lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2401153 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | ATGER Lucie |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 avril 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 28 mai 2024, M. D B, représenté par Me Atger, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 24 janvier 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Guinée comme pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident " membre de famille d'un réfugié " ou un titre de séjour portant la mention " étudiant " ou " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travailler le temps du réexamen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- à titre liminaire, le préfet du Var s'est mépris sur son identité dans son mémoire en défense ;
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il viole également les dispositions des articles L. 424-3 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est entaché d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mai 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une décision du 22 avril 2024, M. D B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 juin 2024 :
- le rapport de Mme Bernabeu ;
- et les observations de Me Atger pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant guinéen né le 9 septembre 1993 à Conakry, a sollicité, le 14 septembre 2023, le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant. Par un arrêté du 24 janvier 2024, le préfet du Var a toutefois refusé de lui délivrer le titre sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par sa requête, M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ".
3. Pour refuser à M. B le renouvellement de son titre de séjour, le préfet du Var s'est fondé principalement sur la circonstance que le changement d'orientation de ses études dénote une " forme de régression dans ses études " et qu' " il n'existe aucun lien entre la formation d'aide-soignant et les études précédentes ", qui l'ont conduit à l'obtention d'un master de droit, économie et gestion mention " droit des affaires ", parcours type " droit et gestion du patrimoine " au titre de l'année universitaire 2002-2023. Estimant que l'intéressé n'apportait pas d'élément relatif à la complémentarité ou la cohérence de son choix pour son projet professionnel et que la nouvelle formation envisagée s'inscrivait dans un cursus de niveau inférieur au diplôme obtenu, le préfet en a déduit que le critère du sérieux des études n'était pas rempli. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si M. B s'est d'abord dirigé vers des études de droit, qu'il a suivies d'ailleurs avec assiduité et sérieux, il a expliqué, dans un courrier adressé aux services préfectoraux, ses motivations en indiquant qu'à l'origine, après l'obtention d'un baccalauréat série " S ", il souhaitait se destiner au secteur médical ou paramédical, qu'il a financé en partie ses études de droit en travaillant dans un établissement d'hébergement pour personnes handicapées dépendantes (EPHAD) et qu'il envisage d'embrasser une carrière dans un secteur en constante demande. En outre, M. B a été encouragé dans ce projet professionnel par Pôle Emploi, devenu France Travail, et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur qui lui a accordé une aide individuelle d'un montant de 5 506 euros afin qu'il puisse réaliser sa dernière année de formation professionnelle. L'organisme de formation de la Croix Rouge (site d'Ollioules) atteste également du sérieux de son élève qui a validé tous les modules suivis depuis septembre 2023, avec des notes allant de 11,5 à 18/20. Par ailleurs, le requérant a effectué un stage de 175 heures en chirurgie à la Polyclinique Les Fleurs à Ollioules en février 2024 et un stage de 175 heures pour les personnes âgées à la Clinique du Cap d'or à La Seyne-sur-Mer en octobre et novembre 2023. En outre, il a validé la formation " précautions standards " le 11 octobre 2023 et " péril fécal " le 12 octobre 2023. Dès lors, c'est à tort que pour refuser le renouvellement du titre de séjour portant la mention " étudiant " de M. B, le préfet du Var s'est fondé sur l'absence du caractère réel et sérieux de ses études. Par suite, et alors que le préfet n'a pas remis en cause la suffisance des moyens d'existence du requérant sur le territoire national, il a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Dès lors et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision de refus de séjour contestée du 24 janvier 2024 doit être annulée. Par voie de conséquence, doivent être également annulées les décisions du même jour portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination, lesquelles sont privées de base légale.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
5. L'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet du Var de délivrer à M. B, sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, un titre de séjour portant la mention " étudiant ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. M. B ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocate, Me Atger, peut se prévaloir des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 24 janvier 2024 par lequel le préfet du Var a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var de délivrer à M. B, sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Atger, avocate de M. B, la somme de 1 500 euros en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Atger renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Atger et au préfet du Var.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon, en application des dispositions de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente-rapporteure,
- M. A et M. C, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
M. BERNABEUL'assesseur le plus ancien,
Signé
F. A
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
Le greffier.00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026