mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401141 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | MEJERI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 avril 2024, M. B A, demande au tribunal, d'annuler l'arrêté du 23 mars 2024 par lequel le préfet du Var a prononcé à son encontre la prolongation d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
M. B A doit être regardé comme soutenant que l'arrêté en cause est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle dès lors qu'il a des attaches familiales en France, à savoir sa sœur et son beau-frère qui ont le statut de réfugiés et qui l'hébergent ; en outre il suit des cours de français toutes les semaines.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen invoqué n'est pas fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi, à savoir des articles L.612-6 et L.612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la décision du préfet de Paris n'a pas assorti la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2024.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal statue sur les requêtes présentées sur le fondement de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Mejeri représentant M. A, qui reprend les termes de la requête et soutient que le préfet a commis une erreur de droit en décidant de prolonger l'interdiction de retour sur le territoire français, en l'absence d'interdiction de retour prise par le préfet de police de Paris dans sa décision du 13 février 2024.
Après avoir prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 23 mars 2024, le préfet du Var a prolongé d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. B A, ressortissant turc né en 1996. Le préfet a fondé sa décision sur les dispositions de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'intéressé demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français ". Aux termes de l'article L612-7 du même code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour (). ". Aux termes de l'article L612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français (). ". Aux termes de l'article L. 612-11 du même code : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui avait été accordé ; ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté en date du 13 février 2024, le préfet de police de Paris a pris, à l'encontre de M. A B, une obligation de quitter le territoire français, dans un délai de 30 jours, en se fondant sur les dispositions du 4° de l'article L.611 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, M. A, qui a déclaré être domicilié à Paris et habiter depuis un peu plus de deux mois dans un camping près de Sanary (Var), lors de son audition par les services de police de Sanary-sur-Mer le 23 mars 2024, a fait l'objet le 13 février 2024 d'une obligation de quitter le territoire français, dans un délai de 30 jours, sans interdiction de retour sur le territoire français. Dans ces conditions, le préfet du Var ne pouvait pas décider le 23 mars 2024, sans commettre d'erreur de droit, de prolonger une interdiction de retour à l'encontre de M. A.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que l'arrêté du préfet du Var du 23 mars 2024 portant prolongation d'une interdiction de retour sur le territoire français de M. A doit être annulé.
D E C I D E:
Article 1er : L'arrêté du 23 mars 2024 par lequel le préfet du Var a prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français de M. A est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2024.
La présidente rapporteure,
Signé
M. CLa greffière,
Signé
I. REZOUG
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026