfait à la mise en demeure procédant de l'arrêté préfectoral du 28 octobre 2022, le prononcé d'une astreinte est injustifié.

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond, enregistrée sous le n° 2401115, le 5 avril 2024.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Bernabeu, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet du Var en date du 6 février 2024 le rendant redevable d'une astreinte administrative, d'un montant journalier de 50 euros, relative aux constructions et installations sur la parcelle AB 36 dont le requérant est propriétaire sur le territoire de la commune de Toulon.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose en outre que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé des mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. Pour l'application des dispositions précitées, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte en litige sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Pour justifier de l'urgence, M. A soutient que, d'une part, l'astreinte mise à sa charge d'un montant journalier de 50 euros, laquelle constitue une sanction pécuniaire, aurait pour lui des conséquences manifestement excessives au regard de sa situation financière et que, d'autre part, l'exécution de l'arrêté préfectoral du 28 octobre 2022 le mettant en demeure de procéder à la régularisation administrative des constructions et installations sur la parcelle AB 36, dont la validité est contestée, lui causerait un préjudice " suffisamment grave et dont le caractère est immédiat ", quand bien même ce préjudice pourrait être utilement effacé par une réparation postérieure en argent. Toutefois, et d'une part, l'arrêté litigieux n'a pour objet que le prononcé d'une astreinte, sans toutefois procéder à sa liquidation. D'autre part, le requérant n'apporte aucun justificatif sur sa situation financière de nature à démontrer que le prononcé de l'astreinte précitée aurait un impact immédiat et significatif sur cette situation. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé, en l'état de l'instruction, comme justifiant d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation permettant de considérer comme satisfaite la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter, comme étant dépourvue d'urgence au sens de son article L. 521-1, la demande de M. A présentée sur ce dernier fondement. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.

ORDONNE

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Var.

Fait à Toulon, le 10 avril 2024.

La vice-présidente désignée,

Juge des référés

Signé

M. BERNABEU

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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