jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401142 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | IBRAHIM |
Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 avril et 12 juin 2024, M. A C, représenté dans le dernier état de ses écritures par Me Ibrahim, demande au tribunal : 1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ; 2°) d'annuler l'arrêté du 3 avril 2024 par lequel le préfet du Var lui a retiré sa carte de séjour pluriannuelle et lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai ; 3°) d'enjoindre au préfet du Var de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement ; 4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocat, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il soutient que : - l'arrêté a été édicté par une autorité incompétente ; - la décision portant retrait de son titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; - elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; - la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit. Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête. Vu : - les autres pièces du dossier ; - le jugement nos 2401128, 2401142 du 12 avril 2024 de la magistrate désignée du tribunal administratif de Toulon. Vu : - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique. Considérant ce qui suit : 1. M. A C, ressortissant marocain né le 18 avril 1982, est entré en France le 7 mai 2021, muni d'un visa de long séjour. Le 9 juillet 2021, il s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle, portant la mention " travailleur saisonnier ". Par un courrier du 14 mars 2023, le préfet du Var l'a informé de ce qu'il envisageait de lui retirer son titre de séjour et l'a invité à présenter des observations, dans un délai de quinze jours. Par un arrêté du 3 avril 2024, le préfet du Var lui a retiré cette carte de séjour pluriannuelle et lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai. Sur l'étendue du litige : 2. Par un jugement du 12 avril 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif de Toulon a admis M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, a renvoyé le jugement des conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de sa carte de séjour pluriannuelle et les conclusions accessoires à une formation collégiale puis rejeté le surplus des conclusions des requêtes. Il y a donc seulement lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le retrait du titre de séjour de M. C ainsi que sur les conclusions accessoires à cette demande. Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant retrait du titre de séjour : 3. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Var n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. C. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen dont serait entachée cette décision doit être écarté. 4. En deuxième lieu, d'une part, l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui exerce un emploi à caractère saisonnier, tel que défini au 3° de l'article L. 1242-2 du code du travail, et qui s'engage à maintenir sa résidence habituelle hors de France, se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " d'une durée maximale de trois ans. / Cette carte peut être délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger. / Elle autorise l'exercice d'une activité professionnelle et donne à son titulaire le droit de séjourner et de travailler en France pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peuvent dépasser une durée cumulée de six mois par an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. " 5. D'autre part, l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Si l'étranger cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de la carte de séjour dont il est titulaire, fait obstacle aux contrôles ou ne défère pas aux convocations, la carte de séjour peut lui être retirée par une décision motivée. () " Aux termes de l'article R. 432-3 du même code : " Sans préjudice des dispositions des articles R. 421-36, R. 421-37, R. 421-40 et R. 424-4, le titre de séjour est retiré dans les cas suivants : / () 3° L'étranger titulaire de la carte de séjour temporaire ou de la carte de séjour pluriannuelle cesse de remplir l'une des conditions exigées pour sa délivrance () ". 6. Il ressort des pièces du dossier que, le 3 avril 2024, lors de son audition par les services de police, M. C a indiqué qu'à l'issue de son premier contrat de travail d'une durée de six mois, il n'a pas regagné le Maroc mais a rejoint " définitivement " sa femme à Hyères, puis a travaillé pour plusieurs employeurs comme ouvrier agricole. Il a ensuite confirmé séjourner en France depuis le 7 mai 2021. L'intéressé ne soutient d'ailleurs pas avoir maintenu sa résidence habituelle hors de France ou avoir bien exercé une activité professionnelle pour une durée inférieure à six mois. Ainsi, en vertu des dispositions précitées, le préfet du Var pouvait procéder au retrait de sa carte de séjour pluriannuelle et n'a pas commis d'erreur d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté. 7. En troisième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle du requérant. Par suite, ce moyen doit être écarté. 8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Sur les conclusions à fin d'injonction : 9. Par voie de conséquence, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées. Sur les frais du litige : 10. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.D É C I D E :Article 1er : Le surplus des conclusions des requêtes de M. C est rejeté. Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Var. Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, M. Zouhaïr Karbal, conseiller,M. David Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéA. CAILLEAUX La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 240114
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026