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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2401154

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2401154

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2401154
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. A, ressortissant tunisien, qui contestait l'arrêté du préfet du Var lui refusant un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire. Le tribunal a jugé que M. A ne pouvait utilement invoquer l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 régit déjà la délivrance des titres de séjour pour activité salariée. Sur le fond, le tribunal a estimé que la durée de présence en France (moins de six ans) et l'insertion professionnelle invoquée ne constituaient pas des motifs exceptionnels justifiant une admission au séjour. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, d'injonction et des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, M. C A, représenté par Me Ben Hassine, demande au tribunal : 1°) d'annuler l'arrêté du 20 février 2024 par lequel le préfet du Var a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ; 2°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience. Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique. Considérant ce qui suit : 1. M. C A, ressortissant tunisien né le 1er décembre 1980, est entré en France le 18 octobre 2013, muni d'un visa de long séjour valant titre de séjour, valable jusqu'au 3 octobre 2014. Le 27 février 2023, il a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire. Par un arrêté du 20 février 2024, le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination. 2. Aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et renouvelable et portant la mention " salarié ". () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". 3. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Il fixe ainsi, notamment, les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 9 de cet accord. Si l'accord franco-tunisien précité ne prévoit pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. 4. D'une part, M. A soutient qu'il est présent sur le territoire français depuis 2013. Si l'intéressé établit une présence habituelle en France durant l'année 2014, la continuité de son séjour n'est à nouveau établie qu'à compter du mois de mars 2017 et ce jusqu'au mois de février 2023, représentant, à la date de l'arrêté, une durée inférieure à six années. Cette circonstance n'est pas de nature à justifier de motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées. 5. D'autre part, M. A fait valoir qu'il justifie d'une insertion professionnelle pérenne depuis 2014, dans le domaine de la maçonnerie. A l'appui de sa demande, l'intéressé produit deux contrats de travail signés en 2014, un contrat à durée de chantier du 20 mai 2015, deux contrats à durée indéterminée des 21 novembre 2022 et 15 octobre 2023, ce dernier étant accompagné d'une demande d'autorisation de travail remplie par la SAS Sogebat construction, ainsi que seize bulletins de paie. Néanmoins, cette expérience professionnelle n'est pas davantage de nature à justifier de motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté. 6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.D É C I D E :Article 1er : La requête de M. A est rejetée.Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Var. Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, M. Zouhaïr Karbal, conseiller,M. David Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéF. POUPLY La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière.2N° 2401154

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